|
INTRODUCTION
Les héparines
sont des molécules mucopolysaccharidiques
d'origine naturelle, dont l'activité biologique
repose sur une séquence commune (pentasaccharide),
mais dont la structure est très variable.
On les classe en "Héparines non fractionnées"
(HNF) et "Héparine de Bas Poids Moléculaire"
(HBPM) en fonction de leur structure. Leur
action biologique, posologie, voie d'injection,
et mode de surveillance diffèrent. Les indications
des HBPM, initialement limitées, tendent
à rejoindre celles des HNF avec l'avantage
d'une plus grande sécurité et simplicité
d'emploi.
PHARMACOLOGIE DE L'HEPARINE STANDARD NON
FRACTIONNEE (HNF)
1
- Structure et hétérogénéité des HNF
L'HNF est un
mucopolysaccharide sulfaté extrait de l'intestin
de porc ou du poumon du boeuf. Les chaînes
d'héparine ont un poids moléculaire variable
entre 4 000 et 30 000 Da, avec un pic entre
12 000 et 15 000 Da. Une structure de 5
sucres (pentasaccharide) est nécessaire
à l'action biologique de l'HNF, par liaison
à l'antithrombine III (ATIII). La fraction
non liée à l'ATIII n'a pas d'action anticoagulante.
2 - Mécanismes
de l'effet anticoagulant
2.1 - Par
la séquence pentasaccharidique, l'HNF se
fixe à l'ATIII, modifie sa conformation
et accélère (d'environ 1000 fois) la vitesse
d'inactivation des enzymes de la coagulation
.
L'activité anti Xa ou anti IIa dépend de
la longueur des chaînes mucopolysaccharidiques
.
Dans la coagulation, les premières traces
de thrombine catalysent sa propre formation,
l'activation plaquettaire et celle des facteurs
V, VIII et XII .
L'inactivation des premières traces de thrombine
retarde ou empêche toute génération ultérieure
de thrombine.
2.2 - D'autres
mécanismes interviennent dans l'action antithrombique
de l'HNF : les plaquettes libèrent un facteur
anti héparine (Facteur 4 plaquettaire ou
FP4) et l'action de l'héparine est donc
moins importante quand le plasma est riche
en plaquettes.
2.3 - Enfin,
l'héparine mobilise l'inhibiteur tissulaire
de la coagulation (le TFPI), ce qui contribue
à l'effet anticoagulant, indépendamment
de l'inhibition de la thrombine.
3 - Propriétés
pharmacocinétiques et conséquences pour
l'utilisation pratique
En injection
IV, la demi-vie de l'héparine des de 90±30
minutes, d'autant plus courte que la dose
administrée est faible. Cette caractéristique
explique l'absence de proportionnalité entre
la dose et l'effet biologique ; Cette propriété
explique aussi pourquoi après injection
sous cutanée de faibles doses de 5000 U,
la bio-disponibilité est faible, alors qu'elle
est de 100% pour des doses plus importantes.
Il existe une grande variabilité individuelle
dans la réponse dose effet, résultant de
plusieurs facteurs :
Variation de la demi-vie (entre 30 et 90
minutes).
Variation de l'effet anticoagulant pour
une même concentration d'héparine en raison
d'une liaison à d'autres protéines que l'ATIII.
4 - Modes d'administration
et doses
4.1 - HNF
intraveineuse (sodique) en perfusion continue
après un bolus. Le bolus permet d'atteindre
rapidement le niveau d'anticoagulation et
la perfusion continue évite les pics d'hypocoagulabilité.
4.2 -
HNF par voie sous cutanée (calcique) en
2 ou 3 injections par jour.
4.3 -
La concentration habituelle est de 100 UI/mg,
mais parfois de 150 ou 200 UI/mg. Pour cette
raison, les doses d'héparine doivent être
exprimées en UI plutôt qu'en mg. Pour la
voie sous cutanée, 1ml de solution injectable
peut correspondre à 1000, 5000 ou 25000
UI.
5 - Conduite et surveillance biologique
du traitement curatif
5.1 -
Première injection après contrôle de la
numération des plaquettes. Sous forme d'un
bolus IV de 50 UI/kg. Doit être suivi d'une
perfusion continue (mode d'administration
supérieur aux bolus répétés) de l'ordre
de 400 à 600 UI/kg/jour. L'état d'équilibre
n'est atteint qu'au bout de 2 à 4 heures.
5.2 - Quand
l'héparine est administrée par voie sous
cutanée, la dose initiale est de 2500 UI/10
kg de poids par 12 heures (soit, 0.1 ml/10
kg/12 heures). La surveillance biologique
doit se faire entre deux injections.
5.3 - Surveillance
indispensable, compte tenu du caractère
peu prévisible de l'effet en fonction de
la dose injectée. Cette surveillance se
fait sur le Temps de Céphaline Activée (TCA)
qui doit être compris entre 1.5 et 2.5 fois
le valeur du témoin. Dans la plupart des
cas, la détermination de l'héparinémie n'est
pas nécessaire, sauf quand préexiste un
allongement du TCA (déficit en facteur XII
ou présence d'un anticoagulant circulant).
La mesure de l'héparinémie est soit chromogénique,
soit passe par la mesure de l'activité anti
Xa (pour HFN, activité anti Xa = activité
IIa).
5.4 -
La surveillance régulière de la numération
de plaquettes est indispensable : une numération
à la première semaine et toutes les semaines
en cas de traitement prolongé.
PHARMACOLOGIE DES HEPARINES DE BAS POIDS
MOLECULAIRES (HBPM)
1 - Structure et
hétérogénéité des HBPM
Les HBPM sont obtenues à partir d'HNF. Leur
distribution de poids moléculaire va de
2 000 à 10 000 Da, avec un pic de fréquence
à 5 000 Da .
La fragmentation des chaînes peut intéresser
la séquence qui permet la liaison à l'ATIII,
raison pour laquelle l'activité spécifique
des HBPM est plus faible que celle des HNF.
Les chaînes qui ont un PM>5 400 Da peuvent
catalyser la thrombine (action anti IIa),
alors que les chaînes plus légères n'ont
qu'une action anti Xa, car il faut une chaîne
d'au moins 5 400 Da pour l'action anti IIa.
La proportion de chaînes >5 400 Da est variable
selon les différentes HBPM et conditionne
les activités anti IIa et anti Xa. Ainsi
l'Innohep a un rapport anti Xa/anti IIa
entre 1.5 et 2, et la Fraxiparine a un rapport
de 3.5. Le pentasaccharide n'a qu'une action
anti Xa.
2
- Mécanismes de l'effet anticoagulant
L'action des
HBPM sur le TCA dépend de l'activité anti
IIa. Ainsi la Fragmine allonge moins le
TCA que l'Innohep, mais plus que la Fraxiparine.
Le pentasaccharide n'entraîne pas d'allongement
du TCA .
En absence d'activité anti-thrombinique,
les HBPM inhibent moins la rétroaction de
la génération de thrombine, mais l'efficacité
d'une HBPM n'est pas dépendante de son action
sur le TCA, mais de son action de diminution
de la quantité totale de thrombine. Le FPA
plaquettaire n'a pas d'action sur le HBPM,
d'où l'efficacité indépendante du nombre
de plaquettes.
3 - Propriétés
pharmacocinétiques et conséquences
Le temps de la demi-vie des HBPM est indépendant
de la dose administrée, 2 fois plus longue
que celui des HNF
Elimination rénale, leur efficacité tout
à fait prévisible en fonction de la dose
administrée car :
100% bio disponible après injection sous
cutanée, quelle que soit la dose
Effet biologique prévisible
Accumulation en cas d'insuffisance rénale
Les doses sont exprimées en unités anti
Xa. 1mg de Lovenox vaut 100 U anti Xa.
4 - Conduite et
surveillance biologique du traitement
4.1
- Avant tout traitement
par HBPM, un dosage des plaquettes doit
être réalisé. La dose doit être calculée
en fonction du poids corporel et adaptée
à la fonction rénale.
4.2 -
En raison de la prévisibilité de l'effet
anti Xa en fonction de la dose et de la
fonction rénale, la surveillance d'efficacité
n'est pas nécessaire avec les HBPM. On peut
néanmoins vérifier leur efficacité par la
mesure de l'activité anti Xa circulante.
La possibilité de survenue d'une thrombopénie
induite par l'héparine justifie, comme pour
les HNF, le contrôle régulier de la numération
plaquettaire pendant un traitement par HBPM
: une numération à la première semaine et
toutes les semaines en cas de traitement
prolongé.
PRINCIPALES INDICATIONS
DES HEPARINES
1
- Prévention de la maladie thromboembolique
veineuse (TEV)
1.1 - Niveaux
de risque : par risque élevé, on entend
les situations cliniques comme la chirurgie
orthopédique ou réalisée chez des patients
ayant un autre facteur de risque (âge avancé,
antécédent de maladie TEV, obésité, cancer,
déficit de coagulation). Sans prophylaxie,
le risque de maladie TEV est de 20 à 60%.
Dans les autres circonstances cliniques,
le risque est considéré comme faible, la
probabilité d'un événement thrombo embolique
est comprise entre 15 et 30%.
1.2 - UNF
: Calciparine 5000 UI x 2/jour, la première
2 heures avant l'intervention. A cette dose,
les effets sur le TCA sont nuls. Une posologie
plus importante peut être utilisée, avec
valeur cible du TCA de 1.3 fois le témoin.
1.3 - HBPM
: Deux méta analyses, regroupant l'une 8800
patients, l'autre 18500 patients ont montré
que les HBPM sont au moins aussi efficaces
que les HNF, avec même un niveau de prévention
supérieur de 15%. Ce résultat est constant
quel que soit le type de risque et de chirurgie
(prothèse de hanche, chirurgie abdominale
ou traumatologie). Deux doses sont utilisées
en fonction du risque, en une seule injection
par jour (voir tableau).
|
Produit |
Indication |
Dose
(UI anti Xa) |
Héparinémie
(UI anti Xa) |
|
Fraxiparine |
Prévention, risque
bas |
3000 |
0.25-0.35 |
|
Lovenox |
Prévention, risque
bas |
20 mg |
0.10-0.20 |
|
Fragmine |
Prévention, risque
modéré |
2500 UI |
0.15-0.25 |
|
Clivarine |
Prévention, risque
modéré |
1750 UI |
0.10-0.20 |
|
Fraxiparine |
Prévention, risque
élevé |
40-60 mg |
0.25-0.35 |
|
Lovenox |
Prévention, risque
élevé |
40 mg |
0.30-0.40 |
|
Fragmine |
Prévention, risque
élevé |
5000 UI |
0.35-0.45 |
|
Clivarine |
Prévention, risque
élevé |
4200 UI |
0.25-0.35 |
|
Fraxiparine |
Traitement curatif |
100 UI/kg/12h |
0.50-1.00 |
|
Lovenox |
Traitement curatif |
1 mg/kg/12h |
0.50-1.00 |
|
Fragmine |
Traitement curatif |
100 UI/kg/12h |
0.50-1.00 |
|
Clivarine |
Traitement curatif |
175 UI/kg/12h |
0.50-1.00 |
2 - Traitement
de la maladie thromboembolique veineuse
2.1
- Avec
les HNF, la dose quotidienne est comprise
entre 500 et 600 UI/kg/jour, à adapter en
fonction du TCA (peut varier entre 400 et
800UI/kg/jour). Elle peut être administrée
par voie sous cutanée ou IV continue avec
des résultats équivalents. La surveillance
du TCA se fait sans horaire particulier
en cas de perfusion continue, à mi-chemin
entre 2 injections en cas d'injections IV
discontinues ou en cas de voie sous cutanée.
Quand la voie IV continue est choisie, le
premier test se fait 4 à 6 heures après
le début du traitement, l'objectif est d'obtenir
un TCA entre 2 et 3 fois celui du témoin.
Habituellement, le TCA et l'héparinémie
sont bien corrélés, sauf en cas de présence
d'un allongement spontané du TCA (dysfibrinogénie,
anticoagulant circulant, déficit en facteur
XII...).
2.2
-
Les HBPM sont de plus en plus utilisées
car démontrées plus efficaces, plus sûres
et plus simples d'emploi. La méta analyse
de Leizorovicz (1994) a rassemblé 2050 patients,
montrant une réduction du risque d'embolie
pulmonaire de 50% et une diminution de 35%
des accidents hémorragiques par rapport
à la calciparine. Du plus, l'étude de Lensing
(1995) a montré qu'aucune adaptation de
posologie n'était nécessaire avec les HBPM.
2.3
-
Les HBPM permettent également le traitement
à domicile des TVP (énoxaparine 1 mg/kg/jour).
L'utilisation des HBPM est également validée
en cas d'embolie pulmonaire sans signe de
gravité.
2.4
-
Durée optimale du traitement et relais avec
les AVK : il faut effectuer le relais rapidement,
entre le première et le 5ème jour, de façon
à équilibrer le traitement AVK et pouvoir
interrompre l'Héparine avant le 8ème ou
9ème jour. Ce traitement héparinique court
permet d'éviter la survenue de thrombopénies
induites par l'héparine.
3 - Syndromes
coronariens aigüs et angioplastie
3.1
- Dans
l'angor instable, plusieurs essais thérapeutiques
ont prouvé la supériorité des HBPM sur les
HNF (Essence, FRIC, FRISC I et FRISC II).
Le traitement doit être associé à un traitement
antiagrégant plaquettaire (aspirine et anti
GP IIb/IIIa en cas de signe de gravité)
et éventuellement un geste de revascularisation
précoce. La dose d'HBPM en cas d'angor instable
est de 1 mg/kg/12 heures d'énoxaparine.
3.2
-
Dans l'infarctus du myocarde, l'héparine
permet de diminuer le risque de ré-occlusion
coronaire après une stratégie de reperfusion
(médicamenteuse ou instrumentale). Le traitement
héparinique doit être limité à 2 jours,
sa prolongation ultérieure n'est pas nécessaire.
Des essais cliniques sont en cours pour
évaluer l'intérêt des HBPM en association
avec les thrombolytiques et les anti GP
IIb/IIIa.
3.3
-
En angioplastie coronaire : l'HNF est utilisée
au cours de l'angioplastie coronaire, généralement
à une dose entre 50 et 150 UI/kg, en bolus.
Très souvent, aucune reprise de l'héparine
n'est nécessaire. Les HBPM pourraient bien
remplacer les HNF dans l'avenir.
4 - Autres
Indications
3.1
- Thromboses
artérielles : le traitement anti thrombique
est moins important que le traitement anti-agrégant
plaquettaire dans la thrombose artérielle.
3.2
-
Circulations extra corporelles : Protocoles
d'utilisation des HNF et de neutralisation
bien codifiés.
3.3
-
Pendant la grossesse : l'HNF remplace les
AVK pendant les premier et 3ème trimestres.
Les HBPM n'ont pas d'AMM dans cette indication,
bien qu'aucun effet tératogène n'ai été
rapporté.
EFFETS
SECONDAIRES INDESIRABLES
1
- Hémorragies
1.1
-
Le risque hémorragique est de l'ordre de
5% avec les HNF, dépendant de nombreux facteurs
(surdosage, plaie vasculaire, âge avancé,
perfusion discontinue...). Les HBPM ont
un risque hémorragique moindre que les HNF.
1.2
-
En cas d'accident grave, il est possible
de neutraliser l'effet des HNF par le sulfate
de protamine. La dose à administrer et de
1mg de Protamine pour neutraliser 1000 UI
d'héparine. Le sulfate de protamine ne peut
neutraliser que les héparines dont le PM
dépasse 5 400 Da ; ainsi, les HNF sont totalement
neutralisées alors que pour les HBPM, seule
l'activité anti IIa l'est.
2
- Thrombopénie
induite par l'héparine (TIH)
Complication redoutable par effet immuno-allergique.
Deux types de TIH existent : TIH de type I,
banale et bénigne, ne nécessite pas de traitement
ni interruption de l'héparine. Le type II
de fréquence 1.3% est la conséquence d'une
réaction immuno-allergique entre le FP4, l'héparine
et des anticorps spécifiques. Cette réaction
entraîne une activation plaquettaire d'où
thrombopénie de consommation et risque de
thrombose artérielle ou veineuse. La TIH survient
classiquement ver le 9-10ème jour de traitement,
diagnostiquée par la chute des plaquettes
(-50% de la valeur de base ou <100 000 G/l).
La suspicion d'une TIH doit imposer l'arrêt
de l'héparine, la réalisation des tests (test
fonctionnel d'agrégation plaquettaire en présence
d'héparine et test ELISA de détection des
Ac spécifiques). Un traitement substitutif
antithrombique est nécessaire tant qu'existe
une génération de thrombine (pendant 10 jours)
à base de Danaparoïde ou d'Hirudine. Le pronostic
d'une TIH est grave, marqué par une mortalité
entre 10 et 20% et des complications fréquentes
à type de complication thromboembolique veineuse
ou artérielle.
AUTRES TRAITEMENTS
ANTITHROMBIQUES
D'autres substances à actions anti thrombotiques
sont en cours de développement 
Héparines de très bas poids moléculaire :
le pentasaccharide est la molécule "de base"
des héparines, avec une action anti Xa pure.
Il est en cours d'évaluation dans le traitement
préventif et curatif de la maladie thrombo-embolique
veineuse ainsi que dans le traitement des
syndromes coronariens aigüs .
Le Danaparoïde (Orgaran) est un héparinoïde
de faible poids moléculaire constitué d'un
mélange d'héparane, de dermatane et de chondroïtine
sulfates et présente une activité antithrombotique
(anti Xa) clairement démontrée. Il a une indication
dans le traitement anticoagulant chez les
patients porteurs d'une TIH, sans complication
thrombo embolique et dans l'anticoagulation
des patients ayant un antécédant de TIH.
L'Hirudine (Lépidurine) est un inhibiteur
direct de la thrombine (action anti IIa pure).
Son efficacité a été largement démontrée dans
les situation de thrombose artérielle (infarctus,
angor instable) et veineuse (thrombose veineuse
des membres inférieurs). Cette molécule a
une indication dans le TIH avec complications
thrombo emboliques.
Le TFPI (Tissue Factor Pathway Inhibitor).
Ce facteur est circulant, associé aux lipoprotéines.
Un de ses domaines peut se fixer sur le facteur
Xa, un second sur le complexe VIIa-facteur
tissulaire .
CONCLUSIONS
Les héparines sont des médicaments d'usage
très fréquents en cardiologie ; leur efficacité
anticoagulante s'accompagne d'un risque
de complication, hémorragique notamment,
potentiellement grave. La sécurité d'emploi
dépend largement du respect des modalités
de prescription, posologie et surveillance,
même si l'utilisation des HBPM dans beaucoup
de situations cliniques en a simplifié l'utilisation.
|