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LES
POINTS FORTS A RETENIR: |
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- Les souffles cardiaques
sont très fréquents
chez l’enfant, plus que
chez l’adulte. Les souffles
systoliques asymptomatiques
découverts dans la 2ème
enfance correspondent le plus
souvent à des souffles
anorganiques, ou souffles «
innocents », ou «
normaux », qui sont l’apanage
de l’enfant et de l’adolescent.
Dans les pays occidentaux, les
cardiopathies organiques de
l’enfant sont pratiquement
toujours liées à
des malformations congénitales,
les valvulopathies rhumatismales
ayant disparu. Il existe également
quelques cas, rares, de cardiomyopathie
hypertrophique ou dilatée.
- Les syndromes polymalformatifs,
à caryotype normal ou
anormal, s’accompagnent
fréquemment de malformations
cardio-vasculaires, qui doivent
être recherchées
systématiquement dans
ces contextes.
- Dans la majorité des
cas, un bon examen clinique
et une auscultation soigneuse
permettent de préciser
l’origine d’un souffle,
organique ou fonctionnel. Au
moindre doute, l’échocardiogramme-Doppler,
qui est l’examen clé
du diagnostic, sera indiqué.
- Il n’y a pas toujours
de parallélisme entre
l’intensité d’un
souffle et la gravité
de la cardiopathie. Une cardiopathie
grave, engageant le pronostic
vital, peut ne pas s’accompagner
de souffle. A l’inverse,
certaines cardiopathies mineures,
comme les petites communications
inter ventriculaires, peuvent
générer des souffles
intenses.
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La découverte d’un souffle
cardiaque est une éventualité
très fréquente chez l’enfant,
plus encore que chez l’adulte, bien
que les cardiopathies organiques y soient
plus rares. En effet, un souffle précordial
peut être diagnostiqué chez
l’enfant dans plusieurs types de circonstances
:
- un souffle peut être en relation
avec une malformation cardiaque congénitale,
qui touche 1 à 2 % des enfants à
la naissance ;
- plus fréquemment, il s’agit
d’un souffle fonctionnel, dit encore
« anorganique », ou mieux «
innocent » ou « normal »,
sans aucun substrat anatomique, et qui est
rencontré au cours de l’enfance
chez 1/3 à la moitié des enfants
d’âge scolaire ! Ces souffles
parfaitement bénins, sont parfois
encore entendus à l’adolescence,
voire chez l’adulte jeune, mais ils
finissent par disparaître avec l’âge,
et n’existent plus chez l’adulte
d’âge mûr ;
- rarement, le souffle peut être en
relation avec une cardiomyopathie ou une
myocardite aiguë ;
- par contre, les cardiopathies acquises
sont exceptionnelles chez l’enfant,
du moins dans les pays occidentaux, où
les valvulopathies rhumatismales ont totalement
disparu depuis l’éradication
du rhumatisme articulaire aigu. Il n’en
est pas de même dans les pays en voie
de développement, dans lesquels l’endémie
rhumatismale persiste..
PARTICULARITÉS DE L'AUSCULTATION DE L'ENFANT
L’auscultation n’est pas toujours
facile chez le petit enfant, car le cœur
est rapide et l’auscultation est souvent
gênée par les cris, les pleurs
et l’agitation ... Il faut prendre
le temps de calmer l’enfant ; chez
le nourrisson, il est souvent judicieux
de commencer l’auscultation pendant
que l’enfant est dans les bras de
l’un des parents, ou assis sur ses
genoux pour les plus grands, voire pendant
le biberon. Il faut utiliser tous les petits
moyens pour distraire l’enfant : jouets,
sucette, etc.
Il est recommandé d’utiliser
un stéthoscope pédiatrique
pour l’auscultation des jeunes enfants.
Le rythme cardiaque de l’enfant est
rapide, et souvent irrégulier, car
l’arythmie sinusale respiratoire,
parfaitement normale, peut être très
marquée, et peut donner à
l’auscultation l’impression
d’un rythme irrégulier. En
cas de doute, l’ECG confirmera le
rythme sinusal et permettra d’exclure
un trouble du rythme.
Un dédoublement du 2ème
bruit le long du bord sternal gauche, variable
avec la respiration, est fréquent,
et n’a pas de signification pathologique,
car il existe un asynchronisme physiologique
de fermeture des valves aortique et pulmonaire.
Il est en général bien entendu
en inspiration, beaucoup moins en expiration.
D’ailleurs, la présence d’un
dédoublement de B2 permet d’affirmer
l’existence de 2 valves artérielles
fonctionnelles. Par contre, un dédoublement
large et fixe de B2, ne variant pas avec
les mouvements respiratoires, est anormal,
lié soit à une surcharge volumétrique
du ventricule droit, comme dans les communications
inter auriculaires, soit à un trouble
de conduction intra ventriculaire, comme
dans les blocs de branche droit, qui occasionnent
un retard important de fermeture des sigmoïdes
pulmonaires.
Une accentuation du 2ème
bruit le long du bord sternal gauche
peut correspondre soit à une hypertension
artérielle pulmonaire (HTAP), soit
à une malposition des gros vaisseaux
: lorsque c’est l’aorte qui
est le vaisseau antérieur, comme
dans les transpositions des gros vaisseaux,
le 2ème bruit est accentué.
Un 3ème bruit ou B3
est fréquent à l’apex
chez l’enfant (50% des cas); il est
physiologique et correspond au bruit du
remplissage protodiastolique rapide du VG
très compliant de l’enfant.
La constatation d’un bruit
surajouté de type clic n’est
pas exceptionnelle chez l’enfant :
soit il s’agit d’un clic mésosystolique
apexien en relation avec un prolapsus mitral,
ou plus souvent d’un clic protosystolique,
bruit bref et aigu qui suit immédiatement
B1 et qui traduit la présence d’une
sténose valvulaire sur l’un
des gros vaisseaux, aorte ou artère
pulmonaire (la présence d’un
clic permet d’affirmer le siège
valvulaire de l’obstacle : le clic
est lié au claquement d’ouverture
de l’orifice sténosé,
qui est souple et qui s’ouvre «
en dôme » (ce type de clic n’est
jamais entendu dans les sténoses
aortiques de l’adulte d’âge
mûr, lorsque les valves sont calcifiées).
Ne
pas oublier qu’il n’y a en général
pas de corrélation entre
l’intensité d’un souffle
et la gravité de la maladie sous-jacente.
Des malformations cardiaques graves, mettant
en jeu le pronostic vital, peuvent ne pas
s’accompagner de souffle, comme la
transposition des gros vaisseaux sans malformation
associée chez le nouveau-né,
ou les larges shunts gauche-droite avec
HTAP sévère (lorsqu’il
y a égalité de pressions entre
cavités gauches et droites, le shunt
s’annule et le souffle disparaît).
A l’inverse, une petite communication
inter ventriculaire (CIV) sans aucun retentissement,
peut générer un souffle intense
(« beaucoup de bruit pour rien »,
disaient les anciens..).
CIRCONSTANCES
DE DÉCOUVERTE
1 - Soit des
symptômes attirent l’attention
vers le coeur et font suspecter une cardiopathie
:
Chez le nouveau-né, il peut s’agir
d’une cyanose ou d’une insuffisance
cardiaque, voire des 2 associées.
Chez le nourrisson : mêmes symptômes,
ou difficultés alimentaires, retard
staturo-pondéral, polypnée,
infections pulmonaires à répétition…
Chez l'enfant plus grand : mêmes symptômes
que précédemment mais plus
rarement, ou dyspnée d'effort, fatigabilité,
rarement syncope ou douleur thoracique d'effort
(obstacle à l’éjection
du ventricule gauche : sténose aortique
ou cardiomyopathie obstructive).
2 - Soit ce sont
des anomalies de l'examen clinique cardiovasculaire
qui orientent vers une cardiopathie, même
en l’absence de symptômes :
Le plus souvent c'est un souffle cardiaque
découvert à un âge variable
ou une anomalie des bruits du cœur.
Plus rarement, ce peut être l'absence
d'un pouls, surtout fémoral qui oriente
d’emblée vers une coarctation
aortique, ou un trouble du rythme à
l'auscultation, etc...
2 - Soit il existe
un contexte particulier justifiant la recherche
à titre systématique d'une
atteinte cardiaque, qu’il y ait ou
non un souffle :
Syndrome polymalformatif (aberration chromosomique,
notamment trisomie 21, dans laquelle il
existe une malformation cardiaque dans les
¾ des cas, canal atrio-ventriculaire
le plus souvent ; syndrome de Turner, dans
lequel il faut rechercher des anomalies
aortiques, notamment coarctation…).
Contexte de maladie génétique
familiale pouvant toucher le cœur ou
les gros vaisseaux, comme le syndrome de
Marfan, ou présence de plusieurs
cas de cardiopathie congénitale dans
la famille proche…
Dans
ces circonstances, il faut adresser l'enfant
au cardiopédiatre qui pratiquera
un examen clinique, un ECG et une radiographie
de thorax et décidera au terme de
cet examen de la conduite à tenir
:
soit
arrêt des investigations (absence
de cardiopathie, souffle innocent ) ,
soit
échocardiogramme-Doppler qui débouchera
:
sur
un arrêt des investigations (pas de
cardiopathie, ou surveillance simple),
ou
sur un cathétérisme qui amènera
à la chirurgie ou à un acte
de cathétérisme interventionnel,
ou à la temporisation ou à
d'autres examens (Holter, épreuve
d'effort, IRM cardiaque ou scanner multibarettes),
ou
sur un geste chirurgical d'emblée
(sans cathétérisme préalable).
.
CLINIQUE
1 . Signes fonctionnels
:
-
Il sont souvent absents, notamment en cas
de souffle innocent, ou de cardiopathie
bénigne (communication inter auriculaire,
petite communication inter ventriculaire,
etc..), voire de cardiopathie plus complexe
opérée avec succès.
-
La dyspnée d’effort est le
symptôme le plus commun. Il faut en
faire préciser soigneusement l’intensité,
car elle est souvent majorée par
des parents inquiets du « souffle
au cœur ». Faire préciser
le niveau d’activité de l’enfant,
ses activités sportives scolaires
et extrascolaires, la tolérance aux
sports qu’il affectionne…
-
Les malaises sont un motif de consultation
fréquent chez l’enfant. Ils
sont assez rarement d’origine cardiaque.
Chez le petit nourrisson, il peut s’agir
de spasmes du sanglot, survenant électivement
lors des cris ou des colères ; chez
l’enfant plus grand et l’adolescent,
les malaises d’origine vagale sont
communs : la description des circonstances
de survenue et des symptômes suffit
en général à affirmer
le diagnostic. Les syncopes d'effort des
obstacles aortiques congénitaux sont
rares : la survenue des syncopes à
l’effort est a priori suspecte et
doit amener à réaliser un
échocardiogramme, voire une épreuve
d’effort si l’enfant est assez
grand pour réaliser le test. Les
syncopes du bloc auriculo-ventriculaire
congénital ou des anomalies électriques
congénitales (syndrome du QT long,
syndrome de Brugada…) sont diagnostiquées
par l’ ECG et le Holter.
-
Les douleurs thoraciques sont exceptionnellement
d’origine cardiaque chez l’enfant,
contrairement à l’adulte. Les
douleurs d’effort des obstacles aortiques
congénitaux sont exceptionnelles,
rencontrées dans de rares cas d’obstacle
sévère. La plupart du temps,
il s’agit de points de côté,
de « coups d’aiguille »,
de douleurs localisées sous mammaires
gauches qui sont à l’évidence
d’origine neurotonique.
.
2. Caractères
du souffle :
Comme chez l’adulte, il faut préciser
(cf chapitre de sémiologie) :
- le temps du souffle, systolique, diastolique,
systolo-diastolique ou continu ; double
souffle, systolique et diastolique, différent
du précédent ;
- sa durée pour un souffle systolique
(souffle éjectionnel ou de régurgitation)
;
- son intensité et son caractère
frémissant ou non;
- sa topographie sur le thorax ; penser
à ausculter et à rechercher un frémissement
dans le creux sus-sternal, dans les aisselles,
dans les vaisseaux du cou, le dos…
- ses irradiations;
- les modifications éventuelles des bruits
du cœur associées.
Ces
caractéristiques orientent déjà
assez facilement le diagnostic :
- un souffle diastolique ou un double souffle
est toujours organique ; les souffles innocents
sont presque toujours systoliques, plus
rarement systolo-diastoliques, entendus
alors dans les vaisseaux du cou et variables
avec les mouvements de rotation de la tête
(souffle « veineux » du cou,
à ne pas confondre avec un canal
artériel) ;
- un souffle frémissant est toujours
organique ;
- les souffles holosystoliques, qui occupent
donc toute la systole, correspondent à
une régurgitation valvulaire, mitrale
ou tricuspide, ou à une communication
inter ventriculaire. Les souffles éjectionnels,
distants de B1 et B2, traduisent en général
la présence d’un obstacle sur
les gros vaisseaux ;
- un souffle innocent est toujours bref
dans la systole ; un souffle holosystolique,
de régurgitation, relève d’une
cause organique ;
- un souffle entendu et/ou frémissant
dans le cou et en sus-sternal est probablement
lié à un obstacle aortique
; un souffle entendu dans le dos évoque
un obstacle pulmonaire ; un souffle irradiant
dans toutes les directions ou « panradiant
» à partir de la région
mésocardiaque évoque une communication
inter ventriculaire ;
- un souffle variable dans le temps et avec
la position est pratiquement toujours innocent,
mais ce caractère variable des souffles
anorganiques est inconstant ;
- les souffles innocents irradient peu.
Un souffle bruyant, irradiant largement,
est a priori organique ;
- Les souffles diastoliques sont plus difficiles
à entendre. Un souffle protodiastolique
correspond à une régurgitation
valvulaire, aortique ou pulmonaire. Les
bruits méso ou télédiastoliques
sont en général de basse tonalité
et sont plutôt appelés «
roulements » ; ils correspondent à
des sténoses des valves atrio-ventriculaires,
ou plus souvent à un hyperdébit
à travers la valve lié à
un shunt gauche-droite ;
3. Signes associés
:
- La
cyanose est une coloration bleutée
des téguments et des muqueuses qui
apparaît lorsque le sang capillaire
contient au moins 5g d'hémoglobine
réduite pour 100 ml. Dans le cas
des cardiopathies congénitales, il
s'agit d'une cyanose par court-circuit dû
au passage de sang veineux désaturé
dans le sang artériel aortique du
fait d’une malformation cardiaque
nécessairement complexe. Cliniquement,
une cyanose discrète (Sat O2 transcutanée
> 80 à 85%) peut être de
diagnostic difficile, même pour un
œil averti. Elle est plus visible au
niveau des extrémités et des
muqueuses (ongles des mains et des pieds,
lèvres, oreilles, langue). Elle peut
être intermittente, n'apparaissant
qu'à l'effort (cris, biberons chez
le tout petit). Il faut dans tous les cas
la confirmer par la mesure de la saturation
transcutanée en O2.
- L’insuffisance cardiaque
est souvent moins typique chez l’enfant
que chez l’adulte : tachycardie, galop,
hépatomégalie, dyspnée
avec polypnée sont les signes les
plus fréquents; les oedèmes
périphériques sont rares.
- Des difficultés alimentaires, une
mauvaise prise des biberons, avec dyspnée
et sueurs, un retard staturo-pondéral
plus ou moins important sont fréquents
dans les larges shunts du nourrisson.
- Des anomalies de l’examen
physique, telles qu’une hypertension
artérielle (en se référant
aux chiffres normaux des enfants du même
âge), la non perception des pouls
fémoraux orientent d’emblée
vers une coarctation aortique.
La présence de l’un quelconque
de ces signes doit bien évidemment
suffire à envoyer l’enfant
au spécialiste, qui réalisera
un ECG, souvent un cliché de thorax
et un échocardiogramme dans tous
les cas.
- Des anomalies morphologiques évocatrices
de syndrome polymalformatif, des malformations
d’autres appareils, un retard psychomoteur
associé à une dysmorphie…
orientent vers un syndrome polymalformatif,
qui peut comporter une cardiopathie. Dans
tous les cas, une échographie
cardiaque systématique est indiquée
lors du bilan d’un syndrome polymalformatif,
qu’il y ait ou non des symptômes,
et qu’il y ait ou non un souffle.
4 . Examens complémentaires
:
4.1 - La radiographie
de thorax
- Une cardiomégalie
oriente vers une cardiopathie, sans qu’il
soit possible d’en préciser
la nature, malformative ou plus rarement
cardiomyopathie ou myocardite aiguë.
Il faut se méfier des « fausses
cardiomégalies » par superposition
de l’image du thymus sur la silhouette
cardiaque, fréquentes chez le petit
nourrisson avant l’involution du thymus.
- Une saillie de l’arc moyen gauche
évoque une dilatation du tronc de
l’artère pulmonaire et oriente
vers un shunt gauche-droite, alors qu’un
arc moyen gauche concave évoque une
hypoplasie de la voie pulmonaire proximale,
comme dans la tétralogie de Fallot.
- Un pédicule vasculaire étroit
évoque une anomalie de position des
gros vaisseaux (dans la transposition des
gros vaisseaux, l’aorte et l’artère
pulmonaire ont une orientation antéropostérieure,
et non côte à côte).
- Une hypervascularisation pulmonaire est
en faveur d’un hyperdébit pulmonaire,
donc d’une cardiopathie avec shunt
gauche-droite.
- Une hypovascularisation pulmonaire évoque
un obstacle sur la voie pulmonaire. Une
absence de visualisation du bouton aortique
au niveau de l’arc supérieur
gauche évoque une crosse aortique
à droite, etc.…
.
4.2 L’électrocardiogramme
(ECG)
- L’ECG
de l’enfant est différent de
celui de l’adulte ; il varie avec
l’âge, et un ECG doit toujours
être interprété en fonction
de l’âge de l’enfant.
- La fréquence cardiaque est d’autant
plus rapide que l’enfant est plus
jeune (parfois au-delà de 200/mn
lors des cris chez le nouveau-né).
Pendant la 2ème enfance, la fréquence
sinusale peut varier considérablement
avec les mouvements respiratoires : c’est
« l’arythmie sinusale respiratoire
», qui peut parfois donner à
l’auscultation l’impression
d’un trouble du rythme.
- L’axe de QRS est plus droit que
chez l’adulte, le délai PR
est plus court. Les ondes T sont positives
en précordiales droites à
la naissance et se négativent vers
la fin de la 1ère semaine; elles
demeurent négatives de V1 à
V4 pendant l’enfance.
- Un bloc de branche droit incomplet isolé
n’a pas de signification pathologique
chez le sujet jeune. Une préexcitation
ventriculaire (syndrome de Wolf Parkinson
White) est le plus souvent isolée,
plus rarement associée à certaines
cardiopathies congénitales, comme
la maladie d’Ebstein (implantation
anormalement basse de la tricuspide dans
le ventricule droit).
- En règle générale,
l’ECG, comme chez l’adulte d’ailleurs,
ne permet pas de porter un diagnostic précis,
mais permet de préciser s’il
existe une hypertrophie ventriculaire gauche
ou droite, un bloc de branche, etc…et
permet de déterminer le rythme cardiaque.
- Il est parfois nécessaire d’enregistrer
l’ECG de manière différente
de l’habitude, en cas de dextrocardie
(càd de pointe du cœur à
droite : dans ce cas, mettre les électrodes
des dérivations précordiales
« en miroir » par rapport au
sujet normal), ou de situs inversus (dans
ce cas, inverser les électrodes périphériques
+ les précordiales si dextrocardie
associée).
4.3
L’échocardiogramme -Doppler
:
- C’est l’examen clé
du diagnostic, qui permet en règle
de porter un diagnostic précis. Sa
qualité est constamment bonne chez
l’enfant, mais sa réalisation
est parfois rendue difficile par l’agitation
ou l’opposition du patient…L’échocardiogrammme-Doppler
est très généralement
limité à la voie transthoracique
chez l’enfant, l’écho
transœsophagienne, habituellement non
nécessaire chez l’enfant, ne
pouvant être réalisée
que sous anesthésie générale,
donc au cours d’un cathétérisme
cardiaque ou surtout en peropératoire.
- Chez l’enfant, outre la voie précordiale
(fenêtres parasternale gauche et apicale),
les voies sus-sternale et surtout sous-costale
sont très informatives, contrairement
à l’adulte.
- L’usage d’un appareillage
performant, de capteurs pédiatriques
spécifiques, la réalisation
de l’examen par un opérateur
expérimenté, rôdé
au diagnostic des cardiopathies congénitales,
qui sont différentes des maladies
cardiaques de l’adulte, sont des conditions
indispensables à l’obtention
d’ un diagnostic fiable chez l’enfant.
4.4 Autres examens para cliniques :
En fonction
du contexte, d’autres examens couramment
réalisés chez l’adulte
pourront aussi être faits chez l’enfant,
tels que :
Cathétérisme cardiaque,
dont les indications sont limitées
chez l’enfant pour le diagnostic.
L’examen est généralement
réalisé sous anesthésie
générale avant 10 ans. Il
est réservé au bilan préopératoire
des cardiopathies congénitales complexes,
ou alors pour le cathétérisme
interventionnel (pour dilatations valvulaires,
fermeture de canal artériel ou de
communication inter atriale, etc.…).
Épreuve d’effort,
sur bicyclette ergométrique à
partir de 10 ans environ, ou sur tapis roulant
chez les plus petits, pour tester la tolérance
à l’effort d’un obstacle
aortique, ou pour apprécier la capacité
d’effort en post-opératoire.
Holter ECG, en cas de troubles
du rythme pré ou post-opératoires.
IRM cardiaque, très
performante pour imager les gros vaisseaux
intra thoraciques, qui sont mal visualisés
par l’échographie dans leur
partie extracardiaque, et est donc très
complémentaire de l’écho.
Le scanner multibarettes jouera certainement
dans un avenir proche un rôle majeur
dans l’imagerie des cardiopathies
congénitales complexes.
PRINCIPALES CARDIOPATHIES
RENCONTRÉES EN FONCTION DE L'ÂGE
1. Chez le nouveau-né
(de la naissance à la fin du 2ème
mois) :
Souffle isolé chez un nouveau
né vu à la maternité
:
- Du fait de
la présence de pressions pulmonaires
encore élevées durant les
premiers jours de vie, la présence
d’un souffle très précoce
revêt un caractère plus pathologique
que lorsqu’il est entendu après
quelques jours (les cardiopathies simples,
telles que les shunts gauche-droite isolés,
ne soufflent qu’après quelques
jours ; ils sont typiquement responsables
des souffles entendus à l’examen
de sortie de la maternité, vers le
5ème jour de vie).
- Il est donc nécessaire
d’effectuer une échographie
cardiaque avant la sortie de la maternité
en cas de souffle entendu à J1 ou
J2.
- En cas de souffle isolé chez un
nouveau né vu à la maternité,
à J5, réaliser :
· un examen
clinique complet
· un ECG
· une radiographie
pulmonaire de face
· une échographie
cardiaque systématique, mais pas
nécessairement urgente.
Cardiopathies avec insuffisance
cardiaque:
- La coarctation préductale ou sténose
de l’isthme de l’aorte (à
la jonction de l’aorte transverse
et de la descendante :
représente 8 % des cardiopathies
congénitales. C’est une cardiopathie
« ducto-dépendante »,
c'est-à-dire dépendante du
canal artériel (ou ductus arteriosus)
: les symptômes n’apparaissent
qu’à la fermeture du canal
artériel et sont donc différés
de quelques jours par rapport à la
naissance, si bien que la palpation des
pouls fémoraux à la naissance
n’exclut pas le diagnostic. Le traitement
consiste à maintenir le canal artériel
ouvert par une perfusion de Prostaglandine
E1 en attendant la chirurgie urgente.
- Les autres causes de décompensation
cardiaque néo-natale sont plus rares
:
* Rétrécissement
aortique congénital critique,
* l’hypoplasie
du cœur gauche est devenue rare, car
elle est de nos jours dépistée
en anténatal et amène à
une interruption médicale de grossesse,
* autres situations
rares : retour veineux pulmonaire anormal
dans les cavités droites, etc…
Cardiopathies avec cyanose :
- La transposition
des gros vaisseaux est la cause la plus
classique, sinon la plus fréquente,
de cyanose néo-natale. Elle représente
le type même de l’urgence cardiologique
néo-natale. L’urgence consiste
à améliorer le « mixing
» du sang veineux et artériel
en maintenant les shunts physiologiques
néo-nataux (maintien du canal artériel
ouvert par la Prostaglandine E1, et création
d’une communication inter atriale
à l’aide d’un cathéter
à ballonnet), en attendant la chirurgie
de correction anatomique, qui doit être
réalisée dans les 10 premiers
jours de vie.
- Les cardiopathies complexes sont fréquentes,
très polymorphes (ventricule unique,
atrésie tricuspide, etc…).
Elles associent à des degrés
divers cyanose et défaillance cardiaque
suivant les cas
.
2 -Chez le nourrisson (de 2 mois à l’âge
de la marche) :
Cardiopathies avec insuffisance
cardiaque:
- Les
shunts gauche-droite dominent la scène.
Il peut s’agir le plus souvent de
communication inter ventriculaire (CIV)
large, de la persistance du canal artériel,
ou d’un canal atrio-ventriculaire,
cardiopathie habituelle du trisomique 21.
Ils n’occasionnent pas de cyanose,
mais causent un hyperdébit pulmonaire
et un bas-débit systémique.
Si le shunt est important, il existe des
difficultés de croissance, voire
une hypotrophie sévère, consécutive
au bas-débit systémique, et
surtout une hypertension artérielle
pulmonaire (HTAP) consécutive à
l’hyperdébit droit, avec le
risque d’HTAP irréversible
si le shunt est opéré trop
tard. Il est donc impératif d’opérer
tôt les nourrissons porteurs de larges
shunts, surtout CIV, en général
dans la 1ère année de vie,
avant l’apparition de lésions
artériolaires pulmonaires définitives
.
Cardiopathies avec cyanose :
- La
tétralogie de Fallot est
la cardiopathie cyanogène la plus
fréquente. La cyanose est en général
retardée dans ce cas, n’apparaissant
qu’après quelques semaines
ou mois. Elle associe 4 éléments,
dont les plus importants sont une large
communication inter ventriculaire et un
obstacle sévère sur la voie
pulmonaire
.
La correction chirurgicale se fait entre
6 mois et 1 an.
- Les cardiopathies complexes sont en général
déjà diagnostiquées
dès la période néo-natale,
voire en anténatal.
3. Dans la 2ème
enfance (de 2 à 16 ans) :
Les souffles « innocents » sont
les plus fréquents en cas de souffle
non entendu jusqu’alors (cf §
suivant).
Les cardiopathies malformatives sont plus
rarement dépistées à
cet âge, sauf cas particuliers (immigrés
récents, problèmes sociaux…).Il
s’agit en général de
cardiopathies bien tolérées,
telles que communication inter atriale ou
CIA, qui sera généralement
fermée dans la 2ème enfance,
chirurgicalement ou par mise en place d’une
ombrelle par voie endocavitaire
,
cardiomyopathie hypertrophique et/ou obstructive…..
LES SOUFLES
« INNOCENTS » OU ANORGANIQUES,
OU FONCTIONNELS, OU « NORMAUX »
DE L’ENFANT :
- Ils sont extraordinairement
fréquents, puisque l’on estime
que, à un moment donné de
l’enfance, 1/3 à la moitié
des enfants d’âge scolaire,
aura un souffle anorganique !
- Ces souffles n’ont aucun substrat
organique. Le coeur est parfaitement sain.
Ils disparaîtront avec l’âge,
mais peuvent parfois être encore entendus
chez de jeunes adultes.
1. Ce sont des souffles:
=>asymptomatiques
=>systoliques (jamais diastoliques)
=>proto ou mésosystoliques (jamais
télédiastoliques)
=>éjectionnels, généralement
brefs (1er tiers de la systole)
=>de faible intensité, inférieure
à 3/6
=>doux, parfois musicaux
=>ne s'accompagnant pas de modification
de B1 et B2 (dédoublement variable
de B2 possible)
=>ni de modifications du reste de l’examen
clinique (pouls fémoraux perçus
; TA normale…)
=>parfois, souffle continu, systolo-diastolique,
en cas de souffle veineux du cou
=>Certains critères classiques
peuvent être pris en défaut;
ce sont:
=>le caractère très localisé
du souffle
=>l'absence d'irradiation
=>le caractère variable avec la
position (diminution d'intensité
ou disparition en position assise ou debout).
2. Le cœur
est normal à la Rx et à l'ECG.
3. Parmi
les types les plus fréquents
de souffle innocent, citons:
=>le souffle vibratoire apexien ou endapexien,
musical ou piaulant, bref dans la systole,
souvent lié à la présence
de « faux tendons », structures
physiologiques du ventricule gauche,
=>le souffle infundibulo-pulmonaire (entendu
au foyer pulmonaire), lié à
des turbulences dans l’infundibulum
pulmonaire
=>le souffle veineux du cou, systolo-diastolique,
souvent intense, mieux entendu en position
assise, variable avec les mouvements de
la tête, correspond à des turbulences
dans la veine cave supérieure, et
disparaît lors de la compression de
la jugulaire à la base du cou.
4. - Certaines
circonstances favorisent le souffle innocent:
=>syndrome
du "dos droit" ou du "dos
plat" (aplatissement antéropostérieur
du thorax)
=>anomalies thoraciques (thorax en entonnoir)
=>scolioses
5. - Diagnostic
différentiel :
Certains souffles
organiques peuvent simuler un souffle innocent
:
=>CIA
=>Cardiomyopathie obstructive (cf cours)
=>Coarctation aortique, mais il existe
d’autres signes à l’examen
clinique (HTA des membres supérieurs
et absence de pouls fémoraux : l’association
est pathognomonique de la coarctation).
-En général, les signes d'accompagnement
cliniques, radiologiques et électrocardiographiques
permettent de faire le diagnostic. Intérêt
de l'échocardiogramme en cas de doute
++
- Aucune thérapeutique, ou restriction
d’activité, n’est justifiée,
et ces enfants peuvent mener une vie strictement
normale, puisqu'ils ne sont pas malades.
Tous les sports sont autorisés, y
compris en compétition. Il est inutile
et même nuisible de revoir l'enfant
périodiquement en consultation.
- D’où l’importance
d'une conclusion ferme et précise
dès le premier examen, afin de rassurer
la famille et l’enfant, inquiets du
"souffle au cœur". Il est
important qu’il n’y ait pas
d’hésitation et qu’un
diagnostic définitif soit porté
d’emblée, sans répéter
les examens, afin de ne pas ancrer dans
l’esprit de l’enfant et de sa
famille la notion de "souffle au coeur",
qui peut avoir des répercussions
psychologiques importantes.
DOSSIER CLINIQUE
Vous voyez pour la
première fois en consultation Lucie
F., âgée de 5 ans, chez laquelle
un souffle précordial a été
signalé récemment par le médecin
de garde, appelé à son chevet
en raison d’une angine fébrile,
avec hyperthermie à 39.5°C. Ce
souffle n’avait pas été
constaté auparavant, et il n’en
est pas fait mention dans le carnet de santé.
Dans ses antécédents,
on note :
- une naissance à 38 semaines d’aménorrhée,
à un poids de 2910g pour 49cm, sans
problèmes particuliers
- un eczéma allergique, sur terrain
atopique familial,
- une adénoïdectomie à
l’âge de 3 ans.
- pas de contexte de maladie familiale.
Lucie est une enfant
en bon état général,
très dynamique, qui fréquente
l’école maternelle depuis 2
ans, et participe normalement aux activités
physiques et sportives de sa classe.
Aucun symptôme fonctionnel n’a
été remarqué par les
parents, et en particulier pas de limitation
à l’effort.
A l’examen, le développement
staturo-pondéral est normal et l’enfant
est bien rose. L’auscultation, en-dehors
de tout contexte infectieux, révèle
un souffle protosystolique 1.5/6, un peu
vibratoire, audible à l’endapex
et irradiant peu. Il est mieux entendu en
position couchée, mais ne disparaît
pas totalement en position debout. Les bruits
du cœur sont normaux par ailleurs.
Le reste de l’examen clinique n’offre
aucune particularité. Les pouls fémoraux
sont bien perçus. La TA est à
90/50 au bras droit. Il n’existe aucun
signe d’insuffisance cardiaque.
L’électrocardiogramme
est normal pour l’âge.
Le cliché
de thorax est également normal.
QUESTION
1 :
Quel(s) diagnostic(s) évoquez-vous
? Donnez vos arguments.
Le diagnostic
le plus probable est celui de souffle fonctionnel,
ou « normal », ou « innocent
» de l’enfant, du fait :
- de la découverte tardive du souffle,
à 5 ans
- des circonstances de découverte,
à l’occasion d’une hyperthermie
- des caractéristiques du souffle
(protosystolique, bref, peu intense, irradiant
peu, diminuant d’intensité
en position debout), et de l’absence
de modifications des bruits normaux du cœur
- de l’absence de symptômes
fonctionnels
- de l’absence d’anomalie associée
de l’examen clinique (pouls fémoraux
perçus, TA normale…)
- du caractère normal de la RP et
de l’ECG.
Néanmoins, certaines cardiopathies
peuvent donner des tableaux cliniques voisins
;
- une communication inter auriculaire, ou
CIA. Dans ce cas, il existe généralement
un dédoublement fixe du 2ème
bruit latéro-sternal gauche, un bloc
de branche droit incomplet à l’ECG
et des anomalies discrètes du clich&eac |