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INTRODUCTION
L'insuffisance ventriculaire gauche se définit
comme l'incapacité du ventricule
gauche à assurer un débit
adapté aux besoins métaboliques
de l'organisme dans toutes les circonstances
de la vie courante.
L'insuffisance
ventriculaire gauche est la conséquence
d'une pathologie cardiaque spécifique
au cours de laquelle on observe de façon
permanente ou paroxystique une élévation
des pressions de remplissage ventriculaire
qui se traduit par des phénomènes
congestifs d'amont et une réduction
du volume d'éjection systolique responsable
d'une chute du débit cardiaque ou
insuffisance circulatoire.
Dans certaines
circonstances, l'insuffisance ventriculaire
gauche résulte d'une pathologie extra-cardiaque,
telle que l'hyperthyroïdie, alors qu'il
n'y a pas de cardiopathie identifiable stricto
sensu.
Les états
au cours desquels des phénomènes
congestifs ou des phénomènes
d'insuffisance circulatoire peuvent s'observer
en l'absence d'atteinte myocardique proprement
dite sont exclus du cadre nosologique de
l'insuffisance cardiaque congestive. Il
s'agit des obstacles mécaniques gênant
le fonctionnement du coeur tels que rétrécissement
mitral, thrombose de prothèse, myxomes
ou tumeurs intracavitaires, les adiastolies
péricardiques telles que constriction
chronique ou tamponnade, ainsi que les états
de choc dans lesquels l'hypovolémie
joue un rôle.
L'insuffisance
ventriculaire gauche est une pathologie
très fréquente. On estime
que 1 % de la population générale
en est atteinte. La fréquence augmente
avec l'âge. Le pronostic de la maladie
est sévère, puisque la mortalité,
toutes gravités confondues, est de
l'ordre de 50 % à 5 ans.
ETIOLOGIE
L'enquête
étiologique dans le cadre d'une insuffisance
ventriculaire gauche est un temps déterminant.
En effet, certaines causes d'insuffisance
ventriculaire gauche sont curables radicalement.
Il importe donc au clinicien de les détecter
de façon claire et le plus précocément
possible. Le traitement radical de la cause
de l'insufFisance ventriculaire gauche est
en effet susceptible d'enrayer l'évolution
et de limiter la détérioration
myocardique qui a conduit à l'insuffisance
cardiaque.
On conservera
donc en mémoire l'aphorisme suivant
:
"L'insuffisance
ventriculaire gauche n'est pas un diagnostic,
mais un signe",
ce qui implique que l'identification de
l'insuffisance ventriculaire gauche doit
conduire obligatoirement à une enquête
étiologique approfondie.
Par convention, on distingue les étiologies
d'insuffisance ventriculaire gauche en fonction
de leur mécanisme physiopathologique.
1 - Surcharges
mécaniques du ventricule gauche.
1.1 - Surcharges
de pression :
rétrécissement aortique souvent
facile à identifier du fait de l'auscultation,
hypertension artérielle systémique
permanente,
coarctation aortique cause rare, mais facile
à identifier par la palpation des
artères fémorales.
1.2 - Surcharges
de volume :
insuffisance mitrale chronique,
insuffisance mitrale aiguë (désinsertion
de prothèse valvulaire, rupture de
cordages valvulaires, rupture de pilier
de la mitrale au cours d'infarctus aigu...)
insuffisance aortique chronique,
insuffisance aortique aiguë dans le
cadre de l'endocardite bactérienne,
des traumatismes thoraciques et de la dissection
aortique,
communication interventriculaire,
surcharge de volume due à un hyper-débit
chronique (anémie, hyperthyroïdie,
maladie de Paget, fistule artério-veineuse,
avitaminose B1).
Ces formes
étiologiques d'insuffisance ventriculaire
gauche par surcharge mécanique du
coeur sont d'expression clinique très
différentes les unes des autres.
Schématiquement, les surcharges mécaniques
chroniques sont fonctionnellement bien tolérées
pendant plusieurs années ou plusieurs
dizaines d'années, les manifestations
congestives d'insuffisance cardiaque étant
tardives.
A l'opposé,
les formes aiguës donnent des manifestations
souvent brutales et bruyantes sous forme
d'oedème pulmonaire.
2 - Cardiopathies
ischémiques.
C'est la cause la plus fréquente
dans les pays industrialisés.
L'insuffisance ventriculaire gauche peut
survenir dans le cadre de l'évolution
de toute forme de cardiopathie ischémique,
soit de façon chronique du fait d'une
altération progressive de la fonction
systolique du ventricule gauche, soit de
façon brutale à la faveur
d'une amputation aiguë de la fonction
systolique du ventricule gauche comme dans
l'infarctus aigu.
Dans certaines
circonstances, l'insuffisance ventriculaire
gauche est la conséquence d'une altération
mécanique surajoutée au défaut
contractile ( anévrysme ventriculaire,
rupture septale, rupture de pilier de la
mitrale lors d'un infarctus aigu).
3 - Cardiomyopathies.
3.1 - Cardiomyopathies
dilatées
caractérisées par une une
dilatation souvent considérable de
la cavité VG, d'étiologie
souvent imprécisée. C'est
le défaut de raccourcissement systolique
qui prédomine. La compliance est
par contre augmentée.
3.2 - Cardiomyopathies
hypertrophiques.
Dans cette étiologie, il existe une
hypertrophie inappropriée des parois
ventriculaires qui perdent leur capacité
à se distendre. Il existe toujours
un défaut majeur de compliance conduisant
à une augmentation des pressions
de remplissage du ventricule gauche, alors
qu'il n'y a pas, au moins au début
de l'évolution, de défaut
de raccourcissement systolique.
dans les cardiomyopathies hypertrophiques
diffuses, l'hypertrophie pariétale
est concentrique, homogène sur toute
la paroi ventriculaire, inappropriée
car ne se développant pas à
titre de phénomène compensateur
d'une surcharge mécanique de pression
comme le rétrécissement aortique.
dans les formes asymétriques
l'hypertrophie prédomine au niveau
du septum. C'est la cardiomyopathie obstructive.
Dans ce type de cardiomyopathie hypertrophique,
un élément de surcharge mécanique
peut se surajouter :
surcharge mécanique de pression due
à un obstacle intra-ventriculaire,
surcharge de volume liée à
une insuffisance mitrale souvent associée.
Parfois, l'hypertrophie prédomine
à la pointe, c'est la cardiomyopathie
hypertrophique apicale.
Dans toutes ces cardiomyopathies, sauf coincidence,
il n'y a pas de lésion identifiable
du réseau coronaire.
3.3 - Cardiomyopathies
secondaires.
Il s'agit des cardiomyopathies de surcharge
telle qu'amylose, hémochromatome,
dont la forme anatomique est souvent une
cardiomyopathie hypertrophique et restrictive.
cardiomyopathies toxiques, éthyliques,
adriamycine, Cobalt...
cardiomyopathies déficitaires, avitaminose
B1 ...
cardiomyopathies évoluant dans le
contexte d'un myopathie ( maladie de Steinert,
de Duchenne ...)
atteinte satellite des collagénoses
3.4 - Les fibro-élastoses,
et fibroses endomyocardiques forment
un cadre nosologique à part. Dans
ces cas, l'atteinte prédominante
est endocardique, le tableau réalisé
étant celui d'une restriction, mais
il existe également une atteinte
myocardique et/ou valvulaire.
3.5 - Myocardites.
Infectieuses, virales ou bactériennes,
très rares
Parasitaires - Maladie de Chargas
PHYSIOPATHOLOGIE
:
1 - Il existe
schématiquement deux grands types
d'insuffisance cardiaque selon le trouble
qui prédomine.
1.1 -
soit insuffisance cardiaque par défaut
contractile (ou défaut de raccourcissement,
ou défaut d'inotropisme), comme dans
l'insuffisance coronarienne, les cardiomoypathies
dilatées ...
L'état contractile ou inotropisme
exprime la capacité du ventricule
gauche à se raccourcir.
L'inotropisme est défini par la pente
de la relation pression volume télésystolique
(PTS/VTS). Elle est réduite en cas
de réduction de l'état contractile.
Dans ce cas, la relation PTS/VTS est déviée
en bas et à droite. Ceci implique
que la chambre ventriculaire fonctionne
avec des volumes très dilatés
en particulier volume télédiastolique
pour maintenir un volume d'éjection
systolique suffisant (cf. figure 1). La
dilatation cavitaire est souvent d'importance
croissante.
1.2 - soit
insuffisance cardiaque par défaut
de compliance de la chambre ventriculaire.
Dans ces cas, la fonction systolique de
raccourcissement n'est pas altérée,
la cavité ventriculaire est peu ou
pas dilatée, mais les parois sont
très épaisses (cardiomyopathie
hypertrophique, rétrécissement
aortique, hypertension artérielle).
Le fonctionnement de la cavité ventriculaire
gauche s'effectue sur la partie verticale
de la relation pression/volume diastolique.
La compliance ventriculaire gauche exprime
la capacité du ventricule gauche à se distendre
en diastole. La compliance ventriculaire
dépend à la fois de l'épaisseur de la paroi,
et de la qualité intrinsèque de la paroi
ventriculaire modifiée dans certaines cardiopathies
où la fibrose prédomine. Dans l'insuffisance
cardiaque congestive, les anomalies de remplissage
ventriculaire liées au défaut de compliance
se traduisent par l'élévation des pressions
de remplissage du ventricule et l'apparition
de signes congestifs en amont .
1.3 - soit association
de ces deux mécanismes.
C'est particulièrement vrai dans
le cas de la cardiopathie ischémique
ou dans tout autre cardiopathie par surcharge
mécanique au terme de son évolution
où la fibrose myocardique entraine
un défaut de compliance.
1.4 - Dans tous
les cas,
l'insuffisance ventriculaire gauche comporte
à la fois une élévation
des pressions de remplissage ventriculaire
et une chute du débit systolique
conduisant à une diminution du débit
cardiaque, de façon chronique ou
paroxystique. En outre, quelque soit le
mécanisme physiopathologique qui
a conduit à l'insuffisance cardiaque
congestive, des phénomènes
compensateurs interviennent :
phénomènes compensateurs purement
myocardiques qui ont pour effet de corriger
le défaut qui a conduit à
l'insuffisance cardiaque. Ce sont les phénomènes
d'hypertrophie-dilatation de la chambre
ventriculaire,
des mécanismes périphériques
qui ont pour résultat de maintenir
la pression et le débit de perfusion
des organes périphériques
et de redistribuer le flux sanguin au profit
des organes nobles tel que le cerveau, mais
au détriment d'autres organes comme
la peau, les muscles... (cf infra).
2 - Adaptation
cardiaque observée dans l'insuffisance
cardiaque congestive.
Elle a pour effet d'augmenter la masse myocardique.
Elle dépend beaucoup de l'étiologie.
L'hypertrophie est constante. Il s'agit
d'une augmentation du volume des fibres
myocardiques par synthèse protéique
qui augmente le nombre d'éléments
contractiles à l'intérieur
de chaque myocyte. Il n'y a pas de multiplication
cellulaire. Le stimulus de l'hypertrophie
myocardique est l'augmentation de contrainte
pariétale (produit du rayon multiplié
par la pression).
Cette hypertrophie s'accompagne d'une dilatation
cavitaire progressive et variable en intensité
dans tout type de cardiopathie mais particulièrement
dans les cardiopathies avec surcharge de
volume. Cette dilatation augmente les dimensions
diastoliques du ventricule gauche et en
modifie la géométrie. Elle
tend à augmenter le volume d'éjection
systolique.
Plus précoce dans les surcharges
de volume, elle survient de toute façon
dans tout type de cardiopathie même
les surcharges de pression mais de façon
beaucoup plus tardive.
Dans un cas comme dans l'autre, l'hypertrophie
pariétale s'accompagne à terme
de phénomènes de fibrose qui
vont étouffer les cellules contractiles,
amputer la fonction systolique et diastolique
du ventricule. L'intervention précoce
dans l'évolution permet d'arrêter
le processus fibrotique mais rarement de
le faire rétrocéder. Sa survenue
est de mécanisme totalement inconnu.
Il est possible que l'ischémie chronique
au moins des couches sous-endocardiques
du ventricule gauche joue un rôle
dans la survenue de cette fibrose myocardique
observée au terme de l'évolution.
3 - Mécanismes
d'adaptation périphérique.
3.1 - Les mécanismes
d'adaptation périphérique
dans l'insuffisance
ventriculaire gauche ont pour effet :
de maintenir un niveau de remplissage suffisant
des cavités cardiaques, qui assure
une distension suffisante donc un volume
d'éjection systolique suffisant,
mais qui a pour inconvénient d'augmenter
les signes congestifs,
d'augmenter la fréquence cardiaque
et l'inotropisme. Ceci a pour effet de maintenir
le débit cardiaque, mais comme principal
inconvénient de raccourcir la diastole
donc le remplissage ventriculaire, d'augmenter
la consommation d'oxygène du myocarde
et de favoriser l'éclosion de troubles
du rythme ventriculaire,
de maintenir par vasoconstriction artériolaire
la pression de perfusion des principaux
organes comme le cerveau, au détriment d'organes
comme le rein, les muscles squelettiques
et la peau, avec comme principal inconvénient
d'augmenter les résistances périphériques
donc la postcharge du ventricule gauche,
d'entraîner le dysfonctionnement de certains
organes comme le rein d'où la constitution
d'oedèmes,
d'augmenter l'extraction périphérique
des substrats.
3.2 - Ces mécanismes
d'adaptation passent
par la mise en jeu de plusieurs phénomènes
essentiellement la mise en jeu de
systèmes neuro-hormonaux et vaso-constricteurs.

3.2.1 - Le système
adrénergique
faisant intervenir les barorécepteurs,
elle entraine une secrétion exagérée
des catécholamines par toutes les
terminaisons nerveuses ainsi que la glande
surrénale,
responsable d'une vasoconstriction artérielle
qui corrige les chiffres tensionnels,
et d'une vasoconstriction veineuse
qui réduit la capacitance du système
veineux et qui tend donc à faire
monter les pressions de remplissage ventriculaire
gauche et faire apparaitre l'oedème
pulmonaire.
Cette exagération de secrétion
de cathécholamines est responsable
de tachycardie et de stimulation de l'inotropisme
ventriculaire gauche,
elle est également l'un des stimuli
qui conditionnent la mise en jeu du système
rénine-angiotensine-aldostérone,
deuxième système vaso-constricteur
de l'organisme stimulé lors de l'insuffisance
cardiaque,
enfin, la secrétion exagérée
de catécholamines dans l'insuffisance
cardiaque entraine une modification des
débits régionaux en particulier
au niveau rénal où la vasoconstriction
intéresse surtout la perfusion corticale
avec des conséquences sur le métabolisme
hydro-électrolytique.
3.2.2. - Le système
rénine-angiotensine-aldostérone
Il est mis en jeu surtout au moment des
poussées évolutives ou dans l'insuffisance
cardiaque très évoluée. Elle est sous la
dépendance de :
stimulation directe de l'appareil juxta-glomérulaire
par les catécholamines circulantes
(béta-récepteurs au niveau
de l'appareil juxta-glomérulaire).
diminution de la pression de perfusion de
l'artère afférente de l'appareil
juxta-glomérulaire, sensible à
l'étirement,
modification de la charge sodée au
niveau de la macula densa.
La mise en jeu du système rénine-angiotensine-aldostérone
a des conséquences importantes :
hyper-secrétion d'angiotensine qui
entraine vaso-constriction artériolaire
puissante augmentant la postcharge ventriculaire
gauche, majoration de la secrétion
des catécholamines par stimulation
de la médullo surrénale,
stimulation du centre de la soif, stimulation
de la secrétion d'hormone anti-diurétique.
Ces deux derniers mécanismes ont
pour conséquence l'exagération
de la rétention hydrique.
hyper-secrétion d'aldostérone
qui par ses effets au niveau du tubule contourné
distal majore la rétention hydrosodée.
L'hyper-activité
du système sympathique et du système
rénine-angiotensine-aldostérone
sont des mécanismes compensateurs
de l'insuffisance cardiaque qui tendent
à corriger la pression artérielle
et à augmenter la volémie
efficace. L'hyper-stimulation de ces deux
systèmes à des effets délétères
qui tendent à :
augmenter la postcharge ventriculaire gauche
et donc pénaliser davantage l'état
contractile du ventricule gauche défaillant
(vasoconstriction artérielle).
augmenter la précharge et donc augmenter
les signes congestifs pulmonaires (par rétention
hydrosodée et vasoconstriction veineuse).
L'inhibition des systèmes vaso-constricteurs
est à la base de la thérapeutique de l'insuffisance
cardiaque par les inhibiteurs de l'enzyme
de conversion
et les anti-adrénergiques
.
3.2.3 - Le système
de l'ADH :
Il est le plus tardivement mis en jeu. Son
rôle est de maintenir une volémie
efficace par réabsorption d'eau pure.
Il est directement à l'origine de
l'hyponatrémie de l'insuffisance
cardiaque terminale.
3.2.4
- Le système arginine vasopressine
L'augmentation
de l'arginine vasopressine dans l'insuffisance
cardiaque est beaucoup plus tardive et plus
hétérogène. L'arginine vasopressine agit
sur des récepteurs artériolaires pour provoquer
une vasoconstriction mais surtout une réabsorption
d'eau au niveau des segments distaux du
néphron et est à l'origine de l'hyponatrémie
observée dans les formes sévères d'insuffisance
cardiaque . Les déterminants de sa sécrétion
sont complexes, faisant intervenir la baisse
de la pression artérielle et l'angiotensine
2.
3.3 - D'autres
systèmes d'adaptation aboutissent à la mise
en jeu de systèmes neuro-hormonaux vaso-dilatateurs.
3.3.1 - Le facteur
atrial natriurétique est libéré
sous l'effet de l'augmentation de la distension
auriculaire. Il provoque une vasodilatation
artérielle et une réduction
de la stase au niveau des systèmes
interstitiels au profit du secteur vasculaire.
3.3.2 - Le Brain Natriuretic
Peptide (BNP) : Propriétés analogues
au facteur antinatriurétique. Son dosage
Aurait un intérêt diagnostic et pronostic
dans l'insuffisance cardiaque.
3.3.3 - Le système
des prostaglandines et des kinines s'oppose
aussi aux effets vasoconstricteurs des trois
premiers systèmes.
Dans l'insuffisance
cardiaque, il existe un déséquilibre
des systèmes vasodilatateurs aux
dépens des systèmes vasoconstricteurs.
La vasoconstriction artérielle et
artériolaire entraîne une augmentation
de la post-charge induisant une réduction
du débit cardiaque et ainsi de suite.
Il s'agit d'une maladie de l'adaptation.
En effet, ce sont tous les phénomènes
permettant de maintenir un débit
cardiaque adapté qui aggravent l'atteinte
myocardique.
3.4 - Effets
rénaux :
Dans l'insuffisance cardiaque un certain
nombre de modifications s'observent au niveau
du rein. Toutes ont pour conséquence
d'augmenter la rétention hydrosodée
:
réduction de la filtration glomérulaire,
augmentation de la fraction filtrée,
augmentation de la réabsorption sodée
et hydrique au niveau du tubule contourné
proximal,
augmentation de la rétention sodée
au niveau du tubule contourné distal
sous l'effet de l'aldostérone secrétée
de façon exagérée,
intervention au niveau du tube collecteur
de l'hormone anti-diurétique également
secrétée de façon exagérée
dans certaines formes d'insuffisance cardiaque,
3.5 - L'adaptation
métabolique périphérique
:
Lorsque le débit cardiaque chute,
il s'ensuit une extraction accrue de l'oxygène
au niveau des différents territoires,
se traduisant par une augmentation de la
différence artérioveineuse
en oxygène.
Cette extraction accrue est essentiellement
due à une diminution de l'affinité
de l'hémoglobine pour l'oxygène
qui ne nuit pas à la saturation en
oxygène de la molécule d'hémoglobine
au niveau du poumon (où la pression
partielle en oxygène est élevée),
mais permet un largage périphérique
de l'oxygène facilité (pression
partielle tissulaire en oxygène faible).
DIAGNOSTIC
1 - Signes fonctionnels
1.1 - Le maître
symptôme est la dyspnée.
Elle est en rapport
direct avec l'élévation de
la pression capillaire pulmonaire. Elle
peut revêtir différentes formes
:
la dyspnée d'effort : Il s'agit de
la forme la plus précoce. L'importance
de cette dyspnée est en pratique
gradée selon la classification de
la NYHA (New York Heart Association).
Stade 1 : il n'y a pas de limitation de
l'activité physique.
Stade 2 :la dyspnée apparaît
pour les efforts les plus importants de
la vie quotidienne. La limitation de l'activité
physique demeure très modeste.
Stade 3 : l'activité physique est
réduite de façon importante.
La gêne survient même pour des
efforts minimes de la vie courante. Il n'y
a pas de symptôme au repos.
Stade 4 : la dyspnée existe même
au repos et s'aggrave au moindre effort.
La dyspnée de décubitus :
elle traduit souvent un stade plus évolué.
Le sommeil en décubitus strict est
impossible. Il est nécessaire pour
le patient d'utiliser plusieurs oreillers
voire de se mettre en position assise.
La dyspnée paroxystique : il s'agit
d'un accès dyspnéique aigu
nocturne le plus souvent.
L'oedème pulmonaire aigu (voir chapitre
ci-dessous).
le pseudo asthme cardiaque est une forme
trompeuse. Il s'agit d'une dyspnée
expiratoire avec sibilances, la toux ramène
des expectorations blanchâtres. Il
est en rapport avec un oedème bronchique
prépondérant et répond
au traitement diurétique.
1.2 - Outre la
dyspnée, d'autres
manifestations sont à rechercher
:
la toux sèche, quinteuse qui survient
le plus souvent à l'effort ou au
décubitus est trompeuse et fait souvent
parler à tort de grippe ou bronchite.
l'hémoptysie ou plus fréquemment
le crachat hémoptoïque.
1.3 - L''interrogatoire
apporte des éléments
d'orientation importants :
antécédents d'infarctus du
myocarde, anomalie auscultatoire ancienne
ou récente, hypertension artérielle...
Le mode de vie est à préciser,
notion d'intoxication éthylique,
présence de facteurs de risques cardio-vasculaires
(tabac, sédentarité...etc).
Un facteur déclenchant des symptomes
est également souvent identifié
par l'interrogatoire :
troubles du rythme cardiaque ;
grossesse ;
syndrome infectieux ;
erreur ou interruption de traitement ;
prise de médicaments inotropes négatifs
(béta-bloquants, antiarythmiques)
;
poussée hypertensive.
écart de régime déssodé.
2 - Examen clinique
2.1 - L'examen
cardiaque
Inspection : le simple inspection
peut révèler des signes intéressants.
Le rythme respiratoire peut être modifié
au repos ou après un effort de déshabillage.
L'inspection peut également révèler
des oedèmes des membres inférieurs,
une turgescense des jugulaires. La cyanose
est rare.
Palpation :
Déviation en bas et au gauche du
choc de pointe.
Diminution des vibrations vocales de façon
uni ou bilatérale en rapport avec
un épanchement pleural.
Frémissement en cas de cardiopathie
valvulaire.
Percussion :
Elle n'a pas d'intérêt dans
l'examen cardiaque proprement dit.
Elle est surtout pulmonaire à la
recherche d'un épanchement pleural.
Auscultation
La tachycardie est quasi constante,
régulière ou non. Cette tachycardie
peut être un facteur déclenchant
de la décompensation cardiaque lorsque
le trouble du rythme auriculaire est rapide
(fibrillation auriculaire rapide, flutter
auriculaire).
Parfois, il s'agit d'une bradycardie intense
en rapport avec un trouble de conduction
favorisant la décompensation cardiaque.
Le bruit de galop gauche :
Le bruit de galop gauche est apexien.
Il est habituellement présystolique
et survient donc avant le premier bruit.
Il disparaît en cas de fibrillation
auriculaire. Il peut être proto-diastolique
survenant après le deuxième
bruit.
Il est mieux perçu en décubitus
latéral gauche ou juste après
un effort et est de timbre sourd.
Un souffle systolique d'insuffisance
mitrale fonctionnelle est fréquent.
Il s'agit d'un souffle apexo-axillaire,
holosystolique peu intense.
On peut parfois percevoir un éclat
du deuxième bruit traduisant une
hypertension artérielle pulmonaire.
Enfin, l'auscultation peut révèler
un souffle organique traduisant une valvulopathie
sténosante ou fuyante ou mixte ou
une cardiomyopathie obstructive ou un défaut
septal.
2.2 - A l'auscultation
pulmonaire,
on constate des râles crépitants
plus ou moins étendus au niveau des
deux champs pulmonaires. Dans les formes
les moins sévères, ils siègent
au niveau des bases. Ils persistent après
la toux.
Parfois, le murmure vésiculaire est
aboli en rapport avec un épanchement
pleural.
2.3 - Le pouls
est rapide régulier
ou irrégulier suivant qu'il existe
ou non un trouble du rythme auriculaire
ou ventriculaire.
2.4 - La tension
artérielle est
souvent pincée avec chiffres de systolique
abaissés.
Il est classique de dire que lorsque l'insuffisance
cardiaque est due à une hypertension
artérielle, les chiffres tensionnels
sont souvent amputés lorsque l'insuffisance
cardiaque s'installe.
2.5 - On s'attachera
à préciser la notion d'un
facteur déclenchant :
recherche d'une maladie thrombo-embolique
hyperthermie, fièvre...
3 - L'Électrocardiogramme
peut révéler :
Une tachycardie sinusale ou irrégulière
en rapport avec une fibrillation auriculaire.

Des signes de surcharge du ventricule gauche
non spécifiques :

déviation axiale gauche avec retard
d'apparition de la déflexion intrinsécoïde
en V6,
indice de Sokolov supérieur à
35mm,
troubles de repolarisation à type
de sous-décalage de ST avec onde
T négative.
Des troubles de conduction à type
de bloc complet ou incomplet de branche
gauche.

Des signes pouvant correspondre à
une étiologie particulière,
comme une onde Q de nécrose, traduisant
un infarctus récent ou ancien.

Des signes traduisant un imprégnation
médicamenteuse comme :
une une hypokaliémie en rapport avec
une prescription de diurétiques,
(modifications particulières de la
repolarisation ventriculaire),
une imprégnation digitalique.
Il existe parfois des signes d'hyperexcitabilité
ventriculaires de pronostic péjoratif.
4 - La radiographie
pulmonaire :
Elle doit se faire à chaque fois
que cela est possible en position debout,
de face et de profil. Lorsque cela est impossible,
il faut la réaliser en position semi-assise.
4.1 - Les anomalies
de la silhouette.
Elles sont inconstantes.
A titre exceptionnel, il peut ne pas exister
de cardiomégalie.
La plupart du temps, il existe une augmentation
du volume cardiaque d'intensité modérée
non spécifique se faisant essentiellement
aux dépens de l'arc inférieur
gauche traduisant une hypertrophie ventriculaire
gauche.
Parfois, l'oreillette gauche est apparente
sur le cliché de thorax de face sous
forme de débord droit au niveau de
l'arc inférieur droit ou de débord
gauche au niveau de l'arc moyen gauche dans
les insuffisances mitrales ou les maladies
mitrales avec dilatation auriculaire gauche
majeure.

La mesure du rapport cardiothoracique est
importante. Elle n'est pas spécifique
mais donne une idée sur le degré
évolutif de la cardiopathie. Il s'agit
d'un élément de discussion
opératoire dans les cardipathies
valvulaires.
4.2 - Les modifications
pleuro-pulmonaires.
Des anomalies des éléments
vasculaires, du parenchyme pulmonaire ou
des plèvres sont observables :
la redistribution vasculaire vers les sommets
est le signe le plus précoce. Elle
traduit une augmentation relativement modérée
des pressions de remplissage du ventricule
gauche de l'ordre de 18 mm de mercure.
les stries de KERLEY de type B (lignes horizontales
au niveau des culs de sacs diaphragmatiques)
traduisent une stase lymphatique.
opacités floues, floconneuses à
maximum périhilaire,
épanchements interlobaires ou de
la grande cavité pouvant être
très peu intenses ou parfois très
abondants souvent bilatéraux mais
parfois unilatéraux,
bronches nimbées d'oedème,
traduisant un oedème intersticiel
perçu comme un halo péribronchique
sur les petites bronches péribilaires.
On décrit 3 stades au poumon cardiaque
:
Le stade 1 est dit "hypertension veineuse
post-capillaire" où il n'existe qu'une
augmentation de la trame vasculaire avec
redistribution au profit des sommets. La
pression capillaire dans ce cas est de l'ordre
de 18 mmHg au maximum.
L'oedème pulmonaire interstitiel.
A ce stade, il existe des stries de Kerley
et des épanchements interlobaires,
des bronches nimbées d'oedème,
en plus des signes décrits précédemment.
La pression capillaire est comprise entre
18 et 25 mmHg.

Un stade d'oedème pulmonaire alvéolaire
ou apparaissent en plus les signes parenchymateux,
images floconneuses péri-hilaires.
La pression capillaire est supérieure
à 25 mmHg.
5 - Les examens
biologiques
Le diagnostic d'insuffisance ventriculaire
gauche est un diagnostic clinique et radiologique.
Les examens biologiques sont réalisés
à la recherche d'une étiologie
ou d'une complication thérapeutique.
Dans les formes aiguës ou sévèrement
évoluées, il existe une perturbation
des échanges gazeux avec hypoxie,
hypocapnie, alcalose.
6 - L'échographie
doppler
C'est l'examen déterminant de première
intention du diagnostic étiologique.
Il permet d'évaluer :
6.1 - La taille
des cavités cardiaques droites et
gauches.
Dans la majorité des cas, la cavité
ventriculaire gauche est fortement dilatée.
Bien sûr cela dépend de l'étiologie.
La dilatation prédomine dans les
cardiomyopathies dilatées, les cardiopathies
ischémiques très évoluées,
les valvulopathies avec surcharge de volume.
Par contre, dans les cardiomyopathies hypertrophiques,
les sténoses aortiques, l'hypertension
artérielle au moins au début
de l'évolution il n'y a pas de dilatation
cavitaire.
6.2 - L'hypertrophie
pariétale est
appréciable au niveau de la paroi
postérieure et du septum.
L'hypertrophie peut être très
importante dans les surcharges de pression,
souvent moins apparente dans les surcharges
de volume. Dans les cardiomyopathies dilatées,
elle peut être inexistante. Dans les
cardiomyopathies hypertrophiques, elle est
importante, avec asymétrie septale
dans la cardiomyopathie obstructive.
6.3 - La cinétique
globale et régionale de la cavité
ventriculaire,
globalement diminuée dans les cardiomyopathies
dilatées et les surcharges de volume
en insuffisance cardiaque,
troubles de cinétique segmentaire
dans la cardiopathie ischémique,
conservée dans les cardiopathies
hypertrophiques diffuses, la cardiomyopathie
obstructive et les surcharges de pressions.
6.4 - L'état
des appareils valvulaires.
L'échocardiographie permet de dépister
à coup sûr :
les sténoses valvulaires aortiques,
sous-aortiques ou supra-aortiques,
la sténose mitrale (diagnostic différentiel
de l'insuffisance ventriculaire gauche),
les fuites valvulaires. Les fuites valvulaires
sont faciles à détecter en
échographie couleur. Elles sont par
contre plus difficiles à quantifier
alors que les sténoses le sont très
facilement.
6.5 - Le gradient
de pression intraventriculaire de la cardiomyopathie
obstructive.
6.6 - Les anomalies
associées des
cavités droites ou de l'aorte ascendante.
7 - La scintigraphie
cavitaire :
La scintigraphie cavitaire permet de quantifier
le défaut de raccourcissement systolique
du ventricule gauche qui a conduit à
l'insuffisance ventriculaire gauche.
A ce titre, il s'agit d'un examen de très
grande valeur pour la surveillance au long
cours des insuffisances cardiaques.
Cet examen n'a pas de valeur diagnostique.
Ce n'est qu'à titre exceptionnel
qu'il permet de porter un diagnostic d'anévrysme
ventriculaire non soupçonné
jusqu'alors.
8 - Les explorations
hémodynamiques et angiographiques
:
Ces examens n'ont pas d'intérêt
diagnostique. Ils sont réalisés
lorsque, au terme des explorations cliniques,
électrocardiographiques et échographiques,
un doute persiste sur la nature, le type
de la cardiopathie.
De la même façon, ils sont
réalisés à titre préopératoire
dans certains types de cardiopathie. Parfois,
ils ne sont réalisés que de
façon à vérifier s'il
existe une cardiopathie ischémique
méconnue cliniquement.
Ces examens ne sont pas systématiques.
Ils sont envisagés lorsqu'une thérapeutique
chirurgicale est possible (valvulopathie),
lorsqu'une cardiopathie ischémique
est suspectée...
D'une façon générale,
l'exploration hémodynamique et angiographique
va permettre de :
mesurer les pressions droites et les pressions
de remplissage du ventricule gauche (capillaire
ou télédiastolique ventriculaire
gauche),
mesurer le débit cardiaque et chiffrer
ainsi l'intensité de l'insuffisance
circulatoire de repos,
de mesurer la résistance artérielle
systèmique souvent notablement augmentée,
quantifier la fonction ventriculaire gauche
par mesure des volumes ventriculaires et
de la fraction d'éjection,
évaluer l'importance d'une régurgitation
ou d'une sténose valvulaire,
vérifier l'intégrité
du réseau coronaire ou au contraire
affirmer son atteinte.
9 - Epreuve d'effort
avec mesure de la consommation d'oxygène
:
Son but est d'évaluer le retentissement
du défaut circulatoire global de
l'insuffisance ventriculaire gauche. En
effet la mesure de la capacité aérobique
maximale explore à la fois
la fonction cardiaque, en particulier l'adaptation
du débit cardiaque à l'effort,
la fonction de transport de l'oxygène,
la capacité d'utilisation de l'oxygène
par la périphérie, souvent
altérée dans l'insuffisance
cardiaque en raison d'anomalies des circulations
locales en particulier musculaires.
Les implications pronostiques d'une telle
mesure sont considérables. C'est
sur cette mesure que les indications de
transplantation cardiaque sont basées
dans l'insuffisance cardiaque chronique.
EVOLUTION ET
PRONOSTIC DE L'INSUFFISANCE VENTRICULAIRE
GAUCHE.
L'insuffisance ventriculaire gauche évolue
habituellement par poussées à
la faveur d'un facteur déclenchant,
troubles du rythme, syndromes infectieux
(pneumopathie, septicémie), embolie
pulmonaire, écart de régime,
iatrogénicité (utilisation
de drogues inotropes négatives),
hyperthyroïdie, grossesse.
L'évolution de l'insuffisance cardiaque
se fait inévitablement vers la déchéance
myocardique définitive et l'insuffisance
circulatoire incompatible avec la survie
du malade.
La mort
est donc l'aboutissant ultime de l'insuffisance
ventriculaire gauche. L'évolution
est souvent émaillée de complications.
Il n'y a que
dans les formes secondaires à une
cause curable radicalement que l'évolution
peut être enrayée.
La mort subite est fréquente et constitue
30 à 50% des modalités de
décès dans l'insuffisance
ventriculaire gauche.
Certaines modalités évolutives
particulières peuvent apparaître
en fonction des étiologies. L' insuffisance
ventriculaire gauche des myocardites aiguës
a souvent une évolution très
rapidement mortelle d'un seul tenant (quelques
jours ou quelques semaines).
Enfin, dans l'évolution de l'insuffisance
ventriculaire gauche chronique, la survenue
tôt ou tard de manifestations d'insuffisance
cardiaque droite développée
à la faveur d'une hypertension artérielle
pulmonaire est inéluctable.
1 - Les complications
:
1.1 - Les troubles
du rythme
auriculaires : la fibrillation auriculaire
justifie un traitement digitalique et anticoagulant
impératif. Elle expose à la
survenue de complications emboliques périphériques,
ventriculaires dont l'importance pronostique
est considérable.
1.2 - Les complications
thrombo-emboliques sont importantes en phase
aiguë.
Il est indispensable d'anticoaguler de façon
systématique les patients en insuffisance
cardiaque congestive.
1.3 - Les complications
iatrogènes :
hypokaliémie et risque de torsades
de pointe,
intoxication digitalique,
insuffisance rénale en rapport le
plus souvent avec l'association d'inhibiteurs
de l'enzyme de conversion et de diurétiques
à forte dose,
effets pro-arythmogènes de certains
anti-arythmiques.
1.4 - Insuffisance
cardiaque terminale
C'est le stade ultime de l'évolution
de l'insuffisance ventriculaire gauche.
La dyspnée est permanente. Si l'évolution
se prolonge, les manifestations d'insuffisance
ventriculaire droite peuvent survenir ;
on assiste alors à l'apparition d'oedèmes
avec hépatomégalie et ascite,
les phénomènes dyspnéiques
passent au second plan.
La mort survient dans un tableau d'acidose
et l'oligo-anurie.
LES FORMES CLINIQUES
:
1 - Les formes
asymptomatiques avec ou sans traitement
:
les cardiomyopathies dilatées au
début,
les valvulopathies,
les cardiopathies ischémiques asymptomatiques.
2 - Les formes
révélées par un accident
brutal évolutif ou une complication
type oedème pulmonaire.
3 - Les formes
avec choc cardiogénique.
4 - Formes étiologiques.
On distingue trois grands groupes : les
insuffisances cardiaques dues à une
surcharge mécanique, (surcharge mécanique
de pression ou de volume), les cardiopathies
ischémiques, les cardiopathies primitives
et secondaires
4.1 - Les surcharges
mécaniques :
les surcharges de pression :
C'est le cas dans l'hypertension artérielle
et le rétrécissement aortique.
Cette surcharge de pression entraîne
d'importants remaniements de la paroi ventriculaire
gauche avec une hypertrophie ventriculaire
gauche concentrique souvent importante.
La dilatation ventriculaire gauche est longtemps
absente. Les anomalies de la fonction diastolique
prédominent dans ce type de cardiopathie
et sont en rapport avec l'accroissement
de la rigidité de la chambre ventriculaire.
Les surcharges de volume :
C'est le cas de l'insuffisance mitrale et
des défauts septaux. L'éjection
se fait vers une cavité à
basse pression, ventricule droit dans le
cadre de la communication inter-ventriculaire
et oreillette gauche dans l'insuffisance
mitrale. Il n'y a donc pas de surcharge
de pression mais en revanche une surcharge
de volume puisque le volume régurgitant
vient s'ajouter lors du remplissage. La
régurgitation se faisant dans une
cavité à basse pression, le
ventricule gauche garde longtemps une hyperkinésie.
L'insuffisance ventriculaire gauche apparaitra
plus ou moins rapidement en fonction du
caractère aigu ou non de l'insuffisance
mitrale.
Dans l'insuffisance aortique, il existe
une surcharge de volume du fait de la régurgitation
en diastole dans le ventricule gauche. Par
ailleurs le volume éjecté
dans la grande circulation est beaucoup
plus important relativement à l'orifice
aortique d'où une augmentation de
la post-charge. Dans ce type de cardiopathie
il existe à la fois une dilatation
et une hypertrophie.
4.2 - Les cardiopathies
ischémiques :
S'y associent une réduction de la
contractilité en rapport directement
avec la destruction myofibrillaire liée
à la nécrose, une asynergie
de contraction entre les segments ischémiques
et les segments sains, un accroissement
de la rigidité des segments nécrotiques.
A ces différents phénomènes
peuvent se rajouter des complications à
type d'insuffisance mitrale, d'anévrysme
pariétal ou de rupture septale.
L'insuffisance cardiaque ne survient pas
forcément dans les suites immédiates
de l'infarctus du myocarde mais peut survenir
dans les années qui suivent. Dans
le post-infarctus l'expansion et l'amincissement
de la zone nécrotique retentissent
sur les zones saines par l'intermédiaire
de modifications de contrainte pariétale.
C'est le remodelage ventriculaire qui explique
le caractère parfois retardé
de ces insuffisances cardiaques.
4.3 - Les cardiomyopathies
:
Les cardiomyopathies dilatées, primitives
ou secondaires :
Dans ces formes, la dilatation cavitaire
est majeure et la cinétique ventriculaire
gauche très gravement altérée.
Ces formes sont souvent primitives sans
étiologie identifiable.
Les formes secondaires sont le fait surtout
de :
la cardiomyopathie alcoolique : l'alcool
est toxique pour le myocarde. Il s'agit
d'une cause fréquente de cardiomyopathie
dilatée. L'alcool entraîne
une raréfaction myofibrillaire et
une réduction de la contractilité.
Cette cardiomyopathie dilatée s'aggrave
progressivement si l'intoxication se maintient.
En revanche, elle peut se stabiliser voire
même régresser si l'interruption
de l'intoxication est obtenue.
Les cardiomyopathies toxiques : les antimitotiques
de la famille des antracyclines sont connus
pour entraîner des cardiomyopathies
dilatées. Cette toxicité est
cumulative. La surveillance de la fonction
systolique des patients soumis à
une telle thérapeutique doit être
régulière. Les anthracyclines
doivent être interrompues dès
que la fraction d'éjection se détériore.
Les cardiomyopathies hypertrophiques :
Elles se traduisent habituellement par une
masse myocardique importante. La particularité
des cardiomyopathies hypertrophiques est
avant tout la gêne au remplissage,
la fonction systolique étant habituellement
conservée. Les manifestations d'insuffisance
ventriculaire gauche sont souvent déclenchées
à l'occasion d'un passage en fibrillation
auriculaire.
Cette hypertrophie se fait aux dépens
du septum, de la pointe ou de l'ensemble
du myocarde. Le ventricule gauche est habituellement
hyperkinétique.
Un gradient intraventriculaire gauche est
parfois observé. Il s'agit de la
cardiomyopathie obstructive qui se traduit
cliniquement par une anomalie auscultatoire
au niveau du quatrième espace intercostal
gauche de type éjectionnel respectant
les premier et deuxième bruits.
4.4 - Les myocardites
forment un cadre nosologique à part.
Elles surviennent le plus souvent chez le
sujet jeune, en rapport avec une inflammation
des tissus myocardiques. L'étiologie
virale est fréquente. Elle peut s'observer
à la phase aiguë du rhumatisme
articulaire aigu (cardite rhumatismale devenue
exceptionnelle). La maladie de CHAGAS est
une myocardite liée à une
trypanosomiase Sud Américaine.
4.5 - Les causes
extracardiaques d'insuffisance ventriculaire
gauche.
Ces causes ont toutes en commun une augmentation
chronique et souvent importante du débit
cardiaque.
La cause extracardiaque responsable des
manifestations d'insuffisance ventriculaire
peut être isolée mais souvent
en fait révèle une défaillance
ventriculaire qui ne s'était pas
encore exprimée cliniquement.
A proprement parler, il s'agit d'insuffisance
ventriculaire gauche dont le cadre nosologique
demeure incertain.
Insuffisance ventriculaire gauche de l'anémie
chronique,
Hyperthyroïdie et cardiothyréose,
Fistule artério-veineuse,
Béri-béri cardiaque. Dans
ce cas, il existe un déficit chronique
en thiamine (vitamine B1). Il peut s'agir
d'une carence alimentaire mais sous nos
climats, il s'agit le plus souvent d'une
intoxication éthylique. Il existe
souvent des signes neurologiques associés.
Le diagnostic est assuré par le dosage
de thiamine.
La réintroduction de la vitamine
B1 permet la cure de cette insuffisance
cardiaque.
Maladie de Paget et acromégalie.
Dans ces cas également, il s'agit
d'un hyperdébit. En fait, l'insuffisance
ventriculaire gauche dans ces deux circonstances
est toujours très tardive dans l'évolution.
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
1 - Diagnostic
différentiel de la dyspnée.
C'est une erreur de diagnostic fréquente
bien que la dyspnée soit le maitre
symptôme de l'insuffisance ventriculaire
gauche, qu'elle comporte des caractéristiques
précises en particulier de survenue
à l'effort, d'être accompagnée
souvent de toux ou lorsqu'elle devient permanente
d'entrainer une orthopnée.
1.1 - La dyspnée
chronique est
souvent confondue avec les dyspnées
chroniques des bronchopneumopathies chroniques
comme la bronchite chronique, l'emphysème
pulmonaire... Dans ces cas, l'auscultation
pulmonaire n'est pas du tout la même.
Radiologiquement, les signes sont très
différents.
1.2 - Dyspnée
paroxystique :
confusion fréquente avec l'asthme,
bronchite aiguë,
embolie pulmonaire,
compression aiguë du coeur
pneumothorax suffoquant,
syndrôme de détresse respiratoire,
"grippe".
Il s'agit du diagnostic le plus calamiteux
porté en présence d'une insuffisance
ventriculaire gauche. Il revient malheureusement
très fréquemment.
2 - Les signes
radiologiques.
la fibrose pulmonaire ne prête pas
à confusion, il n'existe pas d'image
parenchymateuse,
le seul diagnostic différentiel est
en fait celui de l'oedème pulmonaire
non hémodynamique observé
en cas d'oedème pulmonaire lésionnel
(infectieux, toxique...).
3 - l'oedème
pulmonaire non hémodynamique.
4 - Cardiopathies
donnant des manifestations de poumon cardiaque
sans insuffisance ventriculaire gauche proprement
dite.
rétrécissements mitraux,
dysfonction de prothèse mitrale. |