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OBJECTIFS DU
TRAITEMENT DE L'INSUFFISANCE CARDIAQUE :
Idéalement
dans l'insuffisance cardiaque la thérapeutique
doit apporter une amélioration fonctionnelle
du patient, amélioration du confort de vie
et si possible une réduction de la mortalité
:
en supprimant l'étiologie de l'insuffisance
cardiaque (hyperthyroïdie, correction d'une
valvulopathie comme le RA serré par exemple...),
en restaurant la fonction ventriculaire
gauche
en limitant ou interrompant la progression
de l'altération ventriculaire gauche,
restaurer un débit cardiaque normal,
en diminuant la rétention hydrosodée,
en restaurant un débit cardiaque normal.
Cette amélioration
passe par inhibition des systèmes de compensations
neuro-hormonaux.
MOYENS THERAPEUTIQUES
:
Les moyens
non médicamenteux :
1 - Oxygénothérapie
particulièrement dans certaines formes
d'insuffisance cardiaque (coeur pulmonaire
chronique).
Elle peut s'avérer utile dans les
poussées d'insuffisance ventriculaire
gauche aigue.
Elle est rarement utile dans l'insuffisance
cardiaque congestive chronique bien compensée.
2 - Régime
désodé :
Autrefois prescrit avec une grande rigueur
dans l'insuffisance cardiaque, le régime
désodé se prescrit actuellement avec plus
de tolérance,
L'objectif est d'admettre un apport sodé
de 3 à 5 g par 24 H,
Les conseils diététiques doivent être prodigués
de manière à éviter les erreurs les plus
grossières (consommation de charcuterie,
fromage, pain....),
Des sels de remplacement peuvent être
utilisés,
Il est possible également d'autoriser la
consommation de 2 g à 3 g de sel en plus
du régime ce qui porte la consommation totale
journalière à 5 g environ. Il est donc nécessaire
de demander au pharmacien, la fabrication
de gélules de NaCl dosées à 1 g.
Indiquer au malade que des aliments de consommation
courante outre ceux déjà cités comportent
beaucoup de sel (conserves, confitures industrielles,
sauces préparées, certains sels de régime
et bien sûr de nombreuses boissons gazeuses
et eaux minérales).
Indiquer également que certains médicaments
comportent beaucoup de sel (bicarbonate
de soude, Alka-selzer, Normogastryl, de
très nombreux sirops, de très nombreuses
aspirines en particulier effervescentes....).
Le régime
hyposodé strict n'est indiqué que chez des
patients au stade avancé de l'insuffisance
cardiaque
3 - L'exercice
physique :
En période de décompensation, le repos est
préconisé.
L'exercice physique est indiqué chez les
patients stable. Son intérêt est de maintenir
un trophisme musculaire et une meilleure
extraction périphérique de l'O2, améliorant
ainsi encore l'état fonctionnel du patient.
Attention certaines cardiopathies contre-indiquent
l'exercice physique en particulier le RAC
serré et la CMO.
L'entraînement physique
est encouragé chez des patients au stade
2-3 de l'insuffisance cardiaque, en milieu
hospitalier. Plusieurs petites études randomisées
ont montré une amélioration des capacités
physiques du patient, du stade fonctionnel
. Il existe des protocoles de ré-entrainement
très spécifiques. Aucune étude n'a montré
d'amélioration de la mortalité.
Les moyens médicamenteux
1
- Les vasodilatateurs :
Ils réduisent la vasoconstriction veineuse
et artérielle.
L'effet thérapeutique de cette classe se
résume à:
1.1
- Les inhibiteurs de l'enzyme de convertion
(IEC)
un effet
vasodilatateur par inhibition du système
rénine angiotensine en inhibant la transformation
de l'angiotensine 1 en angiotensine 2 ,
une inhibition de la sécrétion d'aldostérone
responsable de la rétention hydrosodée.
une limitation du remodelage ventriculaire
gauche en post infarctus (limitation de
la dilatation VG)
Cette classe thérapeutique
est actuellement recommandée à tous les
stades de l'insuffisance cardiaque et quelques
soit son étiologie.
En effet les IEC sont efficaces chez des
patients asymptomatiques mais avec dysfonction
ventriculaire gauche en particulier en post
infarctus, comme l'ont montré plusieurs
études (SAVE avec le captopril, SOLVD avec
l'énalapril et TRACE avec le trandolapril)
Ils sont aussi efficaces chez des patients
insuffisants cardiaques symptomatiques au
stade 2 à 4 de l'insuffisance cardiaque.
Dans cette indication les IEC ont montré
une réduction de mortalité et une amélioration
des symptômes avec réduction du nombre de
réhospitalisations
Plusieurs
molécules sont à notre disposition,
elles différent par leur mode d'élimination,
mais leur efficacité est identique du fait
d'un effet classe. Pour cela ,elles
doivent être prescrites à des doses suffisamment
importantes comme le montre le tableau ci-joint

Le traitement doit
être initié à
dose progressive sous couvert d'une bonne
tolérance tensionnelle et rénale (à la phase
de titration il est recommandé de monitorer
la fonction rénale, avant l'introduction
du traitement et 1 à 2 fois par semaine
après chaque palier).
Les effets secondaires
des IEC :
Hypotension artérielle orthostatique,
leucopénie et thrombopénie avec le captopril,
rash cutané,
agueusie,
toux dont la fréquence est de l'ordre de
8 % et ceci quelque soit l'IEC utilisé.
La toux peut être très invalidante et obliger
à l'arrêt du traitement,
majoration de l'insuffisance rénale en sachant
que la préexistence d'une insuffisance rénale
n'est pas une contre-indication à l'utilisation
des IEC,
l'hyperkaliémie,
Angio-oedémes aux IEC (oedèmes de Quincke)
,
Les contre-indications
Grossesse et allaitement,
Sténose bilatérale des artères rénales ou
sténose unilatérale sur rein unique,
Antécédents d'oedème de Quincke.
1.2 - Les
antagonistes des récepteurs à l'angiotensine
2 (ARA2 ou AA2)
Leur indication dans l'insuffisance cardiaque
se résume aux patients ne tolérant pas les
IEC . Une étude a montré (ELITE 2) l'absence
de supériorité du losartan par rapport au
captopril dans l'insuffisance cardiaque
mais cette molécule était mieux tolérée
que l'IEC (en particulier la toux était
moins fréquente) La prescription des AA2
demande la même surveillance de la fonction
rénale que les IEC. D'autre part des études
en cours évaluent l'efficacité de l'association
IEC - AA2.
1.3
- Les dérivés
nitrés.
Ils sont utilisés dans l'insuffisance cardiaques
pour leur effet vasodilatateur veineux.
Cet effet s'épuise assez rapidement en quelques
jours. Aucune étude de mortalité n'a été
réalisée avec cette classe thérapeutique.
Ils sont actuellement peut utilisés dans
l'insuffisance cardiaque chronique Ils peuvent
être prescrits par voie intraveineuse ,
orale ou trans-cutanée.
1.4
- Hydralazine.
C'est un vasodilatateur artériel, dont l'effet
s'épuise avec le temps. Cette molécule n'est
quasiment plus utilisée .
1.5
- Les inhibiteurs
calciques.
Ils ne sont pas recommandés dans l'insuffisance
cardiaque par dysfonction systolique ventriculaire
gauche. Une étude avec l'amlodipine en association
avec le traitement classique n'a pas montrer
de bénéfice supplémentaire en terme de mortalité
comparé au placebo. Ce disant elle peut
être utilisée pour traiter une HTA ou un
angor associés.
2
- Les diurétiques :
Ils
sont indiqués en présence de manifestations
congestives d'insuffisance cardiaque (oedème
pulmonaire ou des membres inf.).
Leur
prescription doit être associée à
celle d'un IEC. Les diurétiques de l'anse,
les thiazidiques, ainsi que la spironolactone
peuvent être utilisés.
Il n'y a aucune étude randomisée qui n'ai
montré de réduction de mortalité avec les
diurétiques de l'anse ou thiazidiques.
Une étude à montrer une réduction de mortalité
avec la spironolactone en association avec
un IEC. (Etude RALES)
2.1
- Les diurétiques de l'anse
:
Ils agissent
au niveau du tube contourné proximal et
distal, ils inhibent la réabsorption sodée.
Ils exercent leur efficacité sur l'anse
de Henlé où ils s'opposent à la réabsorption
active du sodium.
Ils entraînent aussi une élimination d'ions
H+ ,K+ et Cl-, à l'origine d'une alcalose
hypokaliémique et hypochlorémique lors de
surdosage
Leurs effets secondaires sont l'hyperuricémie
, l'ototoxicité.
a. - Le furosémide
, lasilix*
Il existe sous
forme orale ( comprimé à 40mg ou 500mg en
pharmacie des hôpitaux, une forme retard
à 60mg inefficace dans l'IC) ou intraveineuse
ou intramusculaire en phase de décompensation.
b. - Le bumétanide,
burinex*
Sous forme orale
(comprimé à 1 ou 5 mg en pharmacie des hôpitaux)
ou intraveineuse
2.2
- Les diurétiques thiazidiques
:
Ils agissent
au niveau du tube contourné distal . Ils
empêchent la réabsorption sodée. Ils entraînent
une perte d'ion H+, K+ et Cl- Les principaux
produits sont le diurelix*(chlorothiazide),
hygroton*(chlortalidone), esidrex* (hydrochlorothiazide),
brinaldix* (clopamide) Ce sont des molécules
rarement utilisées en première intention
dans l'insuffisance cardiaque, elles peuvent
être prescrites en association avec des
diurétiques de l'anse.
2.3
- Les diurétiques épargneurs
de potassium
Deux types de molécules
:
amiloride (modamide*) et triamtéréne (tériam*)
non utilisés dans l'insuffisance cardiaque.
la canrénone, phanurane*(comprimé à 50mg)
et surtout la spironolactone, aldactone*
(comprimé à 50 ou 100mg)
Ces molécules ont un effet anti-minéralo-corticoide
. Elles ne sont actives qu'en présence d'un
hyperaldostéronisme. Elles s'opposent à
la résorption du sodium au niveau du tube
contourné distal et retiennent le potassium.
Leur délai d'action est prolongé, leur effet
diurétique est mineur sauf hyperaldostéronisme
important.
L'aldactone a démontré
son efficacité en terme de mortalité
et réduction des hospitalisations pour récidive
d'insuffisance cardiaque, chez des patients
au stade 3-4, en association avec les IEC.
Attention cette association suppose une
surveillance rapprochée de la kaliémie et
de la fonction rénale. De plus l'aldactone*
était utilisé à la dose de seulement 25mg
/j
Effets secondaires
des épargneurs de potassium :
gynécomastie
hyperkaliémie
D'autres diurétiques
existent sous forme d'association, mais
ils ne sont pas utilisés dans l'insuffisance
cardiaque, leur indication est plutôt l'HTA.
Les effets secondaires
des diurétiques comme:
l'hypokaliémie avec les diurétiques de l'anse
et les thiazidiques qui a un effet délétère
chez les patients avec hyperexitabilité
ventriculaire ou sous digitalique
l'hyperkaliémie avec les épargneurs de potassium
impose une surveillance
régulière des électrolytes de la fonction
rénale et de la protidémie.
3
- Les bêta-bloquants :
Ils s'agit d'une
classe thérapeutique longtemps contre-indiquée
dans l'insuffisance cardiaque.
Plusieurs
études récentes ont montré l'effet bénéfique
de certaines molécules en terme de mortalité
et récidives d'insuffisance cardiaque.
Le traitement bêta bloquant était
associé au traitement maximal de l'insuffisance
cardiaque soit IEC, diurétique, et plus
ou moins digitalique.
Leur modalité d'action
s'explique par l'inhibition du système sympathique
stimulé dans l'IC. 
réduction de la vasoconstriction périphérique,
ralentissement de la fréquence cardiaque
et donc diminution de la consommation en
O2 du myocarde.
Trois
molécules ont prouvé leur efficacité
dans l'insuffisance cardiaque de stade 2
à 4 , les deux premières ont l'AMM dans
cette indication :
le carvédilol,
kredex* qui a un effet bêta
et alpha bloquant
le bisoprolol, cardensiel* bêta-bloquant
cardiosélectif
le métoprolol.
L'initiation du traitement
:
Elle est assez
stricte, la dose initiale doit être faible
et augmentée de façon lente et progressive
jusqu'à obtenir la dose efficace.
Les recommandations sont donc :
l'introduction du traitement doit se faire
à distance d'un épisode de décompensation
au minimum un mois, par un cardiologue ou
un interniste, le médecin généraliste ne
peut que reconduire le traitement sans en
modifier la dose.
commencer par de petites doses et la doubler
toutes les 1 à 2 semaines (selon les molécules)
selon la tolérance clinique. Cette initialisation
du traitement peut se faire en ambulatoire.
(cf. Tableau 2
: protocole de traitement pour bisoprolol
et carvedilol)
Les effets secondaires
hypotension artérielle
bradycardie
majoration des signes d'IC pouvant obliger
à réduire la posologie des bêta bloquants
et augmenter celle des diurétiques.
Les
contre-indications
l'asthme
l'hypotension artérielle symptomatique
la bradycardie symptomatique et les blocs
auriculo-ventriculaires de type 2 ou 3.
les contre-indications relatives, l'artérite
évoluée des membres inf.
4
- Les tonicardiaques :
4.1
- Les
DIGITALIQUES :
La digoxine n'est
plus un traitement indispensable dans l'insuffisance
cardiaque. En effet une étude a montré que
la digoxine limitait le nombre de réhospitalisations
pour manifestation d'insuffisance cardiaque
mais elle ne réduisait pas la mortalité.(étude
DIG) La digoxine reste indiquée chez le
patient insuffisant cardiaque en arythmie
par fibrillation auriculaire afin de réduire
la fréquence cardiaque.
Ces médicaments ont un triple effet sur
le coeur :
ils renforcent l'état contractile du ventricule
gauche,
réduisent la fréquence
sinusale mais surtout freinent
la conduction sur le noeud auriculo-ventriculaire
ce qui permet de ralentir la fréquence ventriculaire
en présence d'une fibrillation auriculaire,
augmentent l'excitabilité ventriculaire.
Pour chacun d'entre eux, la
zone thérapeutique est très proche de la
zone toxique, ces médicaments doivent
être prescrits avec précaution. Deux sont
couramment utilisés.
4.2
- La
DIGOXINE :
Comprimés à 0.25
mg et l'hémigoxine cp à 0.125mg de digoxine.
absorption entérale 55 à 75% de la dose
ingérée,
demi-vie 36 à 48 H,
excrétion rénale pratiquement exclusive,
proportionnelle à la filtration glomérulaire,
liée à 25% aux protéines du plasma,
compétition avec les quinidiniques qui déplacent
la DIGOXINE de son site et tendent à augmenter
le taux sérique et la toxicité du produit.
La DIGOXINE devra
donc être prescrite avec précaution chez
les sujets aux fonctions
rénales défaillantes, les possibilités
d'intoxication survenant pour des posologies
journalières même faibles. Chez ces sujets,
il est préférable de renoncer à l'utilisation
de ce produit.
En outre, la prescription de diurétiques
à forte dose au cours de l'insuffisance
cardiaque peut faire apparaitre en cours
de traitement, une insuffisance
rénale fonctionnelle de telle sorte
qu'une réduction
de l'excrétion rénale va intervenir
et qu'une intoxication par la DIGOXINE pourra
être observée alors même que la posologie
journalière n'a pas été modifiée.
La dose quotidienne de maintenance varie
de 0.125 à 0.50 mg c'est à dire de 1 à 2
comprimés par jour. Chez le sujet de plus
de 70 ans il est raisonnable de débuter
le traitement par de l'hémigoxine.
Le taux sérique thérapeutique se situe entre
0.9 et 2 ng/ml, le plateau est atteint en
4 à 5 jours.
4.3
- La
DIGITOXINE.
Il s'agit de la DIGITALINE qui se présente
en gouttes et en comprimés. 5 gouttes =
1 comprimé = 0.1 mg.
absorption digestive 90 à 100% de la dose
ingérée,
transport plasmatique : lié aux protéines
à 95%,
demi-vie : 4 à 6 jours,
élimination presque exclusive par voie hépatique
: cycle entéro-hépatique,
métabolite actif : DIGOXINE,
plateau obtenu en plus d'une semaine,
taux sérique efficace : 15 à 30 ng,
dose journalière : 0.1 à 0.2 mg.
REMARQUE : lorsqu'on
utilise la digitoxine en clinique, il est
préférable de la prescrire sous forme de
comprimés de DIGITALINE dosés à 0.1 mg.
On doit éviter de prescrire des gouttes
de DIGITALINE car on n'est jamais tout-à-fait
certain de la dose ingérée. D'autre part,
un flacon de solution de DIGITALINE contient
10 mg de DIGITALINE. L'ingestion accidentelle
ou dans un but suicidaire d'un flacon de
cette solution est particulièrement facile
et particulièrement dangereuse.
C'est pour toutes
ces raisons que la digitoxine n'est quasiment
plus prescrite
4.4
- Lanatoside
C ou CEDILANIDE : n'est plus commercialisée
Précautions d'emploi
générales concernant l'usage des digitaliques
:
L'utilisation d'une dose de charge de digitaliques
est rarement indiquée, elle est déconseillée
en pratique quotidienne, elle doit être
réservée à la pratique hospitalière, l'efficacité
de la digitalisation se juge sur l'aptitude
de la thérapeutique à ramener un pouls au
voisinage de 70-80.
Lorsqu'on utilise la DIGOXINE, celle-ci
doit être prescrite de façon continue, il
est déconseillé de faire une pause hebdomadaire
compte-tenu de l'élimination rapide du produit
par voie rénale,
Les effets secondaires
:
L'intoxication
digitalique se manifeste cliniquement
et essentiellement par des signes
gastro-intestinaux, sous forme de
nausées, vomissements et diarrhée. Des signes
neuro-sensoriels peuvent s'y associer
sous forme de xanthopsie et de diverses
anomalies sensorielles. C'est l'apanage
des intoxications sévères.
Les anomalies électrocardiographiques survenant
lors d'une intoxication digitalique se manifestent
sous forme : de
bradycardie, de
bloc auriculo-ventriculaire, d'extrasystoles
ventriculaires pouvant dégénérer
en tachycardie
ventriculaire et fibrillation ventriculaire.
Parfois, l'intoxication digitalique se manifeste
par une accélération du coeur correspondant
à une tachysystolie
auriculaire.
Le sous décalage cupuliforme du segment
ST avec raccourcissement de l'espace QT
n'est pas un signe d'intoxication mais d'imprégnation
digitalique.
L'intoxication
digitalique est favorisée par :
les déséquilibres hydro-électrolytiques
particulièrement l'HYPOKALIEMIE et l'HYPOMAGNESEMIE,
souvent associées, induites par le traitement
diurétique,
la quinidine pour le traitement par DIGOXINE,
l'insuffisance rénale pour la DIGOXINE,
l'hypoxie particulièrement dans le coeur
pulmonaire chronique.
Contre-indications au traitement digitalique
:
-
absolue : bloc auriculo-ventriculaire
non appareillé
- relative
: infarctus du myocarde récent, coeur pulmonaire
chronique fortement hypoxique, hyper-excitabilité
ventriculaire préalable.
LES AMINES SYMPATHOMIMETIQUES
Tous ces médicaments
sont des puissants stimulants de l'inotropisme
cardiaque.
Ils ne sont administrables que par voie
intraveineuse sous très stricte surveillance.
A forte dose, ils ont des effets pro-arythmogènes
sérieux. Ils augmentent l'excitabilité ventriculaire
du myocarde. Ils peuvent être particulièrement
nuisibles en cas de cardiopathie ischémique
ou de troubles électrolytiques associés.
L'ADRÉNALINE
Elle a un effet
bêta 1 cardiaque et bêta 2 périphérique
modéré.
Sauf cas particulier, elle n'est pas utilisée
dans l'insuffisance cardiaque.
L' ISOPRENALINE (Isuprel).
De la même façon,
il s'agit d'un effet bêta 1 cardiaque
et bêta 2 périphérique pratiquement
jamais utilisé dans l'insuffisance cardiaque.
Il est parfois utilisé dans les bas débits.
LA DOPAMINE.
Il s'agit d'une
amine sympathomimétique précurseur endogène
de la noradrénaline.
L'effet cardiaque est bêta 1 et périphérique
bêta 2 discret.
Les effets hémodynamiques varient selon
la posologie utilisée.
entre 1 à 5 microgrammes par kg/mn, la stimulation
est dopaminergique avec vasodilation.
entre 5 à 10 microgrammes par kg/mn, la
stimulation est bêta avec effet inotrope
positif prédominant.
au-delà de 15 microgrammes par kg/mn, une
vaso-contriction périphérique peut être
observée par stimutalion alpha.
LA DOBUTAMINE (DOBUTREX)
Il s'agit d'un
effet sympatométique du type bêta
1 cardiaque prédominant et bêta 2
périphérique modéré.
Il s'utilise à la dose de 5 à 20 microgrammes
par kg/mn en fonction de l'état cardiaque
et de la réponse.
Dopamine et Dobutamine s'utilisent dans
les insuffisances cardiaques particulièrement
sévères en poussée évolutive.
LES INHIBITEURS
DES PHOSPHODIESTERASES
Ces médicaments
augmentent la pénétration du calcium dans
la cellule par accumulation de l'AMP cyclique
dont le taux augmente sous l'effet de l'inhibition
de la phosphodiestérase 3.
Ils ont un effet à la fois inotrope positif
et vasodilatateur.
Ils ne sont utilisables que par voie veineuse.
Les formes orales ont été abandonnées car
en chronique, on a observé une surmortalité
dans le groupe traité.
Ils sont responsables d'hyper-excitabilité
ventriculaire à fortes doses. Par ailleurs,
certains d'entre eux comme l'AMRINONE ont
des effets secondaires non négligeables
comme une thrombo-cytopénie.
L'
AMRINONE (Inocor).
Il est utilisé à la dose de 5 à 10 microgrammes
par kg/mn en fonction de l'effet désiré.
LA MILRINONE (Corotrope).
Il s'utilise à 5 microgrammes par kg/mn.
L' ENOXIMONE (Perfane).
Il s'utilise à une posologie de 5 à 20 microgrammes
par kg/mn en fonction des effets désirés.
5 - Le traitement anticoagulant
Il peut s'imposer
en raison de l'étiologie, valvulopathie
mitrale en fibrillation auriculaire, anévrisme
ventriculaire gauche,.....
Sa justification est :
la prévention des
migrations emboliques systémiques
lorsque la cardiopathie est susceptible
d'avoir un haut potentiel thrombo-emboligène,
prévention de la
thrombose veineuse profonde chez
les sujets dont l'insuffisance cardiaque
est avancée et nécessite un décubitus strict
à fortiori s'il existe des anomalies veineuses
des membres inférieurs.
On dispose de trois
types de produit :
HEPARINE
par voie veineuse ou par voie transcutanée
si nécessité d'anticoagulation rapide.
le lovenox 0.4mg seule héparine de
bas poids moléculaire à avoir l'AMM en prévention
des complications thrombotiques dans la
pathologie médicale et en particulier dans
l'insuffisance cardiaque décompensée·
antivitamine K
au long cours si l'anticoagulation au long
cours s'impose en fonction de l'étiologie
de l'insuffisance cardiaque.
6 - Le traitement anti-arythmique
L'utilité
de prescrire un traitement anti-arythmique
en cas de dysfonction ventriculaire gauche
majeure est de plus en plus discuté, particulièrement
dans les cardiopathies ischémiques.
En effet, les anti-arythmiques sont tous
peu ou prou responsables d'effets pro-arythmogènes
qui sont susceptibles de déboucher sur des
anomalies rythmiques graves parfois mortelles.
Des essais multicentriques randomisés ont
fait apparaître dans certaines indications,
en particulier
dans le post-infarctus, que les malades
soumis au traitement anti-arythmique, en
particulier de Classe 1c, avaient une sur-mortalité
par rapport à ceux recevant le placebo.
On doit donc être particulièrement prudent
dans la prescription des anti-arythmiques
car il n'est pas sûr qu'ils aient une indication
même lorsqu'il existe des signes évidents
d'hyper-excitabilité ventriculaire.
Il est certain qu'ils peuvent être potentiellement
dangereux en cas de désordre électrolytique
associé ou de surdosage digitalique.
Eviter les associations médicamenteuses
pouvant :
renforcer la toxicité des digitaliques (DIGOXINE
- QUINIDINE).
aggraver l'insuffisance cardiaque : anti-arythmiques
fortement dépresseurs comme le VERAPAMIL.
7 - Thérapeutiques
électrolytiques substitutives
La plupart des
diurétiques entrainent hypokaliémie et hypochlorémie,
l'utilisation d'associations médicamenteuses
comportant un salidiurétique et un épargneur
de potassium ne met pas toujours à l'abri
de l'hypokaliémie,
l'hypokaliémie est le désordre électrolytique
le plus important à corriger,
l'hypomagnésémie a le même effet et doit
être également corrigée lorsqu'elle existe.
De préférence administrer
du potassium sous forme de chlorure
de manière à corriger simultanément l'hypokaliémie
et l'hypochlorémie.
CONDUITE DU
TRAITEMENT :
1 - Identifier
formellement l'insuffisance cardiaque :
Elle se manifeste par tachycardie, galop,
râles aux bases, et éventuellement signes
droits associés.
Toute dyspnée n'est pas nécessairement une
insuffisance cardiaque, être exigeant sur
les signes avant de porter le diagnostic
et d'introduire une thérapeutique.
2 - Identifier
l'étiologie de l'insuffisance cardiaque
:
L'identification de l'étiologie est importante
car certaines
causes sont curables radicalement.
Simultanément
au traitement de l'insuffisance cardiaque,
il est donc nécessaire de prévoir un certain
nombre de démarches étiologiques : examen
cardiologique, radiographie du thorax, échocardiographie
et éventuellement cathétérisme.
Les principales
causes de l'insuffisance cardiaque sont
:
valvulopathies mitrales et aortiques,
cardiopathies ischémiques et/ou hypertensives,
cardiomyopathies non obstructives dites
congestives,
cardiothyréoses,
Il
est donc indispensable avant de se lancer
dans un traitement digitalo-diurétique au
long cours d'être sûr qu'on n'est pas en
présence d'une cause radicalement curable
essentiellement:
insuffisance cardiaque compliquant une valvulopathie
anévrisme ventriculaire gauche
cardiothyréose...,
Par
ailleurs, certaines cardiopathies compliquées
d'insuffisance cardiaque nécessitent des
soins particuliers :
le coeur pulmonaire chronique est peu
sensible à l'action des digitaliques,
la seule véritable thérapeutique est représentée
par l'oxygénothérapie
et les diurétiques.
Dans cette indication, les digitaliques
sont non seulement inefficaces mais dangereux
en raison de l'hypoxie et d'une stimulation
adrénergique généralement intense.
3 - Initiation de
la thérapeutique
3.1
- Prévoir une surveillance clinique qui
portera sur :
courbe de pouls, tension, diurèse et poids,
électrocardiogrammes répétés, recherche
de désordres hydro-électrolytiques et d'insuffisance
rénale,
dosage des digitaliques.
3.2
- Mesures hygiéno-diététiques :
régime désodé
3.3 - Evacuation des
épanchements pleuraux et oxygénothérapie
en cas d'hypoxie profonde.
3.4
- Instauration d'un traitement anti-coagulant
d'urgence si la cardiopathie est
supposée avoir un haut potentiel emboligène.
choisir l'HEPARINE par voie veineuse.
CALCIPARINE éventuellement à 0.1 ml/10 kgs
de poids 2 fois par jour.
Surveillance par temps
de céphaline activée au moins double du
témoin.
3.5 - Le traitement
diurétique s'impose de toute façon.
On s'adresse plus
généralement aux diurétiques de l'anse type
LASILIX, BURINEX.
La posologie initiale
est de 40 à 80 mg dans les premiers jours
du traitement (LASILIX), 1 à 2 mg si on
utilise BURINEX.
Cette
posologie doit être étroitement surveillée
et adaptée en fonction de la réponse diurétique.
L'amorce d'une diurèse abondante, la régression
des signes congestifs en particulier pulmonaires,
la baisse rapide du poids sont des indices
d'une bonne réponse devant conduire à la
réduction de la posologie dès le 2ème, 3ème
ou 4ème jour
3.6
- Si le patient est en arythmie, les digitaliques
doivent être introduits simultanément
sauf lorsqu'il existe une hypokaliémie ou
une hypoxie profondes
L'utilisation d'une dose
ambulatoire (0.25 pour la DIGOXINE
et 0.1 mg pour la DIGITALINE) est conseillée
lorsqu'une surveillance stricte ne peut
pas être effectuée les premiers jours de
l'instauration du traitement.
Il est utile de doser les digitaliques pour
s'assurer qu'ils sont en zone thérapeutique.
Les dosages doivent être effectués lorsqu'on
estime qu'un plateau est obtenu, c'est à
dire après 5 demi-vies du produit considéré.
3.7
- Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion
sont indispensables
Leur introduction doit être prudente et
progressive car des phénomènes hypotensifs
peuvent s'observer au début du traitement
surtout si le traitement diurétique a été
intense
3.8
- Les Bêta-bloquants
Le traitement bloquant sera introduit à
distance de l'épisode de décompensation
cardiaque, au minimum trois semaines après.
Il a été démontré
que c'est l'association diurétique, inhibiteur
de l'enzyme de conversion et bêta
bloquant et /ou digoxine qui, au long cours,
assurent la meilleure efficacité en matière
de signes fonctionnels et réduction de mortalité.
Pour
mémoire, c'est avec la classe pharmacologique
des IEC qu'une réduction significative de
la mortalité a été démontrée par rapport
au traitement conventionnel.
Désormais, il est donc légitime d'associer
dès les premières manifestations d'insuffisance
cardiaque ces trois médicaments au long
cours. Seule la posologie des diurétiques
est à moduler en fonction des signes de
rétention hydrosodée.
3.9 - Poursuite du traitement :
Elle doit être
définitive si la cardiopathie n'est pas
curable de façon radicale.
les critères d'efficacité sont la disparition
des oedèmes et de la dyspnée, le ralentissement
du pouls au voisinage de 70,
contrôles biologiques obligatoires portant
sur la fonction
rénale, les électrolytes
et les digitaliques
sanguins. Dès qu'un état stable est obtenu,
les contrôles doivent être espacés,
- la posologie des diurétiques
doit être la plus faible possible , on choisira
un diurétique de l'anse, si le patient est
à un stade avancé de son insuffisance cardiaque
on associera de l'aldactone (attention surveillance
créatininémie et kaliémie si association
avec un IEC) ·
- les inhibiteurs de l'enzyme de conversion
doivent être maintenus de façon définitive
et à dose maximale efficace.
3.10
- La récidive des signes d'insuffisance
cardiaque doit
faire suspecter
:
l'abandon de la thérapeutique par le patient,
l'aggravation de la cardiopathie,
la complication par une migration embolique
pulmonaire,
dans la majorité des cas cependant, quelque
soit le type de cardiopathie, la
progression du défaut contractile
va aboutir à la
majoration de l'insuffisance cardiaque
et à la récidive des signes congestifs même
en cas de thérapeutique correctement conduite.
4
- Insuffisance ventriculaire gauche aiguë.
C'est dans ces circonstances qu'en plus
du traitement diurétique par voie veineuse,
des amines ou des inhibiteurs des phosphodiestérases
peuvent être utilisés par voie veineuse
de manière à passer le cap aigu ensuite
de quoi, le traitement conventionnel digitalique/diurétique
et inhibiteur de l'enzyme de conversion
est introduit.
ACCIDENTS
THERAPEUTIQUES
1 - Accidents des
diurétiques :
Ils s'observent la plupart du temps à la
faveur d'un surdosage
entrainant hypokaliémie, hypochlorémie,
alcalose, insuffisance rénale et indirectement
intoxication digitalique.
Ils imposent l'interruption du diurétique
et parfois du digitalique
Bien sûr, l'hypokaliémie doit être corrigée
Lorsqu'il existe une hyponatrémie il n'est
jamais légitime de "resaler" le patient.
L'utilisation des épargneurs
de potassium peut exposer à une hyperkaliémie
surtout en cas d'insuffisance rénale associée.
Elle impose l'arrêt
impératif du traitement
2
- Intoxication digitalique :
2.1 - Intoxication
digitalique mineure :
marquée par des troubles digestifs,
des anomalies électrocardiographiques sous
forme de tachysystolie
auriculaire,
ou sous forme de bradycardie
avec troubles d'excitabilité
ventriculaire,
avec un dosage sérique une fois et demie
à deux fois supérieur à la limite supérieure
de la zone thérapeutique.
Ces intoxications cèdent à l'interruption
de la digitale. Il peut être nécessaire
pendant quelques jours de prescrire un anti-arythmique
spécifique (diphénylhydantoïne par voie
veineuse, XYLOCAINE).
Une
intoxication digitalique même mineure
peut être suffisante
pour déclencher des troubles du rythme ventriculaire
graves. Il faut toujours la considérer
avec beaucoup de circonspection à fortiori
si la cardiopathie est gravement évoluée
et s'il existe des troubles hydro-électrolytiques
associés.
2.2
- Intoxication digitalique massive, accidentelle
ou suicidaire :
Absorption per-os de plus de 2 mg de Digitoxine.
Généralement cette absorption se fait sous
forme de solution de digitaline.
Les intoxications massives sont régulièrement
mortelles sauf si la seule thérapeutique
réellement efficace, les anticorps anti-digoxine
(Fab anti-digoxine préparé à partir d'hématies
de mouton) peut être administrée à temps.
3
- Accidents des IEC
insuffisance rénale,
ischémie rénale aiguë en cas de sténose
de l'artère rénale
Actuellement
d'autres traitements de l'insuffisance cardiaque
sont en cours d'évalutation comme
:
la stimulation triple chambre (pace maker
stimulant les deux ventricules et l'oreillette
droite).
ultrafiltration.
D'autres traitements médicamenteux comme
les anti-endothèline, les inhibiteurs des
vasopeptidases.
LE
TRAITEMENT DE LA DYSFONCTION DIASTOLIQUE
N'EST PAS ENCORE CORRECTEMENT CODIFIE
car le diagnostic formel est difficile,
elle intéresse une population plus âgée
souvent exclus des études.
Toutefois le mécanisme physiopathologique
et les étiologies sont assez bien connus
et le traitement peut en découler en sachant
que des études sont en cours actuellement
:
Les diurétiques sont là aussi indiqués en
cas de signes congestifs,
les digitaliques sont contre-indiqués,
les IEC peuvent être utilisés,
des molécules bradycardisantes améliorant
la relaxation seront préférées telles que
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