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INTRODUCTION
Les accidents
liés aux anticoagulants sont dominés par
les hémorragies, quelque soit le type de
traitement : héparine non fractionnée (HNF),
héparine de bas poids moléculaire (HBPM),
antivitamine K (AVK). Les autres accidents
plus rares et parfois sérieux doivent être
identifiés et si possible prévenus. Les
complications spécifiques aux autres classes
d'anticoagulants (danaparoïde sodique et
hirudine) ne seront abordées que très brièvement.
Connaître les complications potentielles
liées aux anticoagulants est la condition
d'une utilisation rationnelle adaptée à
chaque patient et d'un rapport bénéfices/risques
optimal.
COMPLICATIONS LIEES AUX HEPARINES : HNF
et HBPM
1 - Accidents hémorragiques
1.1 - Fréquence
Effet
de la dose :
fréquence des hémorragies sévères plus grande
en traitement curatif (environ 5 %) qu'en
traitement préventif (environ 1 à 2 %) ;
en cas de traitement préventif, risque potentiel
voisin quelque soit le produit utilisé (HNF
ou HBPM) ;
Incidence variable selon :
l'intensité de l'anticoagulation
le mode d'administration du traitement
la durée du traitement
l'âge (risque augmenté chez les patients
âgés, notamment en raison de l'élimination
rénale ralentie) ; le sexe (les accidents
hémorragiques seraient plus fréquents chez
les femmes âgées)
la qualité du suivi par les test de coagulation
les pathologies associées :
* lésion cérébrale ou digestive méconnue,
susceptible de saigner
* insuffisance rénale
* insuffisance hépatique
* traumatismes récents ou potentiels
* thrombophilie éventuelle
les traitements associés :
* aspirine, ticlopidine, clopidogrel, anti
GP IIb IIIa, thrombolytiques, anti-inflammatoires
non stéroïdiens, dextran, corticoïdes augmentent
le risque hémorragique ;
toute ponction pleurale, péricardique ou
artérielle (intégrée ou non aux actes de
cardiologie interventionnelle) peut se compliquer
d'hématome ou d'hémorragie in situ ;
la grossesse :
-> produits autorisés : HNF et enoxaparine
(HBPM) : mais, risque accru de prématurité,
de mort fœtale, d'hémorragie utéro-placentaire
(surtout à l'accouchement) ; arrêt nécessaire
du traitement en cas d'anesthése péridurale
; allaitement possible (pas de passage dans
le lait maternel) ;
pas de différence significative :
-> selon le nombre d'injections sous-cutanées
quotidiennes (2 ou 3)
-> selon la voie d'administration, intra-veineuse
ou sous-cutanée.
1.2 - Formes cliniques
hémorragies
extériorisées ou non : hémotomes des parties
molles (plan cutané, psoas…) hémorragies
digestives, hématuries, hémorragies intra-crâniennes,
épistaxis, gingivorragies, hémoptysies,
métrorragies…
les accidents asymptomatiques peuvent se
traduire seulement par un tableau d'anémie
;
en faveur d'un surdosage biologique : TCA
> 3 fois le temps témoin, héparinémie ou
mesure d'activités anti IIa ou anti Xa,
selon le type d'héparine utilisée
le dosage de l'héparinémie (ou des activités)
est particulièrement indiqué en cas de discordance
entre doses d'héparine utilisées et niveau
de TCA et en cas de situations à risques
(insuffisance rénale) ;
examens à réaliser selon l'importance de
la chute du taux d'hémoglobine (examen neurologique,
échocardiographie, échographie abdominale,
scanner cérébral ou thoraco-abdominal, endoscopie
digestive…), à la recherche d'un hémopéricarde,
d'un hématome intracérébral, du psoas, des
grands droits…
1.3 - Conduite
à tenir
Selon
l'importance de l'hémorragie et sa localisation,
la conduite à tenir sera différente :
arrêt du traitement immédiat et total ou
à doses moindres, selon l'importance des
pertes sanguines et le niveau de risque
de ne pas poursuivre l'anticoagulation ;
compensation des pertes par transfusion(s)
;
sulfate de protamine (antidote), qui forme
un complexe inactif avec l'héparine
a) modes et précautions d'administration
* IV lente pour éviter les effets secondaires
: hypotension transitoire avec bradycardie,
flush, dyspnée
b) dose de protamine à injecter est fonction
:
* de la dose d'héparine injectée ; se baser
dans certains cas sur l'héparinémie
* du délai qui sépare de la dernière injection
d'héparine (dose d'héparine encore en circulation)
* du mode d'administration de l'héparine
(IV ou SC) selon la cinétique de résorption
du produit (variable notamment en cas d'injections
sous-cutanées) ; la protamine pourra alors
être injectée en 2 à 4 injections , réparties
sur 24 heures ou en perfusion IV ;
* de la demi-vie très brève de l'antidote
(quelques minutes) : possibilité de rebond
secondaire d'héparinémie en cas d'injection
sous-cutanée d'héparine ;
c) doses généralement utilisées :
- pour HNF (posologie correspondant à un
traitement curatif) 1000 UAH (Unité Anti-Héparine)
de protamine neutralise environ 1000 unités
d'héparine, dans les 6 heures qui suivent
l'injection ; la dose de protamine à injecter
doit être adaptée à l'héparinémie et non
à la dose d'héparine injectée ;
- pour HBPM (utilisation plus rare de l'antidote)
: la protamine inhibe unité par unité l'activité
anti IIa, mais ne neutralise que partiellement
l'activité anti Xa.
1.4 - Prévention
des accidents hémorragiques
respecter
les contre-indications absolues ou relatives
: notamment toute lésion organique susceptible
de saigner, antécédents d'accident vasculaire
cérébral hémorragique ; contre-indication
absolue au traitement curatif par HBPM en
cas d'insuffisance rénale sévère (clairance
de la créatinine < 30 ml/min) ; endocardite
infectieuse aiguë (en dehors de celles survenant
sur prothèse mécanique), hypersensibilité
aux héparines, etc…
surveiller :
- TCA, héparinémie, numération plaquettaire
;
- activité anti XA (traitement par HBPM),
pour juger de la sensibilité individuelle
des patients, notamment en cas de patients
âgés, insuffisants rénaux ; prélèvements
à faire au 2° jour de traitement, entre
la 4° et 6° heure après l'injection ;
- connaître les demi-vies des produits :
environ 1 heure pour HNF-IV, environ 4 heures
pour HBPM.
2 - Thrombopénies
induites par l'héparine (TIH)
2.1 - Gravité et
fréquence
complication
potentiellement grave en raison du risque
de complications thrombotiques, observée
lors des traitements par HNF et dans une
moindre mesure par HBPM, quelles que soient
les doses utilisées ;
fréquence probablement en régression depuis
l'utilisation prédominante d'HBPM par rapport
à HNF
2.2 - Classification
2
types de TIH
- type 1 : diminution modérée des plaquettes
< 3O % de la numération plaquettaire (NP)
initiale ;
* fréquente (environ 2O % avec HNF)
* précoce (dans les premiers jours)
* transitoire, non compliquée, de nature
non immunologique
* ne nécessite pas l'arrêt de traitement
héparinique
type 2 :
* de pronostic sévère
* de nature immunologique (immunisation
contre le complexe héparine - FP4 antihéparine
des plaquettes)
* fréquence : environ 3 % avec HNF 1 % avec
HBPM associée parfois à un tableau de coagulopathie
de consommation (CIVD)
* apparaît après le 5° jour (exceptionnellement
après le 21° jour)
* thrombopénie importante < 100 000/mm3
ou réduction > 4O % de la NP initiale
* complications fréquentes et graves, à
type de thromboses artérielles (cérébrales,
coronaires, des membres …) ou veineuses
extensives (3O à 4O % des cas) ou plus rarement
hémorragies, avec mortalité dans 2O à 3O
% des cas .
2.3 - Conduite
à tenir devant une TIH de type 2
dans
le cas d'un patient sous héparine suivi
pour affection cardiovasculaire bien identifiée
et n'ayant pas d'autre raison de faire une
thrombopénie, il faut penser avant tout
à une TIH ; c'est la clinique qui prime
; l'arrêt de l'héparine est impératif ;
la remontée rapide des plaquettes est la
meilleure confirmation diagnostique ; le
bilan biologique ne s'impose pas ;
si un patient sous héparine a d'autres raisons
de faire une thrombopénie notamment de nature
infectieuse, médicamenteuse ou post CEC
(cas d'un malade complexe de réanimation
avec pathologies multiples), un bilan biologique
est alors indiqué pour tenter de préciser
le diagnostic : tests fonctionnels (agrégation
plaquettaire) et tests immunologiques ELISA
(identification d'anticorps anti-FP4) Ces
tests sont cependant d'une valeur diagnostique
imparfaite. Si le bilan est négatif et en
l'absence de forte présomption clinique,
l'héparine peut être poursuivie. Si le bilan
est positif et si le contexte clinique est
évocateur, il se pose l'indication de l'arrêt
de l'héparine et la mise en route d'un traitement
de substitution ;
traitement préventif :
* utilisation préférentielle d'HBPM par
rapport à HNF
* si possible, ne pas dépasser une semaine
de traitement par héparine
* demander NP au moins 2 fois/semaine si
le traitement dépasse 5 jours (ne pas oublier
la NP initiale)
* relais précoce par AVK
* contre-indication au traitement héparinique
en cas d'antécédents de TIH
traitement curatif :
Au-delà de l'arrêt du traitement héparinique,
l'attitude sera variable selon la présence
ou non d'une thrombose veineuse ou artérielle,
que cette thrombose soit l'indication du
traitement héparinique en cours ou sa complication
(par l'intermédiaire de la TIH)
* TIH sans complication thrombotique :
- traitement anticoagulant
de substitution à type de danaparoïde sodique,
qui est un héparinoïde de synthèse (OrgaranR)
- mode d'action ; action
anti Xa, inhibition de formation de thrombine
- surveillance : mesure
de l'activité antiXa
- durée du traitement
: 5 à 1O jours, relais éventuel par AVK
* TIH avec thrombose :
- médicaments avec AMM
:
°
danaparoïde (OrgaranR)
°
dérivés de l'hirudine : lépirudine (RefludanR)
ou désirudine (RevascR) (mode d'action :
inhibition directe de la thrombine)
- risques de ces produits :
°
danaparoïde : réactivité croisée avec récidive
de thromboses * ou au contraire, hémorragies
°
surveillance biologique généralement inutile
(hormis NP), sauf en cas de risques d'accumulation
(notamment insuffisance rénale, patients
âgés) ou de risque hémorragique élevé.
3 - Autres complications
Intolérances
cutanées, allergie au point de piqûre, ostéoporose
dans les traitements au long cours, élévation
des transminases, hyperéosinophilie, hypoaldostéronémie.
En cas de grossesse, l'héparine est le traitement
de choix, les AVK étant formellement contre-indiqués
sauf exceptions (v. infra) :
- pas de contre-indication pour HNF (pas
de passage de la barrière foeto-placentaire)
- pas d'AMM actuellement pour les HBPM,
sauf enoxaparine.
COMPLICATIONS LIEES AUX ANTIVITAMINES K
(AVK)
1 - Accidents hémorragiques
1.1 - Fréquence
variable selon les séries :
entre O,25 et O,8 % d'hémorragies mortelles,
entre 1,1 et 4,9 % par an et par malade
d'hémorragies graves. De nombreux facteurs
de risque peuvent être impliqués :
a)
facteurs de risque liés au patient :
lésions hémorragiques sous-jacentes connues
ou méconnues (notamment cérébrales et digestives)
antécédents d'hémorragies, d'accident vasculaire
cérébral
âge du patient : facteur de risque classique
mais controversé :
* risque non lié à l'âge chronologique mais
le plus souvent aux pathologies associées,
à l'altération avec l'âge des fonctions
rénales et hépatiques, aux interactions
médicamenteuses, au suivi du traitement
(problèmes d'observance liés à des troubles
mnésiques), aux chutes possibles liées à
l'instabilité à la marche, à la dénutrition,
aux erreurs diététiques
* il est nécessaire d'évaluer le rapport
bénéfices/risques pour chaque patient
état psychiatrique ou facteurs sociaux,
rendant aléatoire l'autoprise ou l'autosurveillance
sexe : accidents hémorragiques plus fréquentes
chez les femmes âgées
après ponction artérielle fémorale (contre-indication
à un acte de cardiologie interventionnelle
si INR > 1,5)
HTA (facteur de risque hémorragique classique
mais son rôle en tant que facteur de risque
indépendant est discuté)
b) facteurs de risque liés aux modes de
traitement et de surveillance :
intensité du traitement : risque 3 fois
plus élevé environ pour INR entre 3 et 4,5,
que pour INR entre 2 et 3 ; surdosage biologique
si INR > 5
suivi du traitement : importance du respect
des zones thérapeutiques d'INR en fonction
de la pathologie
stabilité du traitement : risque accru en
cas d'instabilité de l'INR (les produits
à longue demi-vie permettent une stabilité
plus grande) ; nécessité d'un contrôle plus
fréquent de l'INR
c) facteurs modifiant la sensibilité aux
AVK :
tout déséquilibre du rapport vitamine K/AVK,
lié à
* des troubles digestifs modifiant la vitesse
de transit ou l'absorption du médicament
* au régime alimentaire : aliments riches
en vitamine K1 et pris en grande quantité
(choux, choucroute, épinards et tous les
légumes à feuilles vertes, carottes, crudités,
abats, céréales)
* à une modification du métabolisme des
AVK (absorption d'alcool ou certaines pathologies
telles hyperthyroïdie, cancer, états inflammatoires)
;
interactions médicamenteuses (représentant
des contre-indications ou nécessitant des
adaptations posologiques) :
- potentialisation :
* contre-indications en
raison du risque hémorragique : aspirine
à forte dose, anti-inflammatoires non stéroïdiens
(notamment phényl butazone ; rofécoxib à
25 mg/j. s'accompagne d'une élévation d'environ
8 % de l'INR), antifungiques (miconazole),
tétracyclines et dérivés (action sur la
flore intestinale)
* précautions d'emploi
(ou contre-indications relatives) : antiagrégants
plaquettaires (aspirine à faible doses,
ticlopidine, clopidogrel), nombreux antibiotiques
(notamment les cyclines), antituberculeux
(isoniazide) ou autres anti-infectieux (nitronidazole),
antiarythmiques (amiodarone, propafénone),
certains hypolipémiants (fibrates, statines),
antiulcéreux (cimétidine, oméprazole), allopurinol,
certains antidépresseurs, corticoïdes, hormones
thyroïdiens, antioestrogènes (tamoxifène)
;
- inhibition : hypolipémiant (cholestyramine),
barbituriques (phénobarbital), antifungiques
(griséofulvine), certains antituberculeux
(rifampicine), topiques anticulcéreux (sucralfate),
etc…
risque de surdosage progressif notamment
en cas de résistance aux AVK primaire ou
secondaire (cette dernière pouvant être
liée à la non-observance du traitement,
à une erreur de laboratoire, à l'influence
de somnifères, de certains aliments) ; l'augmentation
progressive de la posologie peut être à
l'origine d'hémorragies ; recours possible
à un changement de produit (notamment à
CoumadineR).
1.2 - Formes cliniques
formes extériorisées ou non, symptomatologiques
ou asymptomatiques
hémorragies mineures ou majeures (notamment
intracrâniennes, digestives, …)
1.3 - Conduite
à tenir
Traitement
curatif
arrêt du traitement immédiat ou retardé,
total ou partiel, selon l'importance de
l'hémorragie et le risque à interrompre
les AVK (cas complexe de prothèse valvulaire
mécanique avec fibrillation auriculaire)
demander un INR en urgence pour rechercher
un surdosage
rechercher une cause locale, notamment dans
la sphère digestive (par endoscopie) et
si possible la traiter
rechercher un trouble de l'hémostase en
cas de traitement antérieur par héparine
ou de relais héparine-AVK (contrôler plaquettes,
TCA) ou une thrombophilie
La conduite à tenir proprement dite dépend
surtout de l'importance de l'hémorragie
:
saignement mineur
- interrompre transitoirement le traitement
et le reprendre à doses moindres après contrôle
de l'INR
- vitamine K1 (selon l'INR)
injection IV : 5 à 1O mg vit K1 (pour corriger
hypocoagulabilité)
éviter des doses plus élevées susceptibles
d'induire une résistance secondaire
ou si le traitement ne doit pas être interrompu,
posologie plus faible en IV (O,5 à 1 mg)
ou en gouttes buvables
saignement majeur
- transfusions en proportion des pertes
sanguines
- PPSB en IV (KaskadilR) : permet de corriger
immédiatement les taux en facteurs II, VII,
IX et X (abaissés par AVK) :
* posologie habituelle
: 25 U de facteur IX/kg
* à utiliser en cas d'urgence
chirurgicale (intervention possible si INR
entre 1,5 et 2)
Traitement préventif
respecter les contre-indications aux AVK
(AVC hémorragique de moins d'une semaine,
traumatisme crânien récent, intervention
chirurgicale récente, ulcère gastro-duodénal
évolutif, varices oesophagiennes, insuffisance
rénale et hépatique graves, troubles cognitifs
ou mnésiques rendant l'observance thérapeutique
aléatoire) ;
connaître les interactions médicamenteuses,
les aliments contre-indiqués ;
limiter le traitement dans le temps (suivre
notamment les recommandations concernant
la durée du traitement anticoagulant après
maladie thrombo-embolique) ;
éviter INR > 4,5 ;
éviter injections intramusculaires, prendre
des précautions en cas de soins dentaires
;
connaître les principales zones thérapeutiques
à atteindre :
- INR entre 2 et 3 : prévention et traitement
des thromboses veineuses et embolies pulmonaires,
prévention des embolies systémiques en cas
de prothèse biologique ou de fibrillation
atriale sans atteinte valvulaire ;
- INR entre 3 et 4,5 : prothèse valvulaire
mécanique d'ancienne génération, embolies
systémiques récidivantes ;
relais héparine-AVK : superposition des
2 traitements durant 3 - 4 jours ; surveillance
par TCA, INR, voire héparinémie.
2 - Complications
non hémorragiques
2.1 - Grossesse
La
poursuite d'une anticoagulation est nécessaire
durant la grossesse dans certains cas :
- sur le plan préventif, en cas de risque
élevé de thrombose veineuse et d'embolie
pulmonaire, de fibrillation atriale avec
oreillette gauche dilatée, ou de prothèse
valvulaire mécanique
- sur le plan curatif (maladie thrombo-embolique
notamment).
Le traitement héparinique doit être en premier
plan, les AVK étant classiquement contre-indiqués.
Le faible poids moléculaire des AVK permet
le passage à travers la barrière placentaire
et expose à un risque tératogène et hémorragique
:
- risque tératogène au cours du 1er trimestre
(de la 6ème à la 12ème semaines)
- risque hémorragique (pour la mère et l'enfant)
en fin de grossesse.
Les AVK sont particulièrement contre-indiqués
durant le premier et la deuxième moitié
du 3ème trimestre de grossesse, ainsi que
lors de l'accouchement et dans le péri-partum.
Toutefois, les AVK sont parfois prescrits
durant le 2ème trimestre dans certains cas
où le traitement héparinique est lui-même
à risque, ou source de complications (thrombopénies
induites par l'héparine, risque de thrombose
de prothèse mécanique plus élevé sous HNF
que sous AVK…).
Durant l'allaitement, la warfarine (CoumadineR)
peut être utilisée (absence de passage dans
le lait maternel).
2.2 - Autres
complications :
-
urticaire, rash cutanés, nécroses cutanées
: accident rare, mais grave, survenant en
début de traitement, en cas de déficit en
protéine C ou S
- autres complications immuno-allergiques
(avec phénindione) : possibilité d'insuffisance
rénale aiguë, d'insuffisance hépatique et
médullaire.
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