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DEFINITION
La dyspnée représente
une "difficulté de respirer", se traduisant
par un mouvement ventilatoire pénible, conscient,
et parfois volontaire. Il s'agit d'une sensation
plus ou moins angoissante ou interviennent
des perturbations physiologiques, et également
des réactions psychologiques du sujet. La
dyspnée représente un obstacle à la ventilation,
elle témoigne d'une augmentation anormale
du travail ventilatoire.
Elle peut être physiologiquement provoquée
par un exercice intense, que ce soit chez
un sujet sain ayant une activité modérée
ou chez un sujet sédentaire. Elle sera considérée
comme anormale, lorsqu'elle survient au
repos, ou pour un niveau d'activité physique
relativement réduit. C'est un des maîtres
symptômes d'une affection cardiaque ou pulmonaire.
Elle peut également survenir en l'absence
d'atteinte organique de ces deux organes.
En pratique, le terme de dyspnée possède
une certaine ambiguïté, dans la mesure ou
il désigne indifféremment deux composantes
cliniques : d'une part une composante subjective,
représentée par la gêne éprouvée par le
patient, et d'autre part une composante
objective, qui est une anomalie ventilatoire
observée par le médecin.
La dyspnée est l'un des maîtres symptômes
d'une affection cardiaque ou pulmonaire,
dont elle marque le tournant évolutif. Il
s'agit donc d'un signe habituellement précoce,
et important quelque soit l'étiologie.
MECANISMES DE
LA DYSPNEE
Les mécanismes de
la dyspnée restent difficilement analysables.
On admet qu'elle apparaît lorsque le travail
respiratoire devient excessif, notamment
lorsque les anomalies de la mécanique respiratoire
augmente le travail respiratoire, ou lorsque
les capacités ventilatoires sont inférieures
aux besoins de l'organisme. Le mécanisme
le plus important semble être le rapport
tension-longueur des fibres musculaires
respiratoires. Ceci ne rend pas compte de
tous les aspects de la dyspnée, il existe
de nombreux récepteurs situés dans la paroi
thoracique, les poumons, les voies aériennes,
les parois vasculaires, et également les
centres cérébraux.
ANALYSE SEMIOLOGIQUE
L'analyse sémiologique
de la dyspnée repose tout d'abord sur l'inspection
du malade. Elle porte sur la fréquence,
l'amplitude, la durée et la régularité du
mouvement thoracique. Les modifications
de fréquence, d'amplitude peuvent se rencontrer
aussi bien en l'absence de toute gêne ventilatoire,
qu'en présence d'une pathologie avérée.
En revanche, les irrégularités et asymétries
d'amplitude, une durée anormale d'un temps
respiratoire, "le tirage", le battement
des ailles du nez, et la mise en jeu des
muscles ventilatoires accessoires sont des
signes objectifs d'obstacles ventilatoires.
La prolongation d'un temps respiratoire
traduit en règle par une gêne portant plus
spécialement sur l'inspiration (dyspnée
inspiratoire) ou l'expiration (dyspnée expiratoire),
celle-ci devenant active. Le tirage est
un signe caractéristique de gêne inspiratoire.
Il se traduit par un creusement inspiratoire
des parties molles, visible au niveau des
creux sus-sternales, des creux sus-claviculaires,
des espaces inter-costaux, ou de l'épigastre.
Le battement des ailles du nez et le gonflement
inspiratoire de la région sus-sygmoïdienne
se voient chez des malades hypoxémiques,
dont la mise en jeu de muscles respiratoires
accessoires favorise la progression de l'air
au niveau des voies aériennes supérieures.
ORIENTATION DIAGNOSTIQUE
Les interrogatoires
et l'examen clinique suffisent en règle
générale à préciser l'étiologie d'une dyspnée
:
Les manifestations saisonnières de
bronchites aiguës, sur fond de toux avec
expectorations chroniques, chez un patient
fumeur, oriente rapidement vers une broncho-pneumopathie
chronique.
Un sujet hypertendu, se plaignant
de dyspnée aiguë paroxystique, chez qui
l'auscultation retrouve des râles crépitants
dans les deux bases pulmonaires présente
à l'évidence une poussée d'insuffisance
ventriculaire gauche.
Cependant, dans bien des cas, les
signes d'accompagnement sont atypiques,
ou il existe une pathologie intriquée. Dans
ces cas, l'absence d'élément clinique apportant
la conviction impose le recours à des examens
complémentaires.
DYSPNEE DE L'INSUFFISANCE
CARDIAQUE
Son importance est
habituellement proportionnelle au degré
d'insuffisance cardiaque, quelque soit l'étiologie.
La présentation clinique est variable :
1 - Dyspnée d'effort
:
Elle est quantifiée
en précisant l'intensité de l'effort, qui
la fait apparaître de façon reproductible.
Il faut tenir compte des capacités physiques
du patient et notamment de l'âge. Le degré
de gêne fonctionnelle est habituellement
classifié selon les critères de New York
Heart Association (NYHA) :
Stade I : pas de limitation de l'activité
physique.
Stade II : dyspnée pour les efforts
intenses de la vie quotidienne.
Stade III : dyspnée pour les efforts
modérés, avec importante limitation de l'activité
physique.
Stade IV : dyspnée au moindre effort
de repos.
2 - Dyspnée de repos
Il s'agit le plus
souvent d'une polypnée superficielle, survenant
au moindre effort, mais également en décubitus.
Elle contraint le malade à dormir semi-assis
dans son lit ou même dans un fauteuil. Au
stade ultime, elle peut même être permanente
en position debout.
3 - la crise d'oedème
aigu pulmonaire (OAP)
Il s'agit de crises
de suffocations paroxystiques, souvent nocturnes,
traduisant l'inondation des alvéoles pulmonaires.
Cette forme peut éventuellement inaugurer
les manifestations de l'insuffisance ventriculaire
gauche. Elle est habituellement de survenue
brutale, voire inattendue. La patient est
réveillé par une sensation d'étouffement,
avec picotements laryngés, puis toux et
polypnée superficielle, de plus en plus
astreignantes et angoissantes, volontiers
accompagnée de sueurs voire de cyanose.
Une expectoration, volontiers mousseuse
et saumonée accompagne fréquemment mais
non obligatoirement la dyspnée. L'auscultation
laisse entendre des râles crépitants, fins,
qui envahissent les champs pulmonaires à
partir des bases, en "marée montante".
4 - Il existe des équivalents
mineurs assez fréquents :
Soit du type sub-oedème pulmonaire,
avec toux et polypnée sans expectoration.
Soit du type pseudo-cardiaque, avec
bradypnée expiratoire, sifflante, sans râle
crépitant à l'auscultation. Cette dernière
forme est relativement fréquente chez les
sujets âgés.
DYSPNEE DE L'EMBOLIE
PULMONAIRE
Les formes typiques
sont rares. Il s'agit alors d'une polypnée
d'apparition brutale, associée à une douleur
basithoracique violente. Le diagnostic est
facile à évoquer dans un complexe de thrombophlébite
veineuse profonde périphérique, ou chez
un opéré récent, ou une accouchée. Malheureusement,
le tableau est habituellement beaucoup plus
bâtard et la symptomatologie peut être limitée
à une simple dyspnée modérée.
L'examen clinique,
cardiaque ou pulmonaire est souvent normal.
La cyanose, les syncopes, le tirage accompagnent
les formes gravissimes.
DYSPNEE DES MALADIES
BRONCHO-PULMONAIRES
1 - Bronchopneumopathies
chroniques obstructives
1.1 - Bronchites chroniques
:
Le diagnostic est
évoqué dans un contexte de toux avec expectoration,
le plus souvent chez un sujet tabagique,
ou exposé à des poussières. La dyspnée est
habituellement permanente pour un certain
effort. Elle peut évoluer de façon paroxystique,
mais n'est habituellement pas améliorée
par la position assise. Par contre, l'expectoration
libère les voies respiratoires. Les cancers
bronchiques doivent être recherchés de principe
sur un tel terrain.
1.2 - Asthme :
Typiquement, il s'agit
d'accès de bradypnée expiratoire, avec présence
de râles sibilants à l'auscultation. Les
crises évoluent par paroxysme, habituellement
en dehors de tout effort. Elles sont le
plus souvent nocturnes. Classiquement, ces
crises dyspnéiques sont suivies d'une expectoration
avec "crachats perlés",en fait souvent manquants.
On retrouve généralement la notion d'un
état allergique, parfois familial. Un examen
clinique retrouve habituellement des râles
sibilants diffus, et il est normal entre
les crises.
1.3 - Emphysème centro-lobulaire
:
Il accompagne habituellement
une bronchite chronique. Il se manifeste
habituellement par une dyspnée isolée, sans
signe d'accompagnement. A l'inspection,
le thorax est distendu et peu mobile. Le
diagnostic repose sur la radiographie et
les données des explorations fonctionnelles
respiratoires.
2 - Sténoses et obstructions
bronchiques
2.1 - Corps étrangers
intrabronchiques:
Le diagnostic est
habituellement facile lorsque l'on a la
notion de fausse route, et la dyspnée est
accompagnée d'une toux incohérsible. Parfois,
on entend un sifflement respiratoire (wheezing).
La radiographie peut montrer le corps étranger
s'il est radio-opaque, ou une intellectasie
dans le territoire lobaire correspondant.
Si l'inhalation est passée inaperçue, le
diagnostic est plus difficile. Il faut y
penser à titre systématique, notamment chez
l'enfant. Seule une fibroscopie bronchique
réalisée en urgence permet de confirmer
le diagnostic, et dans le même temps, d'extraire
le corps étranger.
2.2 - Sténoses tumorales
:
Elles peuvent donner
une dyspnée particulière avec "wheezing".
Ici encore, le diagnostic repose sur les
données radiologiques et endoscopiques,
avec documentation anatomopathologique par
biopsie.
3 - Atteinte pleurale
3.1 - Pleurésies :
Lorsque l'épanchement
liquidien est suffisamment important pour
entraîner une dyspnée, il est habituellement
aisément détecté par l'examen clinique.
L'épanchement sera confirmé par une radiographie.
3.2 - Pneumo-thorax
spontané :
Souvent, la dyspnée
est d'apparition brutale, parfois accompagnée
d'une douleur hémi-thoracique. Certaines
formes graves (pneumo-thorax à clapet ou
pneumo-thorax bilatéral) nécessitent un
drainage en urgence. L'abstention est la
règle dans les épanchements bien tolérés.
Ici encore, le diagnostic est clinique,
et radiographique.
4 - Pneumopathies
4.1 - Pneumopathies
infectieuses, bactériennes ou virales :
Le contexte clinique
est habituellement évocateur, sauf chez
les sujets immuno-déprimés. Le tableau clinique
associe un syndrome infectieux, volontiers
très fébrile, avec un syndrome de condensation
parenchymateuse pulmonaire.
4.2 - Fibrose interstitielle
diffuse :
La fibrose interstitielle
donne généralement une dyspnée d'apparition
progressive, isolée. Le diagnostic est volontiers
difficile et repose sur l'aspect radiographique
et les explorations fonctionnelles respiratoires.
Les causes en sont multiples.
4.3 - L'oedème pulmonaire
lésionnel :
Rare, et souvent
gravissime, il est la conséquence d'une
lésion de la barrière alvéolo-capillaire.
Il est souvent responsable d'une détresse
respiratoire majeure, et ses causes sont
variées : toxiques (gaz, CO), infectieuses
bactériennes ou virales, inhalation de liquides
gastriques (syndrome de Mendelson), noyade,
oedème pulmonaire des affections cérébraco-méningées.
DYSPNEE DES ATTEINTES
MUSCULO-SQUELETTIQUES
Le diagnostic est
habituellement facile dans un contexte de
traumatisme thoracique, avec fracture de
cotes, volet costal. Le diagnostic est moins
aisé en cas d'atteinte musculaire (polyradiculonévrite,
myasthénie, nyosite, myopathie...) Les tests
ventilatoires montrent une diminution du
volume respiratoire.
DYSPNEE DE CHEYNE-STOKES
Elle se traduit
par une succession de périodes de polypnées
croissantes puis décroissantes, suivies
par des périodes d'apnée pouvant durer plusieurs
minutes. Cette affection s'observe en cas
d'affection sévère, notamment dans l'insuffisance
cardiaque. Elle traduit une insuffisance
circulatoire cérébrale, avec bas débit au
niveau des centres respiratoires. Elles
se voit aussi dans les atteintes du tronc
cérébral (pathologie métabolique, hémorragique,
insuffisance rénale...).
ETIOLOGIES DIVERSES
Une anémie importante
peut être responsable de dyspnée.
Certains syndromes
métaboliques notamment avec hyperthermie,
déshydratation, ou acidose métabolique comportent
une dyspnée = Dyspnée de KUSSMAUL.
DYSPNEE SINE
MATERIA
Il s'agit d'une
dyspnée pour laquelle aucune étiologie ne
peut être retrouvée. C'est par définition
une diagnostic d'élimination. Le terrain
est toutefois assez stéréotypé :
1 - Terrain émotif,
voire névrose patente.
2 - Elle survient
parfois à l'effort,
avec un seuil variable dans le temps, mais
il s'agit plus volontiers d'une dyspnée de
repos, facilement déclenchée par une émotion,
une contrariété... Elle est habituellement
accompagnée d'un cortège fonctionnel parfois
riche. L'examen clinique et para-clinique
est normal.
CONDUITE A TENIR
Elle s'envisage
de façon différente selon le tableau clinique
:
1 - Dyspnée d'apparition
brutale chez un patient sans antécédent
pathologique, cardiaque, ou respiratoire.
Le plus souvent,
l'examen clinique, l'électrocardiogramme,
la radiographie pulmonaire, et la gazométrie
artérielle suffisent pour orienter l'étiologie.
1.1 - La clinique et
les examens indiqués donnent des signes
positifs :
On envisagera :
Une dyspnée laryngée: Le diagnostic est
souvent facile, sur la notion d'inhalation,le
tirage ou le stridor. Il existe un syndrome
de suffocation. Le corps étranger est visible
sur la radiographie de thorax s'il est radio-opaque.
L'urgence de la situation peut nécessiter
une manoeuvre expulsive (manoeuvre de Heimlich).
La crise d'asthme : le diagnostic est facile
lorsqu'il existe des râles sibilants expiratoires,
ou un contexte de maladie asthmatique connue.
Les épanchements pleuraux hydriques ou gazeux
sont en règle générale facile à reconnaître
à l'examen clinique, et sont confirmés par
la radiographie.
Les pneumopathies infiltratives systématisées
donnent rarement une dyspnée intense. Surtout,
il existe un contexte infectieux, et la
radiographie fait le diagnostic.
Les pneumopathies peuvent être de causes
multiples, infectieuses ou lésionnelles.
Enfin, le tableau d'embolie pulmonaire est
facile lorsque coexiste la dyspnée, la douleur
thoracique et surtout les signes périphériques
de thrombose veineuse (phlébite).
1.2 - Lorsque la dyspnée
contraste avec l'absence de signe clinique,
ECG ou radiologique, il s'agit en règle
d'une embolie pulmonaire :
Souvent, le tableau
clinique est pauvre, et des signes de thrombo-phlébite
veineuse restent l'élément d'orientation
le plus fiable, ainsi que le contexte. La
gazométrie artérielle révèle habituellement
une hypoxie avec hypocapnie, mais l'hypoxie
peut faire défaut.
2 - Il existe une dyspnée
paroxystique sur fond de dyspnée chronique.
2.1 - Le tableau clinique
est souvent intriqué.
Les accidents dyspnéiques
surviennent fréquemment chez des patients
présentant une insuffisance ventriculaire
gauche, ou une broncho-pneumopathie chronique
obstructive. Ces deux affections étant extrêmement
fréquentes, il n'est pas étonnant qu'elles
puissent co-exister chez le même patient.
Bien souvent, on a alors à faire à un patient
d'âge mûr, essoufflé de façon chronique,
se plaignant d'une aggravation rapide de
sa dyspnée. L'interrogatoire retrouve des
arguments en faveur d'une broncho-pneumopathie
chronique, mais également des antécédents
cardiaques.
2.2 - Certains signes
permettent toutefois d'orienter vers une
origine cardiaque ou pulmonaire des symptômes
:
Le plus souvent,
ici encore, la clinique, la radiographie
pulmonaire, la gazométrie artérielle et
l'ECG suffisent pour rapporter la dyspnée
à sa cause.
Clinique : le bruit de galop, est un bon
signe d'insuffisance ventriculaire gauche,
lorsqu'il est formellement identifié.
La tachycardie sinusale n'est pas spécifique.
Une hypertension artérielle systémique paroxystique
est un bon argument en faveur d'une poussée
d'insuffisance ventriculaire gauche, a moins
que l'hypertension artérielle soit elle-même
secondaire à une hypercapnie d'origine pulmonaire.
L'expectoration purulente, ou une fièvre
élevée, oriente plutôt vers une affection
pulmonaire.
Radiographie pulmonaire : elle fournit
des renseignements parfois essentiels, mais
souvent difficilement accessibles en urgence,
car les clichés sont souvent faits dans
de mauvaises conditions. C'est sur un cliché
réalisé debout, en inspiration profonde,
qu'il faut s'efforcer de retrouver des signes
d'insuffisance ventriculaire : cardiomégalie,
strie de Kerley, oedème parenchymateux,
redistribution vasculaire au profit du sommet,
ou flou péri-vasculaire. L'oedème pulmonaire
est représenté par des opacités floconneuses
à prédominance péri-hilaire.
Gaz du sang : l'oedème pulmonaire entraîne
en règle une hypocapnie. L'hypercapnie n'apparaît
que tardivement, du fait d'altération extrême
de la mécanique respiratoire. Chez un patient
présentant déjà une hypercapnie chronique,
du fait du broncho-pneumopathie chronique
obstructive, la survenue d'un oedème pulmonaire,
ou d'une pneumopathie, peut entraîner une
hyperventilation, par aggravation de l'hypoxie,
et donc une diminution de l'hypercapnie.
ECG : l'ECG s'attache surtout à trouver
un facteur déclenchant, notamment troubles
du rythme, ou accident ischémique aigu.
Cathétérisme droit : exception-nellement,
la coexistence d'une insuffisance ventriculaire
gauche, et d'une pathologie bronchopulmonaire
rend le diagnostic difficile, et les examens
complémentaires cités ci-dessus, ne permettent
pas d'emporter la conviction sur l'origine
cardiaque ou pulmonaire des symptômes. On
peut alors être amené à réaliser un cathétérisme
cardiaque droit, avec mesure de la pression
capillaire bloquée, qui reste l'examen de
référence pour faire la preuve d'une insuffisance
ventriculaire gauche.
2.3
- L'embolie pulmonaire est toujours possible
:
Le diagnostic d'embolie
pulmonaire doit rester présent à l'esprit
du médecin, en particulier chez tous les
patients présentant une affection cardio-vasculaire
ou broncho-pulmonaire chronique. Dans contexte,
la scintigraphie pulmonaire est toutefois
difficile à interpréter, même lorsqu'on
dispose de clichés de perfusion et de ventilation.
Lorsque le diagnostic d'embolie pulmonaire
est suspecté, l'examen de référence reste
l'angiopneumographie. L'existence d'une
thrombose veineuse périphérique est un argument
de poids en faveur d'une embolie pulmonaire.
3 - Dyspnée chronique
Le tableau n'est
pas stéréotypé. Il s'agit d'un patient consultant
aux urgences pour une dyspnée évoluant depuis
plusieurs semaines voire plusieurs années.
L'examen clinique et la radiographie pulmonaire
standard suffisent habituellement pour orienter
le diagnostic vers l'appareil cardio-vasculaire
ou pulmonaire.
3.1 - On s'oriente
vers une étiologie cardiaque :
L'électrocardiogramme
et l'échogra-phie cardiaque permettent de
préciser l'étiologie, à la recherche d'une
cardiopathie ischémique ou vasculaire, ou
d'une cardiomyopathie primitive. Lorsque
l'échographie cardiaque ne permet pas une
appréciation satisfaisante de la fonction
ventriculaire gauche, on peut avoir recours
à la scintigraphie cardiaque cavitaire.
3.2 - On s'oriente
vers une étiologie pulmonaire :
L'exploration fonctionnelle
respiratoire s'impose, avec spirométrie,
gazométrie artérielle au repos, et au besoin,
mesure du transfert de monoxyde de carbone.
Lorsque la spirométrie est anormale,
avec syndrome obstructif, il s'agit le plus
souvent d'une broncho-pneumopathie obstructive,
elle est parfois associée à une emphysème.
En cas de syndrome ventilatoire
restrictif, la radiographie pulmonaire est
habituellement normale (pneumopathie diffuse,
déformation thoracique, amputation parenchymateuse
ou séquelles pleurales), sauf en cas d'atteinte
isolée des muscles inspiratoires, pouvant
survenir dans le cadre d'une maladie neuro-musculaire.
Dans certains cas, l'examen spirométrique
est normal, mais la gazométrie artérielle
au repos ne l'est pas. Une hypoxémie, avec
hypocapnie et alcalose respiratoire, fait
rechercher un shunt droit-gauche, soit à
l'étage cardiaque, soit du fait d'une fistule
artério-veineuse extra-cardiaque. Il faut
également rechercher une maladie occlusive
artérielle pulmonaire : généralement embolie
pulmonaire à répétition entraînant un coeur
pulmonaire chronique.
En cas d'hypocapnie
isolée, donc avec normoxie, on est habituellement
en présence d'un syndrome d'hyperventilation,
associant généralement douleurs thoraciques
typiques, vertiges, paresthésie, fatigue
ou palpitations, et correspondance fréquemment
en France ou syndrome de spasmophilie. Une
hypoxémie artérielle associée à une hypocapnie
se rencontre dans l'embolie pulmonaire,
mais également en cas d'obésité.
En cas d'hypercapnie associée à une hypoxémie,
on a toujours une hypoventilation alvéolaire
centrale. On la retrouve dans l'insuffisance
respiratoire chronique mais les causes sont
multiples, avec notamment syndrome de l'apnée
du sommeil, atteinte des muscles respiratoire,
ou atteinte primitive du centre respiratoire.
Dans certains cas, il n'y a pas d'anomalie
de la gazométrie artérielle ni de l'exploration
fonctionnelle respiratoire. On doit alors
rechercher un bronchospasme, se manifestant
de façon paroxystique au repos ou à l'effort.
On a alors recours à un test de provocation
bronchique à l'Acétylcholine ou à l'Acétamine.
3.3
- Dans certains cas, la dyspnée permet d'incriminer
le coeur et les poumons.
Il
n'est pas rare que la dyspnée ait des causes
intriquées avec notamment association d'une
broncho-pneumopathie chronique, et d'une
pathologie cardiaque, notamment clinique,
avec insuffisance ventriculaire gauche.
La part de responsabilité de chacune des
pathologies est parfois difficile à déterminer,
même après des investigations para-cliniques
élaborées.
CONCLUSION
Ainsi,
la dyspnée peut avoir des causes multiples.
Elle traduit habituellement une pathologie
cardio-respiratoire, dont elle marque le
tournant évolutif. Le diagnostic, souvent
suspecté par la clinique sera confirmé par
les examens complémentaires appropriés.
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