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LES
POINTS FORTS A RETENIR: |
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- L'insuffisance mitrale
(IM) est la valvulopathie la
plus fréquemment rencontrée
dans les pays occidentaux après
le rétrécissement aortique calcifié
du troisième âge.
- Les formes rhumatismales sont
devenues rares dans les pays
développés et la forme dystrophique,
par dégénérescence fibro-élastique,
du sujet de plus de 60 ans est
de loin la plus fréquente.
- De ce fait, l'IM se manifeste
volontiers sous une forme aiguë,
le plus souvent par rupture
spontanée de cordages mitraux,
qui portent surtout sur la valve
postérieure ou petite valve.
Dans cette forme, le tableau
clinique inaugural est souvent
brutal (œdème aigu du poumon).
Le rythme sinusal persiste le
plus souvent.
- Il est essentiel de préciser
le mécanisme de l'insuffisance
mitrale et son étiologie car
c'est de ces constatations que
dépendront les possibilités
de réparation valvulaire, ou
plastie chirurgicale.
L'échographie cardiaque transthoracique
et transœsophagienne permettra
de préciser ces points et de
prédire la possibilité d'une
plastie chirurgicale.
- De fait, la plastie mitrale
chirurgicale, décrite par Carpentier
à Paris il y a une trentaine
d'années, est devenue la méthode
de choix du traitement de la
plupart des IM. Elle est maintenant
possible dans près de ¾ des
cas et est grandement préférable
au remplacement valvulaire mitral
par prothèse.
- Du fait des possibilités de
conservation valvulaire, l'indication
opératoire est plus précoce
que dans le passé.
- La précocité de la chirurgie
et l'usage de la plastie améliorent
nettement la survie des patients
opérés pour IM par rapport à
celle des patients qui ont eu
un remplacement valvulaire autrefois.
- L'IM expose au risque d'endocardite
infectieuse (EI) et la prévention
de l'EI est hautement souhaitable.
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L'insuffisance
mitrale (IM) est caractérisée par le reflux
systolique d'une partie du sang du ventricule
gauche vers l'oreillette gauche du fait
de la perte d'étanchéité de la valve mitrale.
C'est une affection qui a grandement bénéficié
du développement des techniques d'échocardiographie
doppler, notamment pour la compréhension
de son mécanisme et de ses étiologies, qui
sont très diverses. Les insuffisances mitrales
dystrophiques sont actuellement les plus
fréquentes, les formes rhumatismales étant
devenues rares.
Le traitement chirurgical a largement bénéficié
également des progrès techniques de ces
dix dernières années, avec le développement
des plasties chirurgicales.
PHYSIOPATHOLOGIE
1 - Mécanismes
de l'insuffisance mitrale

La régurgitation
mitrale est rendue possible par :
rarement une solution de continuité
au niveau du tissu valvulaire, d'origine
congénitale (fente mitrale) ou acquise
(perforation sur endocardite, ou traumatique)
le plus souvent par un défaut d'affrontement
des valves, de mécanisme variable
:
par ballonnisation de l’une ou des
2 valves, qui modifie la surface de contact
entre les feuillets valvulaires,
par éversion de l'une des valves
(un ou plusieurs folioles), due à
des ruptures de cordages. Dans ces 2 cas,
le jeu valvulaire est excessif
par rétraction valvulaire (IM rhumatismale)
: dans ce cas, le jeu valvulaire est réduit
par dilatation de l'anneau (la surface de
l'orifice est plus grande que celle des
valves), avec jeu valvulaire normal : IM
dite fonctionnelle, fréquente.
On distingue donc trois types d'IM dans
la classification de CARPENTIER :
IM de type I : jeu valvulaire normal (perforation,
fente, IM fonctionnelle),
IM de type II : jeu valvulaire exagéré
(IM dystrophiques),
IM de type III : jeu valvulaire restreint
(rétractions valvulaires des IM rhumatismales,
ou restriction du jeu valvulaire des IM
ischémiques).
La compréhension du mécanisme
des IM est essentielle, car de celui-ci
dépendent les possibilités
de plastie chirurgicale ; les meilleures
indications sont les IM de type II, avec
excès de tissu valvulaire ; les moins
bonnes indications sont les types III, avec
rétractions valvulaires.
2 - Insuffisance
mitrale chronique :
2.1 - Conséquences
d'amont
Du fait de la régurgitation mitrale
chronique (par exemple IM rhumatismale),
l'oreillette gauche se distend peu à
peu, ce qui a pour effet d'amortir l'augmentation
de pression intra atriale qui en résulte.
Si la régurgitation est importante
et le débit cardiaque maintenu, la
pression atriale gauche s'élève
néanmoins. Par voie de conséquence,
la pression capillaire pulmonaire s'élève,
mais tardivement.
l'oreillette gauche dilatée est souvent
en fibrillation atriale.
2.2 - Conséquences
d'aval
Du fait de la régurgitation d'une
partie du volume sanguin dans l'oreillette
gauche, le ventricule gauche est soumis
à une surcharge volumétrique,
qui va le dilater peu à peu. La particularité
de cette surcharge volumique est que le
myocarde ventriculaire gauche est déchargé
de façon dynamique pendant la systole
puisqu'il peut se déverser en partie
dans une cavité à basse pression,
l'oreillette gauche. La surcharge volumique
survient principalement pendant le remplissage,
en fin de diastole.
Ces conditions hémodynamiques particulières
favorisent le maintien des paramètres
de la fonction "pompe" du coeur,
telle que la fraction d'éjection,
même en présence d'une détérioration
musculaire. Cette détérioration
détermine toutefois l'évolution
à long terme et notamment post-opératoire,
avec un risque de dysfonction ventriculaire
gauche résiduelle.
3 - Insuffisance mitrale
aiguë
3.1 - Conséquences
d'amont
L'oreillette gauche est peu dilatée,
mais la pression intra atriale gauche est
très élevée, avec en
particulier une grande onde "v"
qui témoigne de l'importance de la
régurgitation. En conséquence,
les pressions pulmonaires s'élèvent
brutalement et il est fréquent que
les IM aiguës se révèlent
par un oedème aigu du poumon.
On observe une hypertrophie de la paroi
de l'oreillette gauche et des veines pulmonaires,
ainsi que des modifications de structure
des artères pulmonaires avec une
élévation marquée des
résistances artérielles pulmonaires
qui peut apparaître en quelques mois.
L'OG, peu dilatée, demeure généralement
en rythme sinusal.
3.2 - Conséquences
d'aval
Bien que la régurgitation
soit en général importante
dans ce cas, le ventricule gauche n'est
que modérément dilaté.
Sa cinétique est exagérée.
ETIOLOGIES
1 - Insuffisance
mitrale rhumatismale
autrefois première cause d'IM, elle
est devenue rare dans les pays occidentaux.
elle est le plus souvent associée
à une sténose et la rigidité
de l'orifice, figé en diastole comme
en systole, est responsable de la régurgitation.
Les valves sont épaissies, rétractées.
L'appareil sous valvulaire est remanié,
les cordages raccourcis. Des ruptures de
cordages sont possibles. Il s’agit
d’IM « restrictives »,
de type III de Carpentier.
l'association d'une sténose et d'une
insuffisance mitrale est désignée
sous le terme de "maladie mitrale".
2 - Insuffisance
mitrale dystrophique
2.1 - Cette
forme, de nos jours la plus fréquente,
est de type II de Carpentier, caractérisée
par des élongations ou des ruptures
de cordages associées ou non à
une ballonnisation du tissu valvulaire,
qui sont responsables d'un prolapsus valvulaire
mitral. La petite valve est la plus souvent
touchée, mais les deux valves ou
seule la grande valve peuvent aussi être
intéressées.
2.2 - Les
élongations de cordages
sont plus
fréquentes que les ruptures et sont
responsables d'une augmentation de la surface
du tissu valvulaire : la mitrale apparaît
"trop grande".
2.3 - Il
existe deux groupes de lésions :
les "dégénérescences
myxoïdes" où les valves
sont épaissies avec ballonnisation,
c'est-à-dire excès tissulaire
et élongations de cordages pouvant
aboutir à des ruptures. Ces formes
compliquent un authentique prolapsus mitral
ou syndrome de Barlow.
les dégénérescences
fibro-élastiques, plus fréquentes,
surviennent chez les sujets âgés,
plus souvent les hommes et intéressent
particulièrement la petite valve.
A l'inverse du cas précédent,
la surface du tissu valvulaire est normale
et le mécanisme essentiel de la fuite
est une rupture de cordages.
3 - Insuffisances
mitrales dues à une endocardite
 
L'endocardite
infectieuse survient dans plus de la moitié
des cas sur une lésion préexistante,
qui peut être un prolapsus valvulaire
mitral ou une IM d'une autre étiologie
:
elle est responsable de lésions végétantes
et mutilantes.
l'insuffisance mitrale est le plus souvent
en rapport avec des ruptures de cordages
(type 2) ou des perforations valvulaires
(type 1), surtout de la grande valve.
4 - Insuffisances
mitrales ischémiques 
Elles sont fréquentes
et de pronostic péjoratif. Elles
peuvent relever de plusieurs mécanismes
:
rarement une rupture de pilier, 9 fois sur
10 le pilier postérieur. Il s'agit
d'un cas rare et particulièrement
grave, en règle associé à
un syndrome coronarien aigu, avec infarctus
transmural ou non.
Il s'agit soit de ruptures partielles, soit
de ruptures complètes qui en général
entraînent rapidement le décès
si elles ne sont pas opérées
d’urgence.
plus fréquemment, il s’agit
d’une IM « fonctionnelle »,
dont les déterminants n’ont
été compris que récemment.
En fait, l’IM est due à la
modification de l’architecture du
VG, plus qu’à la dilatation
de l’anneau mitral. C’est le
remodelage sphérique du VG avec un
déplacement apical et postérieur
des piliers qui augmente la traction sur
les cordages et empêche une bonne
coaptation des feuillets mitraux. Le point
de coaptation des valves est dans ce cas
en dessous du plan de l’anneau mitral
(alors qu’il est au-delà de
l’anneau dans l’IM dystrophique).
A noter que le souffle est souvent peu audible
dans les IM ischémiques, contrairement
aux IM organiques, dans lesquelles l’intensité
du souffle est mieux corrélée
à l’importance de la fuite.
La présence d’une IM ischémique,
même modérée, est un
facteur de mauvais pronostic indépendant.
Les indications opératoires en demeurent
controversées.
5 - Insuffisance
mitrale fonctionnelle
elle est fréquente,
elle est due à la dilatation de l'anneau
mitral, elle-même secondaire à
la dilatation du ventricule gauche (type
I de Carpentier),
elle est rencontrée à un stade
évolué des cardiomyopathies
dilatées, des cardiopathies ischémiques,
des cardiopathies valvulaires s'accompagnant
d'une dilatation ventriculaire gauche importante,
etc...
6 - Causes rares
IM de la cardiomyopathie obstructive (CMO).
IM congénitale par "fente"
de la grande valve mitrale, isolée
ou entrant dans le cadre d'un canal atrio-ventriculaire.
IM traumatique, consécutive à
un traumatisme fermé du thorax.
IM due à des tumeurs cardiaques,
notamment myxome de l'oreillette gauche.
lésions dysplasiques, telles que
les dystrophies conjonctivo-élastiques
(syndrome de Marfan, syndrome d'Ehlers-Danlos,
pseudo xanthome élastique, etc.).
fibrose endomyocardique des hyperéosinophilies,
tumeurs carcinoïdes.
calcifications de l'anneau mitral, d'origine
dégénérative.
DIAGNOSTIC
1 - Diagnostic
positif
1.1
- Circonstances de découverte :
- découverte fortuite d'un souffle
systolique non ou peu symptomatique
; éventualité fréquente,
les IM modérées étant
en général bien tolérées,
- soit à l'occasion d'une dyspnée
d'effort,
- soit à l'occasion d'une complication,
telle que oedème aigu du poumon,
épisode d'arythmie complète
par fibrillation atriale, etc.
1.2 - signes
fonctionnels :
- ils sont dominés par la dyspnée
d'effort, de degré variable, à
quantifier selon les critères de
la NYHA,
- parfois dyspnée permanente avec
orthopnée,
- voire oedème pulmonaire subaigu,
- asthénie et fatigabilité
sont surtout rencontrées dans les
IM aiguës avec grande insuffisance
circulatoire de repos.
1.3 - Signes
cliniques
le signe physique majeur est le souffle
systolique apexo-axillaire de régurgitation
:
- maximal à la pointe, il irradie
vers l'aisselle gauche, parfois dans le
dos,
- holosystolique, il commence avec B1 et
se termine avec B2,
- il est mieux entendu en décubitus
latéral gauche,
- son timbre habituel est "en jet de
vapeur" ; il est parfois rude ou musical,
notamment dans les IM sur prolapsus ou rupture
de cordages,
- il est parfois frémissant, notamment
dans les IM aiguës,
- il a parfois des irradiations atypiques,
notamment ascendantes le long du bord sternal
gauche (en cas d'IM développée
au dépens de la petite valve) ; il
peut alors simuler un rétrécissement
aortique,
- un galop protodiastolique y est parfois
associé (B3),
- le deuxième bruit peut être
claqué au 2è - 3è espace
intercostal gauche en cas d'hypertension
artérielle pulmonaire.
recherche systématique d'une autre
valvulopathie, notamment aortique ou tricuspidienne.
recherche de signes d'insuffisance cardiaque
:
- râles crépitants aux bases
pulmonaires,
- signes d'insuffisance ventriculaire droite
: hépatomégalie, reflux hépato-jugulaire,
oedèmes des membres inférieurs,
examen clinique complet, notamment à
la recherche de foyers infectieux.
1.4 - Electrocardiogramme
il peut être normal dans les formes
modérées chroniques ou dans
les IM aiguës,
dans les formes volumineuses, il existe
une hypertrophie auriculaire gauche et une
hypertrophie ventriculaire gauche de type
systolique,
parfois, arythmie complète par fibrillation
atriale dans les IM chroniques.
1.5 - Radiographie
de thorax
elle peut être normale dans les IM
minimes ou modérées.
dans les IM volumineuses et chroniques :
il existe une dilatation du ventricule gauche,
qui se traduit par un allongement de l'arc
inférieur gauche et une augmentation
de l'index cardio-thoracique.
une dilatation de l'oreillette gauche, qui
se traduit par un arc moyen gauche convexe
et par un débord de l'oreillette
gauche au niveau de l'arc inférieur
droit, avec double contour.
signes parenchymateux :
à un stade évolué,
les artères pulmonaires sont volumineuses
dans les hiles. Il existe une redistribution
vasculaire vers les sommets et un oedème
interstitiel avec stries de Kerley aux bases;
un oedème alvéolaire est possible
à un stade plus avancé.
1.6 - Echocardiographie-Doppler
C'est actuellement
l'examen le plus contributif au diagnostic.
Il faut savoir néanmoins que, malgré
la sophistication des techniques actuelles,
la quantification des régurgitations
valvulaires demeure difficile.
L'écho
Doppler permet de confirmer l'IM, de la
quantifier, d'en préciser le retentissement
sur l'oreillette et le ventricule gauches
et sur les pressions pulmonaires, d'en préciser
le mécanisme et l'étiologie
+++. C'est là que l'échographie
est irremplaçable. L'échographie
transœsophagienne (ETO)
est particulièrement intéressante
dans ce cas.
Affirmation du
diagnostic d'IM
Visualisation d'un flux de régurgitation
systolique dans l'oreillette gauche au Doppler
couleur .
Quantification
de la fuite
La méthode classique de quantification,
qui consiste à tenir compte de la
surface du flux régurgité
dans l'oreillette gauche en Doppler couleur
est sujette à de nombreuses erreurs
et ne doit plus être utilisée.
D'autres critères plus modernes sont
beaucoup plus fiables : largeur du jet régurgitant
à l'origine au niveau de sa partie
la plus étroite ou « vena contracta
», et surtout méthode de la
zone de convergence ou « PISA »
ou « Proximal Isovelocity Surface
Area », qui s’intéresse
non plus au jet régurgité
dans l’OG, mais au jet d’IM
en amont de l’orifice régurgitant...
Appréciation
du retentissement de la fuite
la dilatation du ventricule gauche et de
l'oreillette gauche est mesurée en
écho TM ou bidimensionnel (diamètres
et volumes). L’on calcule les paramètres
de fonction systolique VG (pourcentage de
raccourcissement, fraction d'éjection).
la surveillance du diamètre télédiastolique
ventriculaire gauche est utile pour le suivi.
les pressions pulmonaires peuvent être
mesurées au Doppler à partir
d'une éventuelle fuite tricuspidienne.
Mécanisme
de l'IM +++
en échographie transthoracique et
transœsophagienne.
valves épaissies, remaniées,
parfois calcifiées et/ou sténosées
en cas d'IM rhumatismale.
valves dystrophiques, parfois très
épaissies, "myxoïdes",
en cas de maladie de Barlow.
ruptures de cordages : l'une des valves,
le plus souvent un ou plusieurs folioles
de la petite valve, s'éversent complètement
dans l'oreillette gauche en systole, sans
aucune coaptation de son extrémité
avec la grande valve ; les cordages rompus
sont souvent bien visibles à l'extrémité
de la valve en ETO.
   
végétations valvulaires en
cas d'endocardite infectieuse ; parfois
abcès ou perforation valvulaire.
 
zone akinétique ou anévrysme
ventriculaire en cas d'infarctus, etc.
Lésions
associées
recherche d'une valvulopathie aortique,
RA ou IA.
d'une insuffisance tricuspidienne, etc.
L'échographie transœsophagienne
est surtout utile pour préciser le
mécanisme et l’étiologie
de l’insuffisance mitrale. Elle est
systématique lorsque l'on envisage
un geste chirurgical conservateur de type
plastie, dont l'ETO permettra le plus souvent
de prévoir la faisabilité.
1.7 - Cathétérisme
et angiographie
Hémodynamique
:
le cathétérisme droit permet
de mesurer les pressions droites et notamment
la pression dans l'artère pulmonaire
et la pression capillaire pulmonaire.
l'importance de l'onde "v"
sur la courbe capillaire pulmonaire est
un reflet de l'importance de la régurgitation
mitrale (la courbe capillaire est un bon
reflet de la courbe de l'oreillette gauche).
le débit cardiaque mesuré
par thermodilution est souvent très
abaissé en cas d'IM aiguë. Dans
ce cas, il existe fréquemment une
HTAP sévère.
le cathétérisme gauche permet
de mesurer la pression télédiastolique
ventriculaire gauche.
Angiographie
 
injection dans le ventricule gauche en oblique
antérieure droite et de profil.
elle montre une régurgitation du
produit de contraste vers l'oreillette gauche
en systole. La quantité de contraste
régurgité permet de quantifier
l'IM. Quatre stades sont décrits
dans la classification classique de Sellers.
Coronarographie
elle est systématique si l'on envisage
une chirurgie après 40 ans.
le cathétérisme n'est plus
fait de nos jours à visée
diagnostique. Il est réalisé
lorsqu'un geste chirurgical est envisagé
(il n'est parfois pas indispensable lorsque
l'indication opératoire est indiscutable
chez un sujet jeune qui ne nécessite
pas de coronarographie).
2 - Diagnostic
différentiel
En pratique,
c'est le diagnostic d'un souffle systolique
2.1 - Le rétrécissement
aortique
peut avoir une auscultation voisine de celle
d'une IM à irradiations ascendantes,
notamment s'il s'agit d'une IM développée
aux dépens de la petite valve.
L'association des deux valvulopathies est
possible, notamment chez les sujets âgés.
2.2 - La cardiomyopathie
obstructive s'accompagne
habituellement d'un souffle plutôt
éjectionnel, d'intensité modérée,
et plus localisé à l'endapex.
2.3 - L'insuffisance
tricuspidienne
se traduit par un souffle de régurgitation,
maximal au foyer xiphoïdien et augmentant
en inspiration forcée.
2.4 - La communication
inter ventriculaire ou CIV
est responsable d'un souffle holosystolique
souvent intense, maximum au 4e espace intercostal
gauche et irradiant dans toutes les directions.
L'association CIV + IM est possible dans
le cadre d'un canal atrio-ventriculaire,
mais cette éventualité est
exceptionnelle chez l’adulte.
3 - Cas particulier
du prolapsus valvulaire mitral
3.1 - Etiologie
Il s'agit d'une
anomalie caractérisée par
le prolapsus de l'un ou des deux feuillets
mitraux dans l'oreillette gauche pendant
la systole.
Il existe en fait deux formes :
la ballonnisation mitrale, avec seulement
un bombement du feuillet mitral.
l'authentique prolapsus valvulaire, dans
lequel l'extrémité de l'une
des valves passe dans l'oreillette gauche
en systole.
Il s'agit d'une
anomalie fréquente qui serait retrouvée
chez 4 % environ des sujets normaux. Il
existe une nette prépondérance
féminine. L'étiologie en est
inconnue.
Dans tous les cas, c'est l'écho Doppler
qui permet de trancher entre ces différentes
pathologies.
3.2 - Clinique
les signes fonctionnels sont en général
absents ou très atypiques : il existe
souvent un contexte d'anxiété,
de spasmophilie, de palpitations, de douleurs
thoraciques atypiques, de lipothymies...
à l'auscultation, la sémiologie
caractéristique associe un click
mésosystolique, suivi ou non d'un
souffle télésystolique; cette
auscultation est audible à l'apex
(le click est dû au bruit de la valve
mitrale trop ample, qui bombe dans l'oreillette
gauche en systole, comme le bruit d'une
voile tendue qui "claque au vent").
l'ECG est habituellement normal.
Parfois il existe des troubles de repolarisation
qui peuvent égarer le diagnostic,
notamment des ondes T négatives dans
les dérivations inférieures
et latérales.
Des tachycardies supra ventriculaires, des
extrasystoles ventriculaires ou une préexcitation
ventriculaire (syndrome de Wolff Parkinson
White) peuvent être rencontrées.
l'enregistrement holter peut être
utile lorsqu'il existe des troubles du rythme.
la radio pulmonaire (RP) est en général
normale.
3.3 - Echocardiogramme-Doppler
il confirme le diagnostic.
il faut retenir des critères stricts
de diagnostic, sinon ce dernier risque d'être
porté par excès. En principe,
c'est l'incidence latéro-sternale
gauche grand axe, qui permet de retenir
avec certitude l'anomalie en échographie
bidimensionnelle.
l'écho précisera également
la texture du tissu valvulaire, qui peut
être normal ou myxoïde. Le Doppler
affirmera la présence et permettra
la quantification de l'insuffisance mitrale
(il peut exister des cas de prolapsus sans
régurgitation mitrale).
3.4 - Evolution
elle est en général bénigne.
des complications sont possibles :
l'aggravation de l'insuffisance mitrale
est possible par survenue de ruptures de
cordages.
endocardite infectieuse.
troubles du rythme auriculaire ou ventriculaire.
ces derniers ont été rendus
responsables des cas de morts subites, rarement
décrites dans ce contexte.
embolie artérielle périphérique.
EVOLUTION
1 - Insuffisance
mitrale chronique
l'évolution est habituellement lente,
sur plusieurs années ou décennies.
les formes minimes ou modérées
peuvent être indéfiniment bien
tolérées.
dans les fuites importantes, l'évolution
se fait très progressivement vers
l'aggravation de la dyspnée, puis
vers l'apparition de signes patents d'insuffisance
ventriculaire gauche, puis d'insuffisance
cardiaque globale.
2 - Insuffisance
mitrale aiguë
le tableau clinique initial est habituellement
bruyant. Un oedème aigu du poumon,
associé ou non à un épisode
de douleurs thoraciques, est fréquent,
contemporain de la rupture de cordages,
mécanisme le plus fréquemment
en cause dans les IM aiguës.
ultérieurement, l'évolution
est variable, souvent rapide, avec constitution
d'une grande hypertension artérielle
pulmonaire avec insuffisance cardiaque terminale
en un à deux ans.
3 - Complications
communes à tous les types d'IM
3.1 - L'endocardite
infectieuse :
elle est plus fréquente que dans
la sténose mitrale isolée.
elle peut aggraver considérablement
l'insuffisance mitrale, notamment par rupture
de cordages ou perforations valvulaires.
3.2 - Les troubles
du rythme atrial :
la fibrillation atriale est fréquente
dans l'IM chronique évoluée.
d'autres troubles du rythme sont possibles,
flutter, tachysystolie.
le passage en FA peut aggraver rapidement
l'insuffisance cardiaque.
3.3 - Les embolies
artérielles périphériques
:
elles sont favorisées par la dilatation
atriale gauche et la FA.
elles sont moins fréquentes que dans
le rétrécissement mitral.
TRAITEMENT
1 - Moyens thérapeutiques
1.1.- Traitement
médical
traitement diurétique, traitement
vasodilatateur particulièrement indiqué
dans le cas de l'insuffisance mitrale, essentiellement
les inhibiteurs de l'enzyme de conversion.
anti-arythmiques en cas de fibrillation
atriale
traitement anticoagulant en cas de FA.
antibioprophylaxie de l'endocardite infectieuse
avant tout geste susceptible d'entraîner
une bactériémie.
1.2 - Traitement
chirurgical
Le traitement conservateur, de plastie mitrale
est devenu le traitement de choix de l'IM
pure. Elle est possible dans la majorité
des cas, notamment dans les IM dystrophiques.
Les meilleurs résultats sont obtenus
sur les élongations et les ruptures
de cordages, notamment de la valve postérieure.
De bons résultats sont également
obtenus en cas de prolapsus de la valve
antérieure, mais les résultats
sont plus aléatoires lorsque les
lésions portent sur les 2 valves.
Par contre, les formes restrictives, notamment
rhumatismales sur valves fibreuses et calcifiées,
se prêtent mal à la chirurgie
conservatrice.
1) Principes
2) vues opératoires

Il s'agit d'une technique chirurgicale délicate,
qui nécessite souvent des techniques
complexes, telles que raccourcissement des
cordages, transposition de cordages, mise
en place d'un anneau de Carpentier, etc.
Elle nécessite une expertise chirurgicale
particulière.
Elle a de grands avantages par rapport au
remplacement valvulaire mitral : en conservant
la valve native du patient, elle préserve
mieux la fonction ventriculaire gauche,
ne nécessite pas de traitement anticoagulant
si le patient est en rythme sinusal, et
comporte un risque d'endocardite infectieuse
et d'autres complications bien moindre qu'une
prothèse mitrale.
Les résultats de la chirurgie mitrale
conservatrice réalisée précocement
dans l’évolution d’une
IM volumineuse a- ou pauci-symtomatique
en rythme sinusal sont excellents, avec
une mortalité péri opératoire
très basse, une espérance
et une qualité de vie ultérieure
proches de celles d’une population
de même âge sans IM.
le remplacement valvulaire mitral
,
par une prothèse mécanique
ou une bioprothèse si le patient
est âgé de plus de 75 ans,
est proposé si un geste conservateur
n'est pas possible. La conservation de l'appareil
valvulaire et sous valvulaire est habituelle
et permet de préserver une meilleure
fonction ventriculaire gauche.
la chirurgie rythmique d’une éventuelle
fibrillation atriale associée peut
permettre de restaurer le rythme sinusal,
mais il s’agit d’une technique
récente, dont les résultats
à long terme restent à évaluer.
2 - Indications
thérapeutiques
en cas d'IM
minime ou modérée,
un suivi cardiologique annuel seul est indiqué,
associé à la prophylaxie de
l'endocardite infectieuse.
un traitement médical est indiqué,
surtout par IEC, en cas d'IM modérée
ou importante asymptomatique sans dilatation
ventriculaire gauche majeure et sans dysfonction
ventriculaire gauche, ou dans l'attente
d'une chirurgie.
en cas d'IM
aiguë,
mal tolérée, l'indication
opératoire est à retenir sans
délai.
dans les IM
chroniques,
les malades symptomatiques doivent être
opérés.
chez les patients porteurs d’une IM
chronique volumineuse asymptomatique, l'existence
:
- d'une dysfonction ventriculaire gauche
(FE comprise entre 0.30 et 0.60),
- d'un diamètre télésystolique
échographique 40
mm
- ou d'une hypertension artérielle
pulmonaire >50 mmHg au repos sont des
critères d'intervention.
L'on a tendance à opérer plus
tôt les malades chez lesquels la faisabilité
d'une plastie est hautement probable. Ainsi,
il est maintenant admis d’opérer
les patients en fibrillation atriale permanente
ou paroxystique, ou porteurs d’une
IM volumineuse, avec fonction VG conservée,
en cas de haute probabilité de pouvoir
réaliser une plastie mitrale
dans les
IM ischémiques chroniques,
les indications chirurgicales demeurent
controversées et les résultats
sont nettement moins favorables que dans
les IM dystrophiques. La technique habituellement
utilisée consiste à mettre
en place un anneau mitral sous dimensionné
des 2 tailles, afin de réduire le
diamètre annulaire.
Références
:
Recommandations de la Société
Européenne de Cardiologie 2007 (Guidelines
on the management of valvular heart disease
(European Society of Cardiology) : Eur Heart
J 2007;28:230-68
Recommandations américaines 2006
ACC/AHA (Guidelines for the management of
patients with valvular heart disease) Circulation
2006;114:e84-23, ou J Am Coll Cardiol 2006;48:e1-148
Recommandations de la Société
Française de Cardiologie2005 concernant
la prise en charge des valvulopathies acquises
et des dysfonctions de prothèses
valvulaires (Archives des Maladies du Cœur
2005; 98(suppl):5-61).
DOSSIER CLINIQUE
Madame G…, âgée
de 64 ans, consulte en semi urgence en raison
d’une dyspnée d’apparition
récente, 3 semaines auparavant, et
qui va progressivement croissant.
Cette dyspnée est apparue alors que
la patiente nageait à la piscine.
Elle a ressenti brutalement une douleur
thoracique, puis s’est sentie dyspnéique.
Depuis lors, sa dyspnée s’accentue
peu à peu et la gêne maintenant
dans les efforts de la vie courante.
Dans ses antécédents,
on relève :
- une HTA traitée par un inhibiteur
calcique
- une phlébite du post-partum à
l’âge de 32 ans
- la notion d’un souffle cardiaque
signalé il y a quelques années,
non suivi
- une cholécystectomie il y a 6 ans.
A l’examen,
la patiente est en bon état général,
apyrétique, non dyspnéique
au repos. Elle pèse 65 kg pour 1.62m.
Son auscultation révèle un
souffle holosystolique 4/6 apexo-axillaire,
en jet de vapeur, irradiant le long du bord
sternal gauche. Elle n’a pas de signes
d’insuffisance ventriculaire gauche,
ni droite. Toutes les artères périphériques
sont perçues. La TA est à
130/85 mmHg.
L’ ECG, en rythme
sinusal à 85/mn, est dans les limites
de la normale.
Le cliché de
thorax révèle un cœur
de taille normale, avec ICT à 0.52.
Les artères pulmonaires sont modérément
dilatées dans les hiles. Il existe
une accentuation de la trame vasculaire
pulmonaire.
QUESTION 1 :
Quel(s) diagnostic(s) évoquez-vous
chez cette patiente ?
Justifiez votre réponse.
Insuffisance mitrale
(IM) aiguë, évoquée
sur :
- les caractéristiques du souffle
(holosystolique, apexo-axillaire, en jet
de vapeur…) évoquent une IM
- la survenue brutale, accompagnée
de douleurs thoraciques et de symptômes
d’évolution rapide évoque
une forme aiguë
- la persistance du rythme sinusal et l’absence
de cardiomégalie radiologique plaident
également en faveur d’une forme
aiguë
- l’existence d’un souffle antérieurement
évoque un « prolapsus »
mitral préexistant, compliqué
de rupture de cordages récente.
QUESTION 2 :
Quel(s) examen(s) allez-vous demander pour
le confirmer ?
- un échocardiogramme
transthoracique (ETT) et éventuellement
transœsophagien (ETO)
- une surveillance de la courbe thermique,
la réalisation d’hémocultures
si la patiente est fébrile, et un
bilan inflammatoire biologique
- 2 dosages successifs de troponine, malgré
la normalité de l’ECG, afin
d’éliminer une IM ischémique,
d’autant que la patiente a eu des
douleurs thoraciques.
QUESTION 3 :
Quels en seraient, a priori, les résultats
?
1. L'écho Doppler
permet de confirmer l'IM, de la quantifier,
d'en préciser le retentissement,
d'en déterminer le mécanisme
et l'étiologie +++. L'échographie
transœsophagienne est particulièrement
intéressante dans ce cas.
- affirmation du diagnostic d'IM :
Visualisation d'un flux de régurgitation
systolique dans l'oreillette gauche au Doppler
couleur et au Doppler pulsé ou continu.
- quantification de la fuite :
la méthode classique de quantification,
qui consiste à tenir compte de la
surface du flux régurgité
dans l'oreillette gauche en Doppler couleur
est sujette à de nombreuses erreurs
et ne doit plus être utilisée.
D'autres critères plus modernes sont
beaucoup plus fiables : largeur du jet régurgitant
à l'origine au niveau de sa partie
la plus étroite ou « vena contracta
», et surtout méthode de la
zone de convergence ou « PISA »
ou « Proximal Isovelocity
Surface Area
», qui s’intéresse non
plus au jet régurgité dans
l’OG, mais au jet d’IM en amont
de l’orifice régurgitant …
- appréciation du retentissement
de la fuite :
la dilatation du ventricule gauche
et de l'oreillette gauche est mesurée
en écho TM ou bidimensionnel (diamètres
et volumes). L’on calcule les paramètres
de fonction systolique VG (pourcentage de
raccourcissement, fraction d'éjection).
la surveillance du diamètre
télédiastolique ventriculaire
gauche est utile pour le suivi.
les pressions pulmonaires peuvent
être mesurées au Doppler à
partir d'une éventuelle fuite tricuspidienne.
- mécanisme de l'IM +++ :
en ETT et en ETO. L'échographie
transœsophagienne est surtout utile
pour préciser le mécanisme
et l’étiologie de l’insuffisance
mitrale. Elle est systématique lorsque
l'on envisage un geste chirurgical conservateur
de type plastie, dont l'ETO permettra le
plus souvent de prévoir la faisabilité.
valves dystrophiques, parfois très
épaissies, "myxoïdes",
en cas de maladie de Barlow.
ruptures de cordages plus probable:
l'une des valves, le plus souvent un ou
plusieurs folioles de la petite valve, s'éversent
complètement dans l'oreillette gauche
en systole, sans aucune coaptation de son
extrémité avec la grande valve
; les cordages rompus sont souvent bien
visibles à l'extrémité
de la valve en ETO.
recherche de végétations
valvulaires en cas d'endocardite infectieuse,
ou zone akinétique en cas d'infarctus,
peu probables dans ce cas.
- recherche de lésions associées
:
recherche d'une valvulopathie aortique,
RA ou IA.
d'une insuffisance tricuspidienne,
etc.
2. Hyperthermie, positivité des hémocultures
en l’absence d’antibiothérapie
préalable et présence d’un
syndrome inflammatoire biologique (élévation
de la CRP, hyperleucocytose, etc.) en cas
d’endocardite infectieuse à
l’origine de l’IM : peu probable
dans ce cas.
3. Élévation de la troponine
en cas de syndrome coronarien aigu responsable
de l’IM, peu probable également
ici.
QUESTION 4 :
Comment expliquez-vous l’irradiation
ascendante du souffle ?
- elle est parfois observée en cas
de rupture de cordages de la valve mitrale
postérieure (ou petite valve), car
la fuite est excentrée, directionnelle,
orientée vers le septum inter atrial
et le fond de l’oreillette gauche,
si bien que le souffle a une irradiation
ascendante, le long du bord sternal gauche
- cette particularité de l’auscultation
évoque dons des ruptures de cordages
de la petite valve mitrale, ce qui représente
la situation la plus habituelle d’IM
aiguë.
QUESTION 5 :
Quel traitement allez-vous prescrire dans
l’immédiat ?
Traitement médical,
associant :
- vasodilatateur, type inhibiteur de l’enzyme
de conversion (IEC)
- diurétique, de type furosémide
- un autre anti-hypertenseur si l’HTA
n’est pas équilibrée
par l’association IEC + diurétique
Associé à
la prévention de l’endocardite
infectieuse.
QUESTION 6 :
Quelle(s) mesure(s) thérapeutique(s)
allez-vous proposer ultérieurement
?
- discuter d’une
chirurgie rapide, car il s’agit d’une
IM aiguë, probablement volumineuse
(arguments : c’est le cas habituel
des IM brutales par rupture de cordages
+ intensité du souffle systolique
+ importance des symptômes) et mal
tolérée
- une plastie mitrale chirurgicale sera
dans toute la mesure du possible préférée
à un remplacement valvulaire mitral
(RVM), car les résultats à
long terme en sont meilleurs, et l’incidence
des complications post-opératoires
bien moindre
- la faisabilité d’une plastie
sera précisée par l’échographie,
ETT et surtout ETO, qui permettra de bien
visualiser l’appareil mitral dans
son ensemble et de préciser la nature
et l’étendue des dégâts
anatomiques.
QUESTION 7 :
Quel bilan allez-vous faire auparavant ?
Le bilan préopératoire comporte
:
- l’appréciation
de l’état général
de la patiente. L'âge physiologique
importe plus que l'âge réel
- la recherche d'anomalies cardiaques associées
au RA: valvulopathie aortique, sténose
coronaire qui peut nécessiter un
ou plusieurs pontages associés au
geste sur la mitrale
- l’état myocardique doit être
précisé par l’échographie
(et confirmé par la ventriculographie
gauche faite au cours de la coronarographie
préopératoire). En général,
le ventricule gauche est peu dilaté
et normo, voire hypercinétique dans
les IM aiguës
- l'appréciation des fonctions vitales
:
fonction rénale (taux de créatinine
et clairance),
fonction respiratoire (exploration
fonctionnelle respiratoire, gaz du sang),
artères périphériques
; recherche notamment d'une sténose
artérielle périphérique
par la clinique et éventuellement
par l’écho doppler (écho
Doppler des vaisseaux du cou et des artères
des membres inférieurs),
bilan biologique standard.
- la recherche systématique des foyers
infectieux, notamment ORL et dentaires (radio
ou scanner des sinus, panoramique dentaire,
consultations ORL et stomatologique).
- le risque opératoire global peut
être apprécié au mieux
par l’EuroSCORE, algorithme de stratification
du risque qui prend en compte de multiples
facteurs pré opératoires et
des facteurs de risque chirurgicaux. Ce
score, le mieux validé actuellement,
simple à définir, est prédicteur
de mortalité intra hospitalière
et de mortalité à long terme.
Dans le cas de cette patiente, le risque
opératoire est a priori faible.
QUESTION 8 :
Quel suivi proposerez-vous ultérieurement
?
Après la phase
hospitalière et la période
de réadaptation à l’effort
en centre spécialisé,
- suivi régulier,
mensuel par le médecin traitant,
et 1 à 2 fois par an par le cardiologue.
Le suivi per le généraliste
peut être ensuite espacé après
plastie mitrale, lorsque le patient n’a
plus de traitement anticoagulant
- le suivi sera clinique, échocardiographique
et biologique :
Suivi clinique : vérifier
l’absence de récidive des symptômes,
l’absence d’insuffisance cardiaque,
l’auscultation cardiaque de la prothèse
(normale en l’absence d’IM résiduelle
après plastie ou en présence
d’une prothèse biologique,
bruits métalliques de prothèse
si valve mécanique), l’absence
de foyer infectieux
Suivi échocardiographique
: c’est l’écho du 3ème
mois post-opératoire qui servira
d’examen de référence,
le patient devant toujours être son
propre témoin. Ensuite, une échographie
transthoracique est préconisée
tous les 2 ans après plastie mitrale
ou prothèse mécanique. Chez
les porteurs de bioprothèse au-delà
de la 5ème année, les examens
sont rapprochés, tous les 6 mois
environ, en raison du risque de dégénérescence
(Recommandations de la Société
Française de Cardiologie).
Suivi biologique : après
plastie mitrale ou mise en place d’une
bioprothèse, et en l’absence
d’autre indication d’anticoagulant,
le traitement par anti-vitamine K sera limité
à 3 mois. En cas de prothèse
mécanique, le traitement AVK est
à poursuive à vie, sans aucune
interruption, avec un objectif d’INR
de 3 à 4. Au début du traitement,
les contrôles biologiques seront effectués
aussi souvent que nécessaire pour
équilibrer l’INR. Lorsque l’équilibre
est obtenu, un contrôle mensuel est
préconisé.
- le patient devra être muni :
D’un carnet de porteur
de prothèse ou de surveillance post
opératoire, qui lui sera remis
par le service de chirurgie cardiaque à
la sortie, et sur lequel figurent le type
et la taille de la prothèse ou le
type d’intervention réalisée,
D’un carnet de surveillance
du traitement anticoagulant, sur lequel
figurent la posologie de l’ AVK, sa
nature, l’objectif d’INR et
les résultats des INR,
D’une carte d’antibioprophylaxie
destinée au chirurgien-dentiste en
cas de mise en place d’une prothèse,
ou d’IM résiduelle après
plastie (après plastie réussie,
sans fuite résiduelle, le patient
n’a plus de risque particulier d’endocardite).
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