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INTRODUCTION
Ces médicaments
agissent par antagonistes compétitifs des
catécholamines au niveau des récepteurs
bêta adrénergiques, notamment au niveau
cardiaque ainsi qu'au niveau des vaisseaux
et des bronches.
Les effets pharmacologiques
de la simulation des récepteurs bêta adrénergiques
sont multiples, il existe un effet bêta
2 avec vasodilatation artérielle, relaxation
utérine et bronchodilatation ainsi qu'au
niveau du muscle strié squelettique, une
contraction contrairement aux artères coronaires
qui sont dilatées lorsqu'il existe une simulation
bêta 1.
Sur le plan bêta
1 adrénergique, il existe une vasodilatation
coronaire moindre qu'au niveau bêta 2 et
il existe un effet inotrope positif, chronotrope
positif, batmotrope positif et dromotrope
positif, lors de la simulation des récepteurs
bêta 1.
CLASSIFICATION
DES BETABLOQUANTS
Ces bêtabloquants
étant donc antagonistes compétitifs des
effets bêta-adrénergiques des catécholamines,
sont donc selon leurs propriétés, regroupés
en 5 classes :
-
classe 1 : effets stabilisants de
la membrane quinidinique-Pike
- classe 2
: effet inotrope négatif et pur
- classe 3
: activité sympatho-mimétique intrinsèque
(ASI) c'est à dire avec une diminution de
la bradycardie induite par les bêtabloquants
par rapport à celle induite par ceux dépourvu
de cet effet.
- classe 4
: bêtabloquant pur et dépourvu des propriétés
décrites précédemment
- classe 5
: bêta sélectifs antagonistes spécifiques
soit des récepteurs bêta 1 soit des récepteurs
bêta 2.
Le tableau 1 résume
ces propriétés avec un exemple de produits
pour chacune de ces différentes classes.
1 - Pharmacocinétique
Les bêtabloquants
sont liposolubles (ALPRENOLOL, LABETALOL,
METOPROLOL, PROPRONALOL) ou hydrosolubles
(ATENOLOL, NADOLOL et SOTALOL).
Les bêtabloquants liposolubles ont une forte
résorption digestive de l'ordre de 80 %
avec une forte fixation protéique et un
passage des membranes biologiques important
avec forte métabolisation hépatique, leur
élimination est surtout biliaire.
En ce qui concerne les bêtabloquants hydrosolubles,
la résorption digestive est incomplète avec
un passage transmembranaire et une fixation
protéine faible, et une très faible métabolisation
hépatique et une élimination surtout rénale.
Il existe bien sur
des bêtabloquants mixtes métabolisés par
le foie mais éliminés aussi par le rein,
qui ont une faible variabilité des taux
sanguins en cas d'insuffisance hépatique
ou rénale.
Il est à noter que le premier passage hépatique
est plus important en cas d'administration
orale que lors de l'administration parentérale.
Les bêtabloquants se
différencient aussi par l'existence de deux
sélectivités importantes :
- la cardiosélectivité
ou plutôt la bêta 1 sélectivité qui limite
en fait les effets liés au blocage des récepteurs
bêta 2 (vasoconstriction, bronchoconstriction,
et hypoglycémie), ce qui permet d'utiliser
ces bêtabloquants dit cardiosélectif chez
les patients bronchiteux chroniques ou diabétiques.
- l'activité bêta
agoniste partielle ou activité sympathomimétique
intrinsèque (ASI) permet de limiter la bradycardie
par effets chronotropes négatifs de tous
les bêtabloquants et minore le risque d'aggravation
des phénomènes de Raynaud.
2 - Pharmocodynamie
des effets cardio-vasculaires
-
effets chronotropes négatifs : ils
s'observent bien sur avec tous les bêtabloquants
et sont à la base de la thérapeutique anti-angineuse.
Ils s'observent de façon moindre avec ceux
possédant une activité sympathomimétique
intrinsèque ;
- l'effet dromotrope
négatif : cet effet varie en fonction
du bêtabloquant utilisé mais aussi en fonction
des laitages utilisés avec action principale
au niveau du neuraux ventriculaire ;
- l'effet inotrope
négatif : cet effet en fonction de
la dose administrée s'exerce au repos comme
à l'effort, ce qui contre indique bien sur
les bêtabloquants durant l'insuffisance
cardiaque notamment ventriculaire gauche
aiguë ;
- la diminution
du débit cardiaque : il ne s'exerce
qu'en cas d'administration aiguë avec augmentation
de la pression télédiastolique du ventricule
gauche ;
- diminution du
débit coronaire : en grande partie
réflexe due à la bradycardie avec amélioration
de la perfusion des territoires sous endocardiques.
3 - Effets broncho-pulmonaires
- augmentation des
résistances des voies aériennes
- diminution du VMS
4 - Effet Raynaud
L'administration
des bêtabloquants diminuerait la filtration
glomérulaire de la fraction de filtration
et de la clairance de la créatinine. L'activité
rénine plasmatique est le plus souvent diminuée
sauf pour les substances bêtabloqueuses
avec SASI.
Les effets oculaires sont bien sur bien
connus et ont une indication dans le traitement
du glaucome puisqu'il existe une diminution
de la tension intra oculaire.
5 - Effets métaboliques
Au niveau du métabolisme
glucidique, il existe une inhibition de
la glycolyse et de la sécrétion du glucagon.
Il existe de plus une inhibition de la lipolyse
en ce qui concerne le métabolisme lipidique.
CONTRE-INDICATION
1 - Contre-indications
absolues
- hypersensibilité
aux produits
- asthme ou état de mal asthmatique ou broncho
-pneumopathique chronique obstructive, sévère
- insuffisance cardiaque non contrôlée par
l'entraînement ou en phase aiguë
- choc cardiogénique
- blocs auriculo ventriculaires des deuxièmes
et troisièmes degré non appareillés
- Angor de pryntzmetal
- maladie du sinus y compris blocs sino
auriculaires
- bradycardie inférieure à 45
- antécédent de réaction anaphylactique
- phéochromocytome non traité
2 - Contre-indications
relatives
- troubles de conduction
intra-ventriculaire
- diabète mal équilibré
- grossesse
- artériopathie des membres inférieurs
- syndrome de Raynaud
EFFETS
INDESIRABLES
1 - Sur le plan clinique
- fréquences importantes
- asthénie, refroidissement des extrémités
- bradycardie sévère
- troubles digestifs (diarrhées, gastralgies,
nausées, vomissements)
- impuissance
- insomnies, cauchemars (surtout pour bêtabloquants
liposolubles)
2 - Fréquences rares
- ralentissement de
la conduction auriculo ventriculaire
- insuffisance cardiaque
- chutes tensionnelles
- bronchospasmes, hypoglycémie, syndrome
de Raynaud
- aggravation d'une claudication intermittente
- éruptions spsoriasiformes
3 - Sur le plan biologique
On retrouve dans de
rares cas l'apparition d'anticorps antinucléaires
ne s'accompagnant qu'exceptionnellement
de manifestations lupiques. Il s'avère que
cette pathologie induite s'arrête à l'arrêt
du traitement.
4 - Particularités
SOTALOL
:
- dyspnée, douleurs thoraciques, palpitations,
oedème
- proarythmie
- syncope, présyncope
- diarrhée, flatulences, crampes
- vertiges
LABETALOL
:
- hépatite avec ou sans ictères
- hypersensibilité
- rush, prurit
- céphalées, vertiges, crampes, tremblement
, fièvre
- fourmillement du cuir chevelu
- congestion nasale
- troubles mictionnels
METOPROLOL
:
- sécheresse ou irritation oculaire
- fibrose retropéritanéale, maladie de l'apéroné
(exceptionnel)
ACEBUTOLOL
:
- pneumopathie immuno-allergique (exceptionnel)
INTERACTIONS
MEDICAMENTEUSES
Association
contre-indiqué de manière absolue :
- floctafénine en cas de choc ou d'hypotension
du à la floctafénine
- réduction des réactions cardio-vasculaires
de compensation du fait d'une prise de bêtabloquants
.
- SULTOPRID : troubles de l'automatisme
par addition des effets bradycardisants.
INDICATIONS
1 - Eléments du choix
d'un bêtabloquant :
Les bêtabloquants
ont donc une activité cardio-sélective et
une présence ou une absence d'activité sympathomimétique
intrinsèque qui va conditionner en dehors
de la pathologie sous-jacente le choix du
bêtabloquant.
Dans l'hypertension
artérielle, le traitement bêtabloqueur ainsi
que les diurétiques restent le traitement
de choix de l'hypertension artérielle.
Tous les bêtabloqueurs ont une indication
et une autorisation de mise sur le marché
pour l'hypertension artérielle essentielle
en dehors bien sur du SOTALOL avec ses propriétés
anti-arythmiques.
En prévention primaire,
les diurétiques et les bêtabloquants doivent
être utilisés en première intention et sont
depuis longtemps les seules classes thérapeutiques
à avoir fait l'objet d'études prolongées
démontrant qu'ils réduisent la morbi-mortalité
de l'hypertension artérielle.
D'ailleurs, une méta analyse de PATSY qui
portait sur 18 essais randomisés et contrôlés
versus placebo regroupant 48 220 hypertendus
suivis pendant en moyenne 5 ans, et évalués
l'efficacité des traitements anti-hypertenseurs
utilisés en première intention, et il s'avérait
que versus placebo les bêtabloquants et
les thiazidiques utilisés à faible dose
sont efficaces pour prévenir significativement
les accidents vasculaires cérébraux, l'insuffisance
cardiaque congestive et diminue de manière
importante les événements coronariens ainsi
que la mortalité cadio-vasculaire et la
mortalité totale.
Il faut noter que
chez les sujets âgés, les diurétiques sont
plus efficace que les bêtabloquants et mieux
tolérés.
Il est donc important de rappeler qu'en
dehors de la correction des facteurs de
risque cardio-vasculaire, il existe une
indication formelle de bêtabloquants pour
l'hypertension artérielle primitive.
2 - Angor d'effort :
En l'absence de contre-indication
bêtabloquant, le traitement bêtabloqueur
reste le traitement de choix dans l'angor
d'effort en particulier en cas de tachycardie,
d'hyperaxiabilité ventriculaire ou d'hypertension
artérielle avec ou sans hypertrophie ventriculaire
gauche associée.
Leur efficacité est certaine, ils diminuent
la fréquence des crises dans ¾ des cas ,
et permettent une réduction du temps d'infarctus
du myocarde d'environ 15 % à condition bien
sur que la posologie soit suffisante et
comparable à la posologie effectuée dans
les grandes études.
Le traitement doit être débuté à dose faible
avec une augmentation crescendo. La surveillance
du meilleur indice d'activité thérapeutique
est la bradycardie de repos à 50 - 60 battements
par minutes.
Toutes les molécules ont l'autorisation
de mise sur le marché en ce qui concerne
l'Angor d'effort à l'exception du CARTEOLOL
(MIKELAN) et le TERTATOLOL (ARTEX) ainsi
que dans une moindre mesure, le LABETALOL
(TRANDATE).
3 - Infarctus du myocarde
:
Deux situations sont
à envisager dans l'infarctus du myocarde,
puisque les bêtabloqueurs ont d'une part
une indication dans l'infarctus en phase
aiguë sous forme IV, ainsi que au long cours
après infarctus du myocarde.
Les molécules indiquées en phase aiguë d'infarctus
sont le METOPROLOL (SELOKEN), l'ATENOLOL
(TENORMINE) et en ce qui concerne l'indication
au long cours en post infarctus avec réduction
significative de la morbi mortalité à un
an, 4 molécules se partagent cet AMM, le
TIMOLOL, le METOPROLOL, l'ACEBUTOLOL et
le PROPRANOLOL.
L'efficacité en post infarctus depuis la
méta analyse du Yusuf n'est plus à démontrer
pour 84 décès évités sur une cohorte de
55 000 patients suivis dans 82 études randomisés.
4 - Troubles du rythme
Les bêtabloquants
ont des propriétés anti-arythmique (classe
2), et peuvent être proposés dans le traitement
de certains troubles du rythme, notamment
dans les troubles du rythme supra-ventriculaire
(tachycardie, flutter, fibrillation auriculaire),
tachycardie jonctionnelle ou ventriculaire
(extrasystolie ventriculaire - tachycardie
ventriculaire). Les molécules indiquées
pour la prévention des troubles du rythme
sont PROPRANOLOL (AVLOCARDYL), le NADOLOL
(CORGARD), l'ACEBUTOLOL (SECTRAL) et l'OXPRENOLOL
(TRASSICOR).
5 - Insuffisance cardiaque
:
Les bêtabloquants
représentent un réel progrès dans le traitement
de l'insuffisance cardiaque.
En effet, depuis quelques années, la classe
thérapeutique est passée durant de contre
indication formelle à celle de d'indication
importante. Bien sur, le traitement de l'insuffisance
cardiaque chronique stable est nécessaire,
c'est à dire qu'il doit associé le bêtabloquant
mais le traitement conventionnel associant
diurétiques, inhibiteur de l'enzyme de conversion
est anti-aldostérone.
Trois molécules se partagent cette autorisation
de mise sur le marché, le BISOPROLOL (DETENSIEL),
le CARVEDILOL (KREDEX) et le METOPROLOL.
Plusieurs études ont permis de démontrer
ces résultats avec d'une part le CARVEDILOL
dans U.S. HEART STUDY et pour le BISOPROLOL,
l'étude CIBIS II et bien sur le METOPROLOL
dans l'étude MERIT-HF.
Ces études ont permis
de démontrer que les bêtabloquants réduisaient
la mortalité de 30 à 50 % pour des patients
soumis à un traitement optimal dans l'insuffisance
cardiaque.
Toutefois, les effets secondaires sont nombreux
et les contre indications doivent être scrupuleusement
respectés. Le fait de disposer de trois
molécules peut permettre d'avoir une alternative
en cas d'intolérance à l'une d'elles et
de choisir bien sur la molécule plus appropriée
aux patients en fonction de sa pression
artérielle et de sa fréquence cardiaque.
6 - Hyperthyroïdie :
Les bêtabloqueurs
s'opposent à l'effet potentialisateur des
catécholamines par les hormones thyroïdiennes
en excès.
7 - Migraine :
Cet effet thérapeutique
pourrait être dû notamment à l'inhibition
de la vasodilatation de l'artère carotide
externe, étape nécessaire dans la genèse
de la crise migraineuse. Plusieurs molécules
sont indiquées, le PROPANOLOL, l'ATENOLOL,
le METOPROLOL.
8 - Tremblements :
Les bêtabloquants
sont tous indiqués dans le bêtabloquant
notamment les liposolubles , qui ont des
effets sans trop d'importance.
Toutefois, seul le PROPANOLOL (AVLOCARDYL)
a une autorisation de mise sur le marché
en ce qui concerne le tremblement essentiel.
9 - Prévention des hémorragies
digestives :
De même, le PROPANOLOL
bénéficie d'une autorisation de mise sur
le marché pour la prévention des hémorragies
digestives par rupture des varices oesophagiennes
et de leurs récidives chez des patients
atteints de cirrhose quelque soit l'étiologie.
10 - Autres indications
:
De même, le PROPANOLOL
bénéficie d'une autorisation de mise sur
le marché pour la prévention des hémorragies
digestives par rupture des varices oesophagiennes
et de leurs récidives chez des patients
atteints de cirrhose quelque soit l'étiologie.
- pheochromocytome
- glaucome
- hypertension
- stress
- érétisme cardiaque
INDICATION
DES BETABLOQUANTS PAR VOIE VEINEUSE
1 - Crise de l'hypertension
artérielle sévère
Le bréviblop notamment
dans la période paire post opératoire et
le trandate ont ces indications dans l'hypertension
artérielle sévère nécessitant un abaissement
des chiffres tensionnels rapides par injection
intraveineuse.
2 - troubles du rythme
:
Les tachycardies ventriculaires
ou supra-ventriculaire peuvent bénéficier
d'un traitement bêtabloqueur intraveineux
par AVLOCARDYL, BREVIBLOC, SECTRAL ou SELOKEN.
3 - Phase aiguë de l'infarctus
du myocarde :
3 - Phase aiguë de
l'infarctus du myocarde : Le SELOKEN et
le TENORMINE sont à administrer à la dose
de 5 mg, 3 fois à 2 minute d'intervalle
pour le SELOKEN et 5 à 10 mg à 20 minutes
d'intervalle pour le TENORMINE. |