| Elle se définit
comme un accident subit au cours duquel
le courant sanguin quitte le chenal aortique
normal et, au travers d'une déchirure
intimale, pénètre entre la couche
interne et la couche externe de la média,
constituant un
faux chenal. La dissection est considérée
comme aiguë, lorsque le patient est vu dans
les 15 jours qui suivent l'accident initial.
CONSIDERATIONS
ANATOMIQUES
1 - La déchirure intimale
Elle est admise
par la majorité des auteurs comme étant
le primum movens de la dissection. L'une
des explications possible est la rupture
d'un vasa vasorum provoquant une hémorragie
intramédiale, point de départ de la dissection
lorsque cet hématome pariétal est rompu
dans la lumière aortique.
Quoi qu'il en soit,
cette déchirure intimale est découverte
dans toutes les séries anatomiques après
décès par dissection aiguë.
La situation de cette
porte d'entrée par déchirure intimale a
été précisée dans les grandes séries autopsiques
:
dans l'aorte ascendante (29 à 47 % des cas),
la dissection étant essentiellement antérograde
(vers l'aval de l'aorte) et plus accessoirement
rétrograde (en direction des sigmoïdes aortiques).
dans la portion transverse de la crosse
aortique dans 10 % des cas, avec une dissection
rétrograde vers l'aorte ascendante et antérograde
vers l'aorte thoracique descendante.
au niveau
de l'aorte thoracique descendante, dans
les premiers centimètres suivant la naissance
de l'artère sous-clavière gauche, dans 25
à 35 % des cas, avec une dissection de plus
souvent antérograde.
très rarement,
la déchirure intimale peut se situer dans
l'aorte thoracique descendante basse voire
dans l'aorte abdominale.
2 - La dissection
Dans les quelques
secondes qui suivent la rupture intimale,
le faux chenal se constitue par irruption
du sang sous pression entre les deux couches
de la média. L'origine des branches de l'aorte
peut être disséquée dans le même temps.
Dans d'autres cas, cette origine peut être
exclue de la lumière aortique par la constitution
du faux chenal ou ne rester en communication
qu'avec le faux chenal. L'extension de la
dissection aux branches de l'aorte est plus
fréquente pour les artères de bon diamètre
comme le tronc artériel innominé, les carotides,
l'artère sous-clavière gauche ou les artères
rénales.
Enfin, la dissection
atteint plus fréquemment l'artère iliaque
gauche que la droite. Il est évident que
la dissection ou l'occlusion d'une ou plusieurs
branches artérielles viscérales conditionnera
les symptômes et également le pronostic.
Quelques malades
sont porteurs d'un orifice de réentrée à
la partie distale de la dissection, constituant
une seconde communication entre le faux
chenal et la lumière aortique.
3 - Le faux chenal
Il est situé dans
la couche la plus externe de la média et
donc, sa paroi externe est plus mince que
sa paroi interne qui sert de séparation
entre le vrai et le faux chenal. Ce faux
chenal, habituellement, atteint la moitié
ou les deux tiers de la circonférence aortique
et rarement la totalité de la circonférence.
La fragilité de sa paroi externe (couche
externe de la média + adventice) explique
les possibilités de rupture dans le péricarde,
la plèvre (habituellement la gauche) et
plus rarement dans l'abdomen.
En l'absence de rupture
franche, il existe toujours une suffusion
hémorragique dans les espaces périaortiques
réalisant une infiltration hématique du
péricarde et du médiastin.
Le faux chenal,
habituellement, augmente son diamètre avec
le temps et donc sa paroi s'affine et se
fragilise. En cas de survie à long terme,
l'évolution est possible vers un anévrysme
susceptible des complications habituelles
: compressions, fissurations, ruptures.
Exceptionnellement, le faux chenal peut
évoluer spontanément vers la thrombose.
4 - Classification
des dissections aortiques
La classification
de De Bakey
est la plus communément admise :
Type I
:
La
dissection concerne la totalité de l'aorte
depuis les sigmoïdes aortiques jusqu'à la
bifurcation aorto-iliaque. La porte d'entrée
est située le plus souvent sur la paroi
antérieure de la racine de l'aorte et beaucoup
plus rarement dans la portion transverse
de la crosse aortique et exceptionnellement
dans l'aorte thoracique descendante.
L'atteinte de l'aorte
initiale peut se compliquer d'une incompétence
valvulaire (capotage d'une valve repoussée
par le faux chenal) ou d'un infarctus du
myocarde par dissection associée de l'une
des coronaires. Le risque évolutif majeur
est constitué par la rupture intra péricardique
du faux chenal.
Type II
:
Seule
l'aorte ascendante est concernée, la dissection
stoppant au pied du tronc innominé. Les
complications possibles sont les mêmes que
dans le type I.
Type III
:
La porte d'entrée
est le plus souvent immédiatement après
l'artère sous-clavière gauche, le faux chenal
s'étendant le plus souvent à l'aorte thoracique
descendante et à l'aorte abdominale, plus
rarement à l'aorte thoracique descendante
seule et exceptionnellement à l'aorte thoracique
descendante de façon antérograde et à la
portion transverse de la crosse de façon
rétrograde.
La
classification de Stanford en type
A et B, tire son intérêt de
son parallèle immédiat avec
l'indication chirurgicale urgente. Le type
A correspond aux dissections intéressant
l'aorte ascendante, le type B aux dissections
qui n'intéressent pas l'aorte ascendante
intra-péricardique. Le type A de
Stanford correspond aux types I, II, et
III rétrograde de De Bakey, le type
B de Stanford correspond au type III de
De Bakey.
ETIOLOGIE
La dissection aiguë
survient dans 80 à 90 % des cas à partir
de la 6ème décennie, le plus souvent après
un long passé d'hypertension artérielle.
Une poussée hypertensive, notamment à l'occasion
d'un effort brutal (soulever une charge)
est souvent la cause déclenchante de la
dissection. L'examen histologique de la
paroi aortique révèle alors le plus souvent
une médianécrose
kystique (cf. chapitre précédent).
Quelques patients
présentent à l'évidence un syndrome de Marfan
ou une maladie annulo-ectasiante
dont la dissection peut être la première
manifestation.
LES SYMPTOMES
La douleur est le
maître symptôme de la dissection aiguë de
l'aorte, présente dans plus de 95 % des
cas .
Elle est volontiers dorsale interscapulaire,
à irradiations lombaires mais peut aussi
être à rétrosternale médiothoracique et
simuler une crise d'angine de poitrine ou
un infarctus myocardique en cours de constitution.
Ce dernier diagnostic est le plus souvent
éliminé par le caractère normal de l'ECG,
encore que ce dernier puisse être modifié
en cas de dissection atteignant un ostium
coronarien.
Très rarement, la
douleur est absente et la dissection sera
découverte au stade chronique, à l'occasion
d'une radiographie thoracique par exemple,
ou à l'occasion d'un symptôme engendré par
un anévrysme disséquant.
La douleur s'accompagne
d'une sensation de mort imminente.
La première manifestation
peut également être la mort subite, consécutive
à la rupture du faux chenal ou à l'occlusion
d'une artère coronaire à son origine.
En dehors de ce cas,
un état de choc est toujours observé au
cours des premières heures, de nature hypovolémique,
secondaire à l'extravasation de sang au
travers de la paroi du faux chenal (hemomédiastin).
Cet état de choc peut être aggravé par un
épanchement péricardique réalisant une tamponnade
aiguë (pouls paradoxal, diagnostic par échographie
transthoracique).
Enfin, une symptomatologie
très variée peut être constituée par l'occlusion
ou le bas débit dans une artère viscérale,
collatérale de l'aorte prise dans la dissection
ou naissant du faux chenal : hémiplégie
(carotide), paraplégie (artère d'Adamkiewitz),
ischémie aiguë ou subaiguë d'un membre (artère
iliaque, gauche le plus souvent), signe
d'infarctus mésentérique n'apparaissant
qu'au bout de 5 à 6 heures (artère mésentérique
supérieure).
EXAMENS COMPLEMENTAIRES
1 - L'ECG
L'ECG est en règle
normal sauf si un ostium coronarien est
concerné
.
2 - La radiographie
de thorax
Elle montre un élargissement
de l'ombre médiastinale, particulièrement
dans sa partie supérieure, au niveau du
bord droit et au niveau du bouton aortique
(juxtaposition de l'opacité aortique et
de celle du faux chenal).
Elle peut montrer
aussi une cardiomégalie en rapport avec
un épanchement péricardique ou une opacité
de l'hémithorax en rapport avec un hémothorax
par suffusion.
3 - L'échographie
Par voie transthoracique,
elle a surtout l'intérêt de vérifier la
vacuité du péricarde ou de montrer au contraire
un épanchement.
Par voie transoesophagienne,
avec des coupes multiplans, elle montre
généralement bien le flap au niveau de la
rupture intimale dans l'aorte ascendante
notamment. Elle permet de visualiser parfaitement
le faux chenal tout le long de l'aorte thoracique
descendante (Cf. chapitre précédent). Il
s'agit d'un examen non invasif de débrouillage
qui peut affirmer le diagnostic et permettre
de prendre la décision opératoire à lui
seul, surtout si l'état hémodynamique du
patient est instable.
4 - L'angiographie
Par voie artérielle
et si possible avec numérisation, l'angiographie
demeure l'examen de certitude, montrant
le plus souvent la situation de la porte
d'entrée, l'extension du faux chenal le
long de l'aorte et les rapports de l'origine
des artères viscérales avec la dissection.
Jusqu'à validation de l'échographie transoesophagienne,
cet examen demeure nécessaire à l'indication
opératoire, sauf si l'état hémodynamique
du patient ne permet pas son transport et
la réalisation d'un examen avec injection
de produit de contraste sous pression.
5 - Le scanner
DIAPORAMA>
Par ses coupes transversales,
il montre bien le vrai et le faux chenal
et donc l'extension de la dissection. Il
montre moins bien la porte d'entrée et l'origine
des artères viscérales. Il nécessite l'injection
d'un produit de contraste.
Considéré surtout
comme un examen de débrouillage en l'absence
d'échographie transoesophagienne sur le
site du diagnostic, il est également un
examen de surveillance de l'évolution au
long cours qu'il y ait eu intervention chirurgicale
ou non.
6 - L'IRM
Elle est plus performante
que le scanner car elle comporte non seulement
des coupes transversales mais également
des coupes longitudinales, frontales ou
sagittales. Elle montre mieux également
la porte d'entrée et la naissance des artères
viscérales. Elle ne nécessite pas d'injection
de produit de contraste. Cependant, elle
est rarement réalisable en urgence car présente
sur peu de sites de diagnostic. Elle est
donc surtout utile à la surveillance au
long cours.
EVOLUTION NATURELLE
La dissection aiguë
est un accident grave. L'histoire naturelle
des patients qui en sont victimes est difficile
à préciser, en raison de la grande variabilité
dans le type et l'extension de la dissection
et dans la nature des complications qui
peuvent s'en suivre.
En l'absence de traitement
chirurgical, beaucoup de patients décèdent
de façon aiguë par rupture du faux chenal
entraînant soit un hémopéricarde (type I
et II), soit un hémomédiastin, soit un hémothorax.
Les décès plus tardifs relèvent soit d'une
rupture retardée, soit de la dysfonction
de l'un des organes tributaire de la dissection
(paraplégie, insuffisance rénale, ischémie
mésentérique, ischémie aiguë des membres
inférieurs).
Les quelques patients
qui survivent de façon chronique, ont un
risque de décès supérieur à celui de la
population générale, ceci en raison de l'habituelle
persistance du faux chenal. Les patients
sont susceptibles d'évoluer vers une récidive
de dissection dans une portion jusque là
intacte, vers une rupture très tardive du
faux chenal ou vers une évolution anévrysmale
de ce dernier : l'anévrysme évolue alors
avec ses propres complications : fissuration,
rupture, thrombose, embolie.
Kirklin a cependant
réuni quelques observations d'évolution
naturelle en dehors du traitement chirurgical
dont il a tiré la survie à 6 mois, 1 an,
5 ans et 10 ans, en distinguant les types
I et II d'une part et type III d'autre part.
TRAITEMENT
1 - Traitement
médical
Le choc hypovolémique,
fréquemment observé dans les premières heures
doit être traité par un remplissage par
des solutés isotoniques. Très rapidement,
l'HTA réapparaît et doit être impérativement
corrigée : on maintient une pression artérielle
entre 100 et 120 mmHg en utilisant les médicaments
vasodilatateurs.
2 - Traitement chirurgical
Ses but sont limités
:
fermer
la porte d'entrée de la dissection de façon
à rendre le faux chenal peu ou pas circulant
: diminution du risque de rupture de la
paroi externe et rétablissement de la circulation
dans les territoires exclus par le faux
chenal.
de ce
point de vue, il semble que les risques
de rupture sont beaucoup plus élevés dans
l'aorte ascendante (type I et II) que dans
l'aorte descendante.
Corriger
l'insuffisance aortique, soit par le simple
réacollement du sinus de Valsalva repoussé
par le faux chenal, soit par la resuspension
d'une commissure, soit exceptionnellement
par un remplacement valvulaire aortique.
2.1 - Chirurgie des
types I et II
Après sternotomie,
une CEC est installée entre les deux
veines caves et l'artère fémorale
par laquelle se fera la réinjection
(l'aorte ne peut être utilisée
dans ce cas car elle fera l'objet d'une
résection. La circulation artérielle
se fera donc dans le sens rétrograde,
ce qui n'a aucune importance). Le cur
est arrêté par la solution
de cardioplégie habituelle. L'aorte
ascendante est alors ouverte longitudinalement
: dans la majorité des cas, la porte
d'entrée est découverte à
ce niveau et il suffira de remplacer l'aorte
ascendante, entre les ostia coronariens
et le tronc artériel brachiocéphalique
droit, par un tube de dacron de 25 à
30 mm de diamètre suturé en
termino-terminal sur les tranches de section
aortique. Ces dernières ont été
éventuellement préparées
par un réacollement des tuniques
disséquées grâce à
de la colle biologique et éventuellement
renforcée par des points transfixiant
sur attelles de feutre. .
Cas particuliers
:
La rupture
intimale est trop complexe près des ostias
coronariens et un réacollement simple n'est
pas possible : la totalité de l'aorte ascendante
doit être remplacée, le tube étant implanté
sur l'anneau aortique après résection de
la valvule, une prothèse valvulaire étant
insérée dans le tube de dacron. Les ostias
coronariens doivent être alors réimplantés
dans ce tube, soit directement, soit par
l'intermédiaire d'un court pontage par un
tube prothétique de petit calibre (opération
de Bentall).
Il existe
une insuffisance aortique associée : le
plus souvent le réacollement du sinus de
Valsalva concerné supprime la protrusion
et le capotage de l'une des trois valves.
Il est prudent de suspendre la commissure
concernée par un point transfixiant sur
attelles de feutre.
La porte d'entrée n'est pas découverte
dans l'aorte ascendante : elle se trouve
alors vraisemblablement dans la crosse aortique
et la stratégie opératoire
doit être modifiée : grâce
à la CEC, une hypothermie profonde
à 18° de température oesophagienne,
est induite. A ce niveau de froid, la circulation
naturelle est bien sûr arrêtée
et la circulation artificielle peut l'être
également pendant 1 heure. On peut
alors prolonger l'incision longitudinale
de l'aorte sur la crosse où la porte
d'entrée est le plus souvent découverte.
Le remplacement prothétique est donc
prolongé à ce niveau, jusqu'à
exclure la rupture intimale. Il est alors
nécessaire de réimplanter
sur le tube de dacron les vaisseaux à
destinée encéphalique : TABCD,
carotide primitive gauche et sous-clavière
gauche. Après ce type d'arrêt
circulatoire en hypothermie profonde, une
excellente récupération des
fonctions cérébrales est généralement
observée. On peut la rendre plus
sûre par la rétroperfusion
cérébrale veineuse :(voir
http://www.multimania.com/chocron/video/retro.html
) pendant le temps d'arrêt circulatoire,
du sang oxygéné par la CEC
est injecté par la veine cave supérieure
: il irrigue le cerveau et revient par les
vaisseaux supra-aortiques dans la crosse
aortique où il est réaspiré
pour être réoxygéné
et réinjecté. Le faible débit
de cette rétroperfusion (250 ml/mn)
ne gêne pas l'acte opératoire.
Il a par ailleurs l'avantage d'assurer un
remplissage permanent de la circulation
cérébrale, évitant
l'embolie gazeuse.
2.2 - Chirurgie de
la dissection de type III
Cette chirurgie n'est
indiquée dans ce segment qu'en cas de complications,
notamment de fissuration du faux chenal.
Le but visé est le même : fermer la porte
d'entrée en réséquant un segment d'aorte
que l'on remplace par un tube prothétique.
L'abord chirurgical
se fait ici par thoracotomie postérolatérale
gauche, en décubitus latéral
droit, à coeur battant. L'aorte d'amont
est clampée au ras de l'artère
sous-clavière gauche. L'aorte d'aval
est clampée le plus haut possible
par rapport aux lésions, de façon
à limiter les risques de clampage
de l'artère intercostale donnant
naissance à l'artère d'ADAMKIEWICZ
qui irrigue la moelle épinière.
La protection médullaire peut être
améliorée par mise en place
d'une CEC fémoro-fémorale
dont le but est d'irriguer le segment aortique
situé en aval du clampage. Encore
faut-il que le clamp d'aval n'exclue pas
l'artère intercostale responsable
de la moelle. Cette incertitude explique
le haut risque
de paraplégie post opératoire
(15 à 20 %). Ce dernier ne peut finalement
être minimisé que par la brièveté
en longueur et en temps de la résection
aortique.
Quoi qu'il en soit,
l'aorte est incisée longitudinalement entre
les deux clamps. On vérifie que la porte
d'entrée se trouve bien dans ce segment,
sans quoi le clamp d'aval doit être encore
descendu plus en aval. L'aorte est réséquée.
Les deux tranches de section transversale
sont reconstituées par colle biologique
et sutures sur attelles de téflon. Un tube
synthétique de diamètre adapté est suturé
aux deux berges aortiques. Si la résection
est poussée loin vers l'aval, un groupe
d'intercostales susceptibles de donner naissance
à l'artère d'ADAMKIEWICZ, doit être réimplanté
dans la prothèse.
INDICATIONS OPERATOIRES
1
- Dissection de type I et II ou A
L'indication opératoire
est formelle pour les raisons suivantes
:
les risques
de fissuration et de rupture, notamment
dans le péricarde, sont élevés.
une insuffisance
aortique est souvent associée.
la survie post opératoire est de l'ordre
de 90 % si l'on a bien fermé la porte d'entrée,
y compris lorsqu'elle est située dans la
crosse aortique.
les seules
contre-indications pourraient être un âge
très avancé, au delà de 80 ans, avec des
tares viscérales associées, respiratoires
ou rénales, ou bien en présence d'une complication
majeure de la dissection : en pratique,
seule la paraplégie installée constitue
une véritable contre-indication.
2 - Dissection de
type III ou B
Elle ne relève pas
en principe d'une indication chirurgicale
d'emblée pour les raisons suivantes :
mortalité
opératoire plus élevée (hémorragie).
paraplégie
post opératoire fréquente (15 à 20 %).
évolution
spontanée sous traitement médical plus favorable
que dans les deux autres types : cf tableau
de survie spontané :
si
bien que les seules indications de chirurgie
du segment III sont la survenue d'une complication,
essentiellement une fissuration responsable
d'un hémothorax ou à plus long terme, l'évolution
vers un anévrysme.
RESULTATS
La mortalité hospitalière
pour les types I et II opérés varie de 5
à 30 % suivant les séries, avec un risque
plus élevé lorsque l'arche aortique doit
être incluse dans la réparation.
La survie à 1 mois,
1 an, 5 ans, 10 ans et 15 ans, est de :
79 %, 66 %, 46 %, 45 % et 37 % respectivement.
Les décès tardifs
sont corrélés à l'évolution du faux chenal,
soit vers la fissuration, soit vers l'anévrysme.
En effet, le faux chenal persiste, circulant
sous une pression plus faible, chez près
de 80 % des opérés.
Par ailleurs, une
redissection peut survenir dans un segment
aortique jusque là non concerné par le faux
chenal (10 à 20 % des cas suivant les séries).
La dissection aortique
reste donc une maladie grave, nécessitant
un bon contrôle tensionnel au long cours
et une surveillance annuelle par scanner
ou IRM au moins pendant les 5 premières
années. |