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DEFINITION
On regroupe
sous ce terme différentes atteintes myocardiques
sans affection valvulaires, coronaires,
congénitales, pulmonaires ou péricardiques
associées.
Il est
nécessaire de distinguer les cardiomyopathies
primitives des cardiomyopathies secondaires
(infectieuse, endocrine, infiltrative, toxique,
dysimmunitaire).
On distingue
4 groupes de cardiomyopathies :
hypertrophique
caractérisée par une hypertrophie totale
ou partielle du myocarde sans dilatation
de la cavité faisant plus ou moins obstacle
au libre passage du sang durant l'éjection
systolique.
restrictive
caractérisée par une gêne au remplissage
ventriculaire du fait d'anomalies de la
compliance cardiaque par atteinte de l'endocarde,
du sous endocarde ou du myocarde.
dilatée caractérisée
par une dilatation bi-ventriculaire avec
importante altération de la fonction systolique
et/ou diastolique avec stase intra cavitaire
importante.
dysplasie arythmogène
du ventricule droit caractérisée
par une atrophie des myofibrilles du ventricule
droit remplacée par un tissus fibro-adipeux
à l'origine d'arythmies ventriculaires graves.
CLASSIFICATION
La plus
récente classification des cardiomyopathies
(" Report of the 1995 World Health Organisation
International Society and Federation of Cardiology
: Task Force on the definition and classification
of cardiomyopathy") les définit comme des
maladies du myocarde associée à une dysfonction
ventriculaire. Cette nomenclature permet donc
de distinguer les cardiomyopathies primitives
de deux types, idiopathique et familial, qu'elles
soient dilatées, hypertrophiques, restrictives,
et les cardiopathies secondaires à une cause
infectieuse, endocrinienne, métabolique, toxique
ou infiltrative.
CARDIOMYOPATHIE
HYPER-TROPHIQUE
1
- Définition :
La cardiomyopathie
hypertrophique est une cardiopathie définie
par une hypertrophie totale ou partielle
du myocarde pouvant faire obstacle ou non
au libre passage du sang dans la cavité
ventriculaire durant la systole.
La cardiomyopathie hypertrophique se caractérise
donc par une hypertrophie ventriculaire,
qu'elle soit gauche et/ou droite, généralement
asymétrique touchant le plus souvent le
septum inter-ventriculaire. Les cardiomyopathies
hypertrophiques sont obstructives dans 25%
des cas.
Cette hypertrophie idiopathique dont le
diagnostic n'est retenu qu'après avoir exclu
les causes secondaires notamment l'hypertension
artérielle systémique à une prévalence estimée
à 0.2% dans la population générale.
Il existe des cardiomyopathies hypertrophiques
familiales avec une transmission autosomique
dominante avec dans environ 60% des cas,
une pénétrance incomplète. Ces mutations
concernent les protéines contractiles sarcomériques,
qui entraîneraient des modifications de
la vitesse de contraction cardiaque dûe
à l'altération de la cinétique de l'interaction
des différents filaments fins et épais sarcomériques.
Ces modifications morphologiques induisent
une hypertrophie des myofilaments compensatrice
avec secondairement modifications de la
vitesse de contraction cardiaque, voire
désorganisation de certaines zones.
2
- Diagnostic positif
2.1
Mode de découverte :
chez un patient asymptomatique , il existe
fréquemment une découverte fortuite d'un
souffle systolique entraînant un diagnostic
échographique de cette cardiopathie.
les signes fonctionnels peuvent être une
dyspnée, d'effort des palpitations ou rarement
des accès de tachycardie. Parfois, il existe
des douleurs thoraciques atypiques dont
le mécanisme est souvent multifactoriel
.
dans les formes sévères, la maladie peut
se révéler par un angor d'effort, de l'insuffisance
ventriculaire gauche et plus dramatiquement
par une syncope, une lipothymie ou une mort
subite survenue au décours d'un effort.
cette pathologie héréditaire peut être découverte
dans le cas d'une enquête génétique familiale
(l'examen clinique et l'échographie sont
indiqués chez les parents et les descendants
atteints d'une cardiomyopathie obstructive).
2.2
L'examen clinique :
l'examen peut être normal chez un patient
asymptomatique sans gradient intra-ventriculaire
l'obstruction se traduit par un souffle
mésosystolique, éjectionnel souvent râpeux
mitro-aortique. L'intensité de ce souffle
souvent importante est variable suivant
l'inspiration et peut être nettement augmentée
après l'effort.
un souffle d'insuffisance mitrale peut être
associé.
Habituellement, le reste de l'examen clinique
est donc strictement normal : absence de
signe d'insuffisance ventriculaire droite
ou gauche, auscultation pulmonaire normale,
pouls périphériques perçus, pas de souffle
sur les axes carotidiens ou fémoraux.
3
Electrocardiogramme :
Il est rarement normal dans la cardiomyopathie
hypertrophique obstructive mais aucun signe
électrocardiographique n'est pathognomonique
de cette atteinte myocardique primitive
.
le rythme cardiaque est le plus souvent
sinusal, parfois il existe des troubles
du rythme supra-ventriculaire.
dans les formes les plus sévères, il peut
exister une extrasystolie ventriculaire
maligne.
des signes d'hypertrophie ventriculaire
gauche sont présents dans la plupart des
cas. Les signes d'hypertrophie septale sous
formes d'ondes Q fines et profondes dans
les dérivations précordiales gauches (D1,
VL, V5, V6), avec parfois aspect de pseudo-nécrose
antérieure avec des ondes Q larges présentes
dans toutes les dérivations précordiales
de V1 à V4.
les troubles de la repolarisation sont généralement
constants, avec des ondes T négatives ou
aplaties de V1 à V6.
4
Radiographie thoracique :
La silhouette cardiomédiastinale
est de volume normale, il n'existe ni calcifications
valvulaires, ni calcifications coronariennes.
L'aspect du parenchyme pulmonaire est normal.
5 Echocardiographie
:
Le diagnostic de
cardiomyopathie hypertrophique repose sur
la mise en évidence grâce à l'échocardiographie
bi-dimensionnelle d'une hypertrophie ventriculaire
gauche sans cause décelable. Cet examen
permet donc le diagnostic, mais aussi de
déterminer les caractéristiques localisatrices
et obstructives de cette hypertrophie.
Plusieurs points sont
donc à étudier :
hypertrophie pariétale qui est définie par
une épaisseur pariétale supérieure à 1.3
mm en diastole lors de l'étude en TM. D'autre
part, l'examen permet de préciser la distribution
de l'hypertrophie qui peut être concentrique
ou régulière sur l'ensemble des parois du
ventricule gauche ou alors asymétrique prédominant
au niveau du septum inter-ventriculaire
entraînant un rapport septum inter ventriculaire
sur la paroi postérieure supérieure à 1.5.
L'hypertrophie peut simplement être limitée
à la région sous-aortique du septum inter-ventriculaire
ou uniquement à l'apex du ventricule gauche.
 
aspect anatomique des valves mitrales et
aortiques normale.
en mode TM, il existe un mouvement des deux
feuillets de la valve mitrale vers le septum
ventriculaire en systole, jusqu'à parfois
entrer en contact avec ce septum. Ce mouvement
anormal est appelé "mouvement systolique
antérieure de la valve mitrale" (SAM). On
retrouve aussi au niveau des valves aortiques,
dans les formes sévères de cardiomyopathie
hypertrophique obstructive en TM, une refermeture
mésosystolique des sigmoides aortiques.
Bien sur l'association
d'une hypertrophie septale asymétrique d'un
mouvement systolique antérieur de la valve
mitrale, et d'une refermeture mésosystolique
des sigmoides aortiques caractérise une
cardiomyopathie obstructive sévère, mais
pris séparément, aucun de ces 3 signes n'est
pathognomonique de la maladie, et certains
de ces éléments peuvent disparaître sous
traitement, notamment sous anti-inhibiteurs
calciques.
Doppler
cardiaque :
systole
: l'obstacle à l'éjection se traduit par
une accélération sanguine anormale dans
la chambre de chasse du ventricule gauche.
Cet examen Doppler permet de préciser si
il existe une très forte accélération du
sang, notamment en fin de systole ou pouvant
atteindre 4 à 5 mètres secondes dans la
chambre de chasse. L'aspect de cette accélération
sanguine au Doppler continu est typique
de la maladie, avec un aspect "en lame de
sabre".
en diastole
: les anomalies existent mais sont plus
difficiles à mettre en exergue par l'échographie.
L'étude par Doppler pulsé du remplissage
ventriculaire gauche est en faveur d'un
trouble de la compliance du ventricule gauche
par rigidité pariétale.
les épreuves pharmacologiques par la trinitrine
sublinguale permet du fait de la diminution
de la pré et de la post charge de dévoiler
parfois l'obstacle à l'éjection systolique
et l'apparition d'un gradient intraventriculaire.
6
Exploration hémodynamique et angiographique
6.1
Cathétérisme droit :
Il est habituellement normal mais sans diminution
du débit cardiaque et sans hypertension
artérielle pulmonaire.
6.2
Cathétérisme gauche :
Il permet de mettre en évidence le gradient
de pression intra ventriculaire gauche.
Il existe un gradient de pression méso ou
télésystolique entre la pointe et la chambre
de chasse du ventricule gauche. Des épreuves
pharmacologiques peuvent être effectuées
notamment (ISOPRENALINE,TRINITRINE).
6.3
Angiographie ventriculaire gauche :
Il confirme l'absence de dilatation de la
cavité ventriculaire et permet, en oblique
antérieure droite de démontrer l'aspect
de bifocalisation systolique caractéristique
de la maladie. La ventriculographie permet
de confirmer le caractère habituellement
peu volumineux de l'insuffisance mitrale.
6.4
Coronographie :
Elle est systématiquement effectuée en raison
de la fréquence de l'ischémie myocardique
dont l'origine est multifactorielle. On
ne retrouve que très rarement une atteinte
coronarienne significative.
7
Evolution :
fibrillation auriculaire dans 5 à 10% des
cas pouvant révéler la maladie .
insuffisance cardiaque avec multiples poussées
d'insuffisance cardiaque congestive au décours
d'accélération du rythme cardiaque.
Mort subite, elle survient habituellement
chez le sujet jeune, le plus souvent pendant
ou après l'effort et les mécanismes sont
mal connus, chute des résistances à l'effort,
ischémie d'effort, augmentation brutale
du gradient intra ventriculaire gauche ou
troubles du rythme ventriculaire.
8
Traitements :
A
Contre-indication :
arrêt du sport et des efforts violents
pas de digoxine, pas d'inotropes positifs,
pas de vasodilatateurs artériels et de dérivés
nitrés.
B
Moyens :
B.1
Médicamenteux :
Trois classes médicamenteuses sont à retenir
pour diminuer les stigmates de l'obstruction
ventriculaire gauche : les Béta bloquants,
les inhibiteurs calciques et la disopiramyde
.
les Béta-bloquants permettent une amélioration
de la symptomatologie d'atteinte 30 à 50
% des cas,
les inhibiteurs calciques, la molécule de
choix sera le VERAPAMIL.
la disopiramyde aurait (Rytmodan) un double
intérêt , efficace sur les arythmies auriculaires
et ventriculaires ainsi qu'un effet inotrope
négatif.
Enfin la cordarone
et les anti vitamines K peuvent être discutées.
La cordarone en cas de récidive trouble
du rythme auriculaire et l'anticoagulation
en cas de rythme supra-ventriculaire et
d'antécédents d'accident ischémique systémique
ou d'ischémie.
B.2 Cardiologie interventionnelle
:
B.2.1 Stimulation
:
La stimulation cardiaque permanente double
chambre est un traitement plus récent, s'adressant
aux patients symptomatiques, le mécanisme
possible pouvant expliquer le bénéfice thérapeutique
non démontré au long terme serait le septum
paradoxal, la diminution de contractilité
ou l'activation septal, basal retardée.
B. 2.2 L'alcoolisation
de la première septale :
La participation du septum dans la genèse
du gradient ventriculaire gauche est quasi
constante ; sa réduction obtenue grâce à
la destruction de ce septum pourrait être
une alternative à la myectomie chirurgicale
et à la stimulation double chambre.
B.3
Chirurgie :
Myotomie du septum inter ventriculaire basal
par aortotomie sous circulation extra corporelle.
Ce traitement n'est à proposer qu'en cas
d'alternative aux échecs du traitement médical,
il permettrait une amélioration fonctionnelle
à court terme dans 80% des cas.
Elle n'est réservée bien sur qu'aux patients
porteurs d'un gradient intra-ventriculaire
majeur.
CARDIOMYOPATHIES
RESTRICTIVES
1 Généralités :
Les cardiomyopathies
sont rares, caractérisées par l'altération
du remplissage ventriculaire avec dysfonction
diastolique par réduction du volume diastolique
d'un ou des deux ventricules avec une fonction
systolique conservée.
Les manifestations cliniques et hémodynamiques
sont très proches de celle de la péricardite
constrictive. L'amylose est la cause la
plus fréquente de cette maladie de l'endocarde
et du myocarde.
En règle générale, la cardiomyopathie restrictive
est une maladie sporadique. Il existe dans
les régions tropicales des causes de cardiomyopathies
restrictives comme la fibrose endomyocardique
avec sa forme européenne, la maladie de
LOEFFLER.
2 Diagnostic :
La présentation clinique
est peu spécifique. A un stade évolué, bien
sûr, tous les signes cliniques de l'insuffisance
cardiaque hormis la cardiomégalie, sont
retrouvés. Il existe parfois en cas d'amylose
notamment, des signes d'angor.
Les manifestations thrombo-emboliques sont
particulièrement fréquentes dans un tiers
des cas, dans cette forme de cardiomyopathie.
3
Pronostic :
Quelque soit l'étiologie de la myopathie
restrictive, le diagnostic est très sévère
avec une mortalité précoce très importante,
notamment chez l'enfant.
Chez l'adulte, hormis l'amylose sénile,
le décès à un an est majoritaire.
4 Examens complémentaires
:
4.1
La radiographie thoracique :
absence de cardiomégalie,
épanchement pleural uni ou bilatéral.
4.2 Electrocardiogramme
:
Hypertrophie ventriculaire gauche,
anomalie de la repolarisation,
fibrillation auriculaire.
4.3 Examens biologiques
:
Ils ne sont réalisés
qu'en fonction de l'orientation clinique,
notamment une recherche d'éosinophilie à
la numération formule sanguine pour la fibrose
endomyocardique ou la maladie de Loeffler,
le dosage du fer sérique et de la ferritine
en cas d'hémochromatose., enfin, tous les
examens immunologiques pour orienter dans
un contexte dysimmunitaire vers une sclérodermie
ou une sarccoïdose.
4.4 Echocardiographie
:
4.4.1 Echocardiographie bi-dimensionnelle
:
comblement de la pointe du ventricule gauche
et du ventricule droit dans la fibrose endomyocardique
.
aspect granité brillant des parois dans
l'amylose cardiaque
dilatation auriculaire et veineuse très
importante sans dilatation ventriculaire
conservation de la fonction systolique ventriculaire
gauche, normalité de l'état des valves aorto-mitrales
et du péricarde.
4.4.2
Doppler cardiaque :
Ce Doppler permet de rechercher la dysfonction
diastolique et le syndrome restrictif.
Il existe plusieurs signes :
anomalie de la relaxation
temps de relaxation iso-volumique allongée
modification du rapport E sur A, avec augmentation
de la composante atriale (onde A)
diminution de la composante systolique et
augmentation de la composante diastolique
au niveau du flux des veines pulmonaires
comme au niveau du flux des veines sus hépatiques.
5 Cathétérisme cardiaque
:
5.1 Cathétérisme
droit :
pression artérielle
pulmonaire normale ou augmentée,
augmentation de la pression diastolique
ventriculaire droite,
aspect de dip-plateau,
index de débits cardiaques normaux ou diminuées
de manière minime.
5.2 Cathétérisme
gauche :
augmentation
de la pression télé diastolique du ventricule
gauche (PTDVG)
absence d'égalisation des pressions diastoliques
ventriculaires droites et ventricule gauche
(diagnostic différentiel de la péricardite
chronique constrictive)
5.3 Ventriculographie
et coronographie :
absence de dilatation
du ventricule gauche,
fraction de l'éjection normale,
artères coronaires angiographiquement normales.
5.4 Biopsie endomyocardique
:
Elle a un intérêt
essentiellement pour le diagnostic différentiel
entre les deux pathologies voisines que
sont la péricardite chronique constrictive
et la cardiomyopathie restrictive.
Mais il faut noter
que le diagnostic étiologique des cardiopathies
restrictives est souvent accessible par
d'autres prélèvements :
biopsie ganglionnaire : sarcoidose,
biopsie hépatique : hémochromatose,
biopsie gingivale : amylose.
6 Traitements :
6.1 Traitements
symptomatiques :
les diurétiques
et les vasodilatateurs sont à éviter, du
fait du risque d'hypotension
les digitaliques ne sont indiqués qu'en
cas de fibrillation auriculaire et sont
contre
indiqué
en cas d'amylose, en raison de la sensibilité
particulière de ces patients, à ces molécules
(il pourrait s'agir d'une fixation sélective
de la digoxine sur les fibrilles amyloïdes
avec risque d'arythmie grave),
stimulateur cardiaque définitif en cas de
troubles conductifs sévères,
traitement anticoagulant en cas de thromboses
intra-cavitaires ou d'embolies artérielles
ou pulmonaires documentées.
6.2 Traitement
spécifique :
Dans l'amylose
primitive, l'association thérapeutique Melfalan
Prédnisone a permis de trouver un bénéfice
significatif en terme de survie.
L'hémochromatose grâce aux saignées et à
la chélation a permis de retarder l'évolution
de ces patients.
La sarcoïdose et la sclérodermie peuvent
être traitées par corticothérapie.
6.3 Transplantation
cardiaque :
Il existe peu
d'indications de transplantation cardiaque
dans le cadre des cardiomyopathies restrictives,
notamment en raison de la récidive de l'amylose
sur le greffon.
CARDIOMYOPATHIE
DILATEE PRIMITIVE
1
- Introduction
Cette maladie est caractérisée par
une dilatation ventriculaire de causes indéterminées
probablement hétérogènes et multifactorielles.
La notion de facteurs métaboliques, toxiques,
infectieux, inflammatoires et génétiques
prennent tous leurs sens .
Il s'agit d'un syndrome de dilatation ventriculaire
gauche ou biventriculaire avec augmentation
de la masse ventriculaire qui peut atteindre
jusqu'à 800 à 1000 grammes associé à une
altération de la fonction systolique gauche
avec un certain degré de dysfonction diastolique.
La définition exclue bien sur toute les
atteintes cardiaques secondaires à une étiologie
primitive ischémique, valvulaire ou congénitale
.
Les données épidémiologiques concernant
la cardiomyopathie dilatée sont d'interprétation
difficile. En tout cas, il s'agit d'un réel
problème de santé publique avec une fréquence
et une gravité de cette pathologie nécessitant
de multiples hospitalisations et des traitements
lourds.
Son incidence est de 5 à 8 %000 par an et
les données récentes montrent qu'il existe
une augmentation de cette incidence.
Bien sur le pronostic est sévère avec une
mortalité équivalente à toute insuffisance
cardiaque c'est à dire une mortalité supérieure
à 50 % à 5 ans, qui pourra peut être, être
réduite grâce aux bêtabloquants .
Il faut rappeler que la cardiomyopathie
dilatée demeure la première cause de transplantation
cardiaque en France et qu'il existe une
amélioration du pronostic depuis l'amélioration
du diagnostic et du traitement.
On sait que les facteurs favorisant de ces
pathologies sont représentés par un facteur
familial et/ou génétique dans environ 20
% des cas avec un mode de transmission autosomal
dominant ou récessif voir lié au chromosome
X.
Il existe de plus des notions de facteurs
infectieux notamment les entérovirus et
le virus HIV.
2
- Diagnostic
2.1 Circonstance
de découverte :
La maladie est parfois repérée uniquement
de manière fortuite chez un patient asymptomatique
en bilan pré-opératoire ou sur la constatation
d'anomalies électrocardiographiques ou de
la radiographie pulmonaire.
2.2
Interrogatoire :
Il est primordial d'interroger le patient
en ce qui concerne ses antécédents familiaux
et personnels :
les antécédents familiaux : cardiopathie
dilatée , antécédent de mort subite, antécédent
d'infections neuro musculaires.
les antécédents personnels : infectieux,
dysimmunitaires , inflammatoires.
D'autre part, il est nécessaire d'une part
de récupérer tous les examens complémentaires
effectués par le patient dans les années
précédents le diagnostic et d'autre part
de noter tous ces facteurs de risque cardio-vasculaire,
notamment les consommations addictives ou
de prise de drogue.
2.2.1 Symptomatologie
fonctionnelle :
dyspnée d'effort à quantifier selon la classification
NYHA
dyspnée paroxystique, dyspnée nocturne,
dyspnée décubitus
signe d'insuffisance ventriculaire droite,
oedèmes périphériques, prise de poids, hépatalgie,
reflet hépato-jugulaire .
asthénie, fatigue.
douleurs thoraciques multiples atypiques
palpitations
récidive d'embolies périphériques, d'insuffisance
rénale ou d'accident vasculaire cérébraux.
2.2.2 Examen physique
:
L'examen clinique
du patient retrouve peu d'anomalies si ce
n'est en période aigu.
Il faut bien sur noter la tension artérielle,
la tachycardie, ainsi que la déviation du
choc de pointe à gauche, la notion ou non
de galop.
De plus, l'auscultation cardiaque peut retrouver
un souffle d'insuffisance mitrale fonctionnelle,
voire d'insuffisance tricuspidienne.
La palpation et l'inspection permettront
de retrouver les signes d'IVD avec distension
jugulaire, flux hépato-jugulaire, l'hépato
mégalie, oedème des membres inférieurs voir
ascite ou anasarque .
Les signes de gravité que sont la tension
artérielle basse et pincée, le pouls alternant,
les râles crépitants, les épanchements pleuraux
et les marbrures des genoux et des extrémités
sont à rechercher systématiquement chez
ces patients pouvant être à un stade évolué
de la maladie et en bas débit.
3 Examens complémentaires
usuels
3.1 Radiographie
thoracique :
cardiomégalie,
augmentation de l'index cardiothoracique
épanchement pleuraux
oedème alvéolaire interstitiel bilatéral
hypertension artérielle pulmonaire (dilatation
des artères pulmonaires)
3.2 Electrocardiogramme
:
tachycardie sinusale
ou fibrillation auriculaire
anomalies non spécifiques du segment ST
hypertrophie ventriculaire gauche avec lobe
de branche gauche, complément incomplet
troubles du rythme ventriculaire
diminution d'amplitude des ondes R parfois
aspect QS en précordial
biologie, il est uniquement nécessaire d'effectuer
un bilan du retentissement de la déchéance
myocardique avec une nécessité d'éliminer
une insuffisance rénale fonctionnelle et
d'une perturbation du bilan biologique hépatique.
3.3 Echocardiographie
Doppler :
L'échographie
cardiaque est bien sur le mode d'exploration
le plus courant et le plus utilisé pour
le diagnostic paraclinique de cardiomyopathie
dilatée.
Cet examen est l'un des plus performants
pour mettre en évidence la dilatation ventriculaire
gauche ou bi-ventriculaire avec augmentation
du diamètre télédiastolique ventriculaire
gauche chez le patient.
L'échocardiographie permet bien sur de quantifier
d'une part l'importance de l'altération
de la fonction systolique mais aussi d'apprécier
d'une part l'importance des fuites valvulaires
fonctionnelles et d'estimer les pressions
cardiaques droites.
De plus, l'échocardiographie permet de dépister
les épanchements péricardiques et les éventuelles
thrombi-intracavitaires fréquents dans ces
pathologies dilatées.
Il faut donc noter d'une part :
1. dilatations
des cavités cardiaques :
augmentation
du diamètre télédiastolique et du diamètre
télésystolique avec des valeurs pathologiques
au delà de 55 mm pour le diamètre et le
diastolique.
dilatations ventriculaires
droites et de l'oreillette droite.
2. diminution de fraction
de raccourcissement ou d'éjection
3.
hypokinésie globale avec parfois hypokinésies
segmentaires pouvant faire suspecter l'origine
ischémique coronaire .
épaisseur des parois ventriculaires gauche
, normale avec parfois épaisseur septale
plutôt diminuée
estimation de la fraction d'éjection et
des indices de débit.
3.4 La scintigraphie
cavitaire est
mesurée par une injection intraveineuse
d'un tracé radioactif et permet d'évaluer
la fraction de l'éjection ventriculaire
gauche et droite et d'évaluer les volumes
ventriculaires de manière reproductible.
3.5 La coronographie
et le cathétérisme gauche :
Ces examens invasifs
sont obligatoires et permettent bien sur
d'éliminer en toute circonstance l'atteinte
ischémique en premier lieu.
La revascularisation coronaire pouvant bien
sur améliorer les symptômes et le pronostic,
il est donc nécessaire d'effectuer une coronographie
. L'aspect classique de l'arbre coronaire
dans la cardiomyopathie dilatée est celle
de l'arbre mort.
Le cathétérisme droit et le cathétérisme
gauche permettent d'une part d'évaluer les
élévations des pressions artérielles pulmonaires
et donc de la pression capillaire et d'autre
part d'estimer une diminution de l'index
cardiaque et du débit cardiaque .
Le cathétérisme gauche permet de retrouver
une élévation de la pression télédiastolique
du ventricule gauche avec conjointement
à l'angiographie ventriculaire gauche de
démontrer la présence d'une dilatation cavitaire
(avec une diminution de la fraction d'éjection)
et constatation d'une hypocinésie globale.
L'angiographie ventriculaire gauche permet
aussi d'éliminer et de quantifier l'insuffisance
mitrale. Il n'est pas effectuer de manière
systématique de biopsie endomyocardique
pour rechercher des signes histologiques
pouvant faire orienter vers une étiologie
spécifique .
4. Autres examens :
4.1 L'épreuve
d'effort avec mesure de la consommation
d'oxygène permet une approche objective
de la symptomatologie d'effort et permettra
de suivre le patient de manière régulière
jusqu'au stade de la transplantation cardiaque
.
4.2 Le
Holter ECG permet de quantifier l'hyperexcitabilité
ventriculaire et permet bien sur de détecter
toute tachycardie ventriculaire non soutenue
fréquente chez ces patients.
5 Evolution :
Le diagnostic n'est
pas établi que lors d'une poussée aiguë
d'insuffisance cardiaque , il arrive fréquemment
qu'une cardiomyopathie dilatée ne soit diagnostiquée
qu'à un stade tardif à l'évolution de la
maladie .
Généralement, le premier épisode répond
favorablement au traitement médical qui
permet un suivi régulier cardiologique avec
instauration d'un traitement conventionnel
permettant de stabiliser le patient.
L'évolution s'effectue bien sur vers la
dégradation progressive émaillée de rémission
et de poussées plus ou moins prolongées.
Un quart des patients décèdent dans l'année
de leur admission et la moitié décédera
dans les 5 ans qui suivent .
On retrouve parfois lors de la correction
des facteurs de risque notamment de l'éthylisme,
une amélioration de la fonction ventriculaire
gauche.
Les épisodes d'insuffisance cardiaque sont
généralement déclencher par des facteurs
favorisant notamment les surinfections bronchiques,
la grippe, l'inobservance du traitement
.
L'histoire naturelle de cette pathologie
est bien sur très variable et dépend bien
sur du mécanisme pathogénique de la cardiopathie
de la durée, de la sévérité et de la progression
de la maladie selon les traitements suivis.
Il n'est pas rare de retrouver des formes
totalement asymptomatiques avec une absence
de dégradation de l'état clinique pendant
plusieurs années.
Une prise en charge plus précoce et les
traitements plus efficaces devraient permettre
d'améliorer le pronostic de ces patients,
notamment grâce aux inhibiteurs de l'enzyme
de conversion et aux bêtabloquants.
6 Traitement :
Les moyens du traitement
sont bien sur celui du traitement de l'insuffisance
ventriculaire gauche, associant dose maximale
tolérée de l'enzyme de conversion, dose
adaptée de diurétique associée à un bêtabloquant
et à la spironalactone.
Il est bien sur tout à fait nécessaire d'effectuer
des règles hygièno-diététique strictes permettant
d'éliminer les facteurs favorisant des décompensations.
Le traitement anticoagulant doit être proposé
de manière systématique si la fraction d'éjection
est inférieur à 15 % et qu'il existe une
notion d'accident thromboembolique.
L'adaptation à l'effort peut être aussi
proposée à ces patients, notamment pour
permettre l'amélioration de la tolérance
clinique de leur pathologie.
En cas de décompensation, les molécules
inotropes positifs sont bien sur prescrits
mais sont délétères au long terme (Dobutamine,
inhibiteurs de la phosphodiestérase).
En cas de déchéance myocardique importante,
l'assistance ventriculaire puis la transplantation
cardiaque peut être proposée chez ces patients.
La cardiomyopathie dilatée représente bien
sur l'indication principale des transplantations
cardiaques et les résultats de survie en
France sont bons avec une survie de 1 an
à 73 % et une survie à 5 ans de 60 %.
Bien sur, du fait de la carence du don d'organes,
il existe un nombre limité de patients à
greffer dans cette indication.
Il est donc nécessaire d'effectuer notamment
par épreuve d'effort une sélection des patients
âgés de moins de 65 ans.
D'autres voies de recherche sont en cours
pour un traitement alternatif de la greffe
avec des assistances circulatoires, une
stimulation cardiaque multisite, une thérapie
cellulaire ou génique.
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