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LES
POINTS FORTS A RETENIR: |
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- L'insuffisance aortique
(IA) est une valvulopathie assez
peu fréquente. Elle est
le plus souvent chronique, mais
des formes aiguës existent,
notamment en cas d'endocardite
infectieuse.
- Les formes les plus fréquentes
dans les pays occidentaux sont
les IA dystrophiques, notamment
l'IA annulo-ectasiante, dans
laquelle les valves aortiques
sont normales. C'est la racine
de l'aorte et la partie initiale
de l'aorte ascendante qui sont
dilatées, ce qui fait
que les valves ne sont plus
jointives.
- L'IA annulo ectasiante comporte
de plus un risque de dissection
ou de rupture de la paroi aortique.
Il arrive donc que l'indication
opératoire soit portée
non pas sur le retentissement
ventriculaire gauche de l'IA
mais sur le diamètre
de l'aorte ascendante (lorsqu'il
atteint 50 à 55mm).
- L'IA chronique est une valvulopathie
particulièrement sournoise.
Elle peut rester asymptomatique
pendant de nombreuses années,
voire des décennies.
Lorsque les symptômes
apparaissent, la situation est
déjà très
évoluée, le ventricule
gauche est le siège de
lésions irréversibles,
qui persisteront après
remplacement valvulaire aortique.
- De ce fait, on est souvent
amené à opérer
des IA chroniques alors que
les patients sont asymptomatiques.
L'indication opératoire
est portée essentiellement
sur des critères échocardiographiques.
- La surveillance des patients
porteurs d'IA volumineuses doit
donc être attentive, au
moins annuelle.
- Les porteurs d'IA sont tout
particulièrement exposés
au risque d'endocardite infectieuse
et la prophylaxie doit être
rigoureuse dans ce cas.
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DEFINITION
L'insuffisance
aortique (IA) se définit comme une
incompétence valvulaire des sigmoïdes
aortiques en diastole, entraînant une
régurgitation du sang de l'aorte dans
le ventricule gauche.
ETIOLOGIE
Le profil
étiologique de l’insuffisance
aortique s’est modifié ces
dernières années dans les
pays occidentaux : les IA dystrophiques
sont actuellement les plus fréquentes,
alors que les IA rhumatismales sont devenues
rares. Inversement, dans les pays en voie
de développement, où la prophylaxie
du rhumatisme articulaire aigu est moins
développée, l'étiologie
rhumatismale demeure prédominante.
Il existe de nombreuses autres étiologiques,
moins fréquentes.
1 - Insuffisance aortique chronique
:
1.1 - Dystrophie élastique
avec deux formes principales :
dysplasie
élastique intéressant l'anneau
aortique, la paroi de l'aorte ascendante
et les valves, rencontrée dans le
syndrome de Marfan, le syndrome d'Ehlers-Danlos
plus rarement, et le plus souvent sans cause
identifiable. Cette forme est appelée
IA annulo-ectasiante, car l’IA dans
ce cas est due exclusivement à la
dilatation de l’anneau aortique, qui
fait que les valves ne sont plus jointives,
alors qu’elles sont normales.
dysplasie
valvulaire isolée primitive appelée
syndrome des valves flasques.
1.2 - Insuffisance aortique secondaire
à une endocardite bactérienne
ancienne, qui a souvent laissé comme
séquelles des perforations valvulaires.
1.3 - Rhumatisme articulaire aigu.
1.4 - Insuffisance aortique des
maladies inflammatoires ou infectieuses
:
Spondylarthrite
ankylosante.
Lupus
érythémateux disséminé
Maladie
de Takayasu
Syphilis
tertiaire (cause fréquente au 19ème
siècle, disparue de nos jours).
Selon les étiologies, l'atteinte
est exclusivement valvulaire ou peut comporter
une atteinte associée de l'aorte
voisine et parfois des coronaires, comme
dans la maladie de Takayasu et la syphilis
tertiaire.
1.5 - Insuffisance aortique malformative:
Bicuspidie
aortique, cause non exceptionnelle de valvulopathie
aortique à tout âge
Anévrysme
du sinus de Valsalva,
Syndrome
de Laubry-Pezzi (communication inter ventriculaire
+ IA).
Insuffisance
aortique associée à d'autres
cardiopathies malformatives, essentiellement
coarctation de l'aorte et rétrécissement
aortique sous-valvulaire.
2 - Insuffisance aortique aiguë:
2.1 - Endocardite infectieuse en
phase aiguë : l’IA, souvent massive,
est consécutive à des perforations
valvulaires et/ou à un abcès
de l’anneau aortique.
2.2 - Dissection aortique aiguë,
lorsque la dissection intéresse l’anneau
aortique
2.3 - Rupture d'anévrysme
d’un sinus de Valsalva,
2.4 - Insuffisance aortique traumatique
(traumatisme fermé du thorax).
3 – Cas particulier des insuffisances
aortiques sur prothèse valvulaire
:
L’IA peut être due à
une désinsertion partielle aseptique
de la prothèse (par exemple lorsqu’il
existait des calcifications, et donc une
fragilité de l’anneau sur lequel
le chirurgien a cousu la prothèse)
ou à une endocardite infectieuse
(sur les prothèses, le germe se localise
préférentiellement au niveau
de l’anneau prothétique, créée
des abcès et désinsère
la prothèse). Il s’agit d’une
situation particulièrement grave,
notamment lorsqu’il s’agit d’une
endocardite post-opératoire précoce
PHYSIOPATHOLOGIE
L'insuffisance
aortique entraîne une régurgitation
du sang de l'aorte dans le ventricule gauche
en cours de diastole. Cette régurgitation
valvulaire, lorsqu'elle est volumineuse,
constitue une surcharge mécanique
du ventricule gauche appelée surcharge
de volume.
Par ailleurs, lorsque l'insuffisance valvulaire
est importante, les pressions diastoliques
dans l'aorte tendent à s'abaisser
de telle sorte que la circulation coronaire
peut s'en trouver affectée.
Enfin, une mention particulière doit
être faite pour l'insuffisance aortique
aiguë, survenant par exemple au cours
d'une endocardite bactérienne, déclenchant
la survenue d'une surcharge volumétrique
très importante sur ventricule gauche
peu dilaté.
1 - Insuffisance aortique chronique
:
1.1 - Le flux régurgité
au travers de l'orifice dépend de
:
de
la taille de l'orifice régurgitant,
de
la durée de la diastole,
du
gradient de pression de part et d'autre
de l'orifice.
C'est le volume régurgité
qui conditionne le retentissement sur le
ventricule gauche. On estime que des conséquences
hémodynamiques sérieuses peuvent
survenir lorsque le volume régurgité
dépasse 50 % du volume d'éjection
systolique ventriculaire gauche.
1.2 - Dilatation et hypertrophie
du ventricule gauche :
La
surcharge volumétrique du ventricule
gauche entraîne une dilatation cavitaire
progressive, qui a pour conséquence
d'augmenter la contrainte pariétale
(produit de la pression par le rayon de
la cavité). L'augmentation de contrainte
pariétale est le stimulus qui déclenche
la réaction hypertrophique myocardique.
Au
début de l'évolution, l'hypertrophie
myocardique est exactement compensatrice
(elle normalise la contrainte) et permet
de maintenir la fonction systolique du ventricule
gauche à un niveau normal, malgré
la surcharge volumétrique. Les fibres
myocardiques sont augmentées de volume.
Il s'agit d'une hypertrophie cellulaire
sans hyperplasie (sans multiplication cellulaire).
Lorsque l'évolution progresse, pour
des raisons demeurant inconnues, la qualité
intrinsèque de la paroi ventriculaire
se modifie, les fibres myocardiques dégénèrent,
une fibrose apparaît, et la fonction
systolique ventriculaire gauche s'altère.
C'est la survenue de la défaillance
cardiaque, de pronostic sombre.
La
compliance ventriculaire gauche (distensibité
en diastole) est grande, expliquant que
le ventricule gauche fonctionne avec des
pressions de remplissage normales pendant
une longue période de l'évolution
en dépit d'une dilatation cavitaire
majeure. Ce n'est qu'au terme de l'évolution
que la compliance s'altère du fait
de la fibrose et que les pressions de remplissage
s'élèvent de façon
concomitante à l'altération
de la fonction systolique du ventricule
gauche.
La
suppression de la surcharge mécanique
du ventricule gauche par remplacement valvulaire
est susceptible d'inverser le processus
avec :
régression
de l'hypertrophie myocardique macroscopique
(diminution de la masse myocardique et retour
de la cavité ventriculaire gauche
à des dimensions normales) et microscopique
(diminution du diamètre des fibres)
régression
beaucoup plus lente et beaucoup plus tardive
de la fibrose interstitielle.
Cependant, lorsque le remplacement valvulaire
intervient à un stade de fibrose
évoluée, malgré la
suppression de la surcharge mécanique
du ventricule gauche, l'altération
de la fonction ventriculaire gauche demeure
définitive.
1.3 - Conséquences sur la
circulation coronaire :
le
débit coronaire est augmenté
dans l'insuffisance aortique de façon
proportionnelle à l'augmentation
du travail cardiaque et à l'hypertrophie
ventriculaire gauche.
toutefois,
les pressions de perfusion coronaire sont
abaissées du fait de l'abaissement
de la pression diastolique aortique, de
telle sorte qu'il existe une relative hypoperfusion.
Cette hypoperfusion est surtout nette au
niveau des couches sous-endocardiques du
ventricule gauche, physiologiquement moins
bien perfusées que les couches superficielles.
On n'exclut pas le rôle de l'ischémie
myocardique chronique dans la genèse
de la détérioration de la
qualité intrinsèque de la
paroi et l'apparition de la fibrose myocardique
et de la dégénérescence
cellulaire.
2 - Insuffisance aortique aiguë
:
Il
s'agit d'un tableau hémodynamique
très particulier au cours duquel,
si la fuite est très volumineuse,
une insuffisance cardiaque congestive peut
s'observer en dépit de dimensions
cavitaires normales, et d'une fonction systolique
conservée.
La
survenue brutale d'une régurgitation
valvulaire volumineuse sur une cavité
de petite taille et à compliance
normale (et non très élevée
comme dans l'insuffisance aortique chronique)
entraîne une augmentation brutale
des pressions de remplissage du ventricule
gauche et par voie de conséquence
une augmentation des pressions de la petite
circulation et un œdème pulmonaire.
Dans
ces circonstances, l'élévation
importante des pressions de remplissage
du ventricule gauche et l'abaissement important
de la pression diastolique aortique font
que le gradient de pression de part et d'autre
de l'orifice régurgitant est faible
de telle sorte que l'insuffisance aortique
peut être acoustiquement peu intense,
parfois difficile à percevoir.
Dans
ces circonstances, la circulation coronaire
est particulièrement pénalisée
du fait de l'augmentation de la contrainte
pariétale en diastole (augmentation
de la pression de remplissage ventriculaire
gauche) et de l'abaissement de la pression
de perfusion aortique.
CLINIQUE
1 - Circonstances de découverte
: 1.1 - Le plus souvent,
lorsque l'insuffisance aortique est chronique,
elle est de découverte fortuite.
L'insuffisance
aortique, même volumineuse, peut évoluer
de façon chronique sans aucune manifestation
fonctionnelle pendant plusieurs années
ou plusieurs dizaines d'années. La
fonction systolique du ventricule gauche
est maintenue à très long
terme ; la compliance élevée
de la cavité empêche l'élévation
des pressions de remplissage et donc l’apparition
des signes congestifs pulmonaires.
La
découverte est souvent fortuite à
la faveur d'une visite d'embauche de médecine
du travail ou de la découverte d'anomalies
sur un électrocardiogramme fait systématiquement
ou d'une cardiomégalie révélée
par un examen radiologique.
1.2 – L’IA est parfois
révélée par des signes
fonctionnels : les signes fonctionnels de
l'insuffisance aortique sont pauvres :
dyspnée
d'effort,
manifestations
angineuses d'effort et parfois de repos,
beaucoup plus rarement.
manifestations
d'insuffisance ventriculaire gauche congestive.
Ce mode de révélation est
devenu rare dans nos contrées mais
demeure très fréquent dans
les pays en voie de développement.
1.3 - L'insuffisance aortique est parfois
découverte dans le contexte d'une
de ses complications, telle que l’endocardite
bactérienne.
2 - Signes d'examen :
2.1 - À l'inspection,
dans les insuffisances aortiques très
volumineuses, le choc de pointe peut être
visible, étalé en masse. Les
battements artériels peuvent être
apparents au niveau du cou. La jambe peut
être animée de battements rythmés
par les battements artériels chez
le sujet en position assise, jambes croisées.
2.2 - Palpation
elle
révèle rarement un frémissement
diastolique, mieux perçu au niveau
du bord gauche du sternum dans les insuffisances
aortiques très volumineuses.
elle
montre dans les insuffisances aortiques
très évoluées un choc
très étalé dévié
en bas et à gauche. C'est le choc
en dôme. Parfois, un galop peut être
perceptible.
la
palpation des axes artériels permet
de percevoir l'augmentation d'amplitude
et la dépressibilité du pouls.
2.3 - Auscultation
C'est le temps essentiel de l'examen clinique
qui permet d'affirmer le diagnostic.
le
souffle diastolique est le signe majeur.
Il est maximum au bord gauche du sternum,
perçu également au 2ème
espace intercostal droit, au foyer aortique.
Ses irradiations sont souvent perçues
jusqu'au niveau de l'endapex et parfois
jusqu'à l'apex. Il débute
avec le 2è bruit et décroît
dans la diastole. Il est holodiastolique
lorsque l'insuffisance aortique est volumineuse,
et proto-méso-diastolique lorsqu'elle
est faible.
son
timbre est doux, de tonalité élevée.
Il est composé de vibrations de haute
fréquence.
il
peut être intense dans les insuffisances
aortiques volumineuses mais il est souvent
faible dans les insuffisances aortiques
peu importantes. Le souffle est mieux perçu
chez un patient en position debout, en expiration
forcée, le thorax penché en
avant.
dans
certaines circonstances, le souffle est
perçu dans des aires inhabituelles
d'auscultation, au niveau de la xiphoïde
ou à l'endapex.
il
s'accompagne souvent d'un souffle systolique
éjectionnel au foyer aortique dû
à l'éjection ventriculaire
gauche troublée au travers de l'orifice
aortique, du fait d'une augmentation importante
du volume d'éjection systolique ventriculaire
gauche.
d'autres signes d'auscultation sont plus
rares, click protosystolique d'ouverture
des valves en cas de calcifications valvulaires
associées, pistol-shot (bruit très
intense mésosystolique produit par
la mise en tension brutale des parois aortiques).
Il s'agit d'un signe d'insuffisance aortique
très volumineuse.
roulement
de Flint à la pointe, signe également
d'insuffisance aortique volumineuse,
galop
pré systolique et, ou protodiastolique
dans les insuffisances aortiques compliquées
d'insuffisance cardiaque.
2.4 - Signes périphériques
:
Ils traduisent l'hyperpulsatilité
artérielle due à l'augmentation
du volume d'éjection systolique ainsi
que la baisse de pression diastolique liée
à la fuite diastolique :
élargissement
de la pression artérielle différentielle,
abaissement de la pression diastolique.
Dans les grandes insuffisances aortiques,
la pression diastolique peut être
abaissée jusqu'à 30 mmHg.
pouls
capillaire, double souffle crural, hippus
pupillaire...
3 - Electrocardiogramme :
normal,
dans les formes mineures.
hypertrophie
ventriculaire gauche de type diastolique
avec onde R très augmentée
dans les précordiales gauches et
onde Q fine parfois profonde dans les mêmes
dérivations.
quelquefois,
l'hypertrophie ventriculaire gauche est
de type systolique banal.
troubles
de conduction auriculo-ventriculaires, apanage
des formes graves, particulièrement
après endocardite bactérienne.
le
rythme demeure sinusal dans l'insuffisance
aortique pendant une période très
prolongée de son évolution.
La survenue de fibrillation auriculaire
ou d'extrasystoles ventriculaires est un
élément de très mauvais
pronostic.
aspect
de pseudo nécrose avec ondes Q dans
les dérivations précordiales,
apanage des formes graves.
4 - Signes radiologiques :
4.1 - Les insuffisances aortiques
de petit volume n'ont pas de signes radiologiques.
4.2 - Les insuffisances aortiques volumineuses
entraînent : 
une
augmentation de l'index cardio-thoracique.
Au-delà de 0.56, il s'agit d'une
cardiomégalie très volumineuse,
mouvement
de sonnette cardio-aortique en amplificateur
de brillance (vigoureuse contraction systolique
du ventricule gauche avec expansion synchrone
de la crosse aortique).
calcifications
valvulaires
manifestations
de poumon cardiaque au terme de l'évolution.
5 – Echocardiogramme Doppler
:
Il comporte un examen échographique
TM, bidimensionnel, Doppler pulsé
et continu, et Doppler à codage couleur.
Il est particulièrement riche d'enseignement.
Comme tout examen non invasif, il est opérateur
dépendant.
L’échocardiogramme doppler
permet :
5.1 - De confirmer l’IA et
d’exclure les autres causes de souffle
diastolique (au doppler couleur, visualisation
d’un reflux diastolique de l’aorte
vers le VG)

5.2 - De quantifier l’importance
de la fuite valvulaire aortique:
- largeur du jet régurgitant à
son origine au doppler couleur, au niveau
de la zone la plus étroite ou «
vena contracta », meilleur critère
que l’extension spatiale du jet régurgité
dans le VG, qui souffre de nombreuses causes
d’erreurs,
- méthode de la « PISA »
ou « proximal isovelocity surface
area », qui s’intéresse
non plus au jet régurgité
lui-même, mais au flux en amont de
l’orifice régurgitant; cette
méthode est la méthode de
référence pour la quantification
de l’insuffisance mitrale; dans l’
IA, elle est moins bien validée.
Elle permet de déterminer la surface
de l’orifice régurgitant et
le volume régurgité par battement,
- mesure du « pressure half-time »
ou PHT, qui est le temps de décroissance
de moitié du gradient de pression
protodiastolique sur le flux régurgité,
- recherche d’un flux régurgitant
dans l’isthme aortique, etc.…
5.3 - D’en préciser
le retentissement :
Il est observé particulièrement
lorsque l'insuffisance aortique est volumineuse
:
- dilatation ventriculaire gauche (mesure
des diamètres télédiastolique
et télésystolique, à
indexer à la surface corporelle),
- augmentation de l'épaisseur pariétale
et de la masse myocardique du VG
- dans les insuffisances aortiques compensées,
la fraction de raccourcissement et la fraction
d’éjection du VG sont normales,
- dans les insuffisances aortiques asymptomatiques,
c'est sur ces données que les indications
d'explorations invasives ou de remplacement
valvulaire reposeront,
- détermination des pressions droites
et des pressions de remplissage ventriculaire
gauche.
5.4 - D’en déterminer
l’étiologie (aspect des valves,
remaniées ou non, calcifiées
ou non, bi ou tricuspides; diamètre
de l’aorte ascendante…) :
- au niveau de l'orifice aortique
:
remaniements des sigmoïdes valvulaires,
présence de calcifications valvulaires,
végétations ou abcès
en cas d'endocardite bactérienne,
dilatation de l'anneau aortique ou de la
paroi aortique voisine,
dystrophie valvulaire,
aspect de bicuspidie.
- au niveau de l’aorte ascendante
:
aspect
de dilatation de l'aorte initiale dans les
insuffisances aortiques dystrophiques avec
perte du parallélisme des parois
: aspect « piriforme » ou «
en bulbe d’oignon », caractéristique
des insuffisances aortiques annulo-ectasiantes.
L'échographie transthoracique et
surtout transœsophagienne permet de
préciser la morphologie et les dimensions
exactes de la dilatation,
dissection
aortique, visible en échographie
transthoracique et/ou transœsophagienne.
5.5 - De préciser l’existence
éventuelle d’autres atteintes
valvulaires, notamment mitrale ou tricuspidienne.
5.6 - L'échographie transœsophagienne
ne se justifie que dans certaines indications
particulières d'insuffisance aortique
:
- recherche d'une endocardite bactérienne,
- recherche d'une dissection aortique,
- évaluation plus précise
d'une dystrophie aortique.
6 - Scintigraphie cavitaire :
Cette méthode est utilisée
pour déterminer les volumes ventriculaires
gauches et la fonction systolique du VG
lorsque l'échographie est peu contributive
pour des raisons d'échogénicité.
7 - Exploration hémodynamique
:
Le cathétérisme s'attache
à déterminer le régime
des pressions et des débits, l'importance
de la régurgitation valvulaire, son
retentissement sur les dimensions cavitaires
et la fonction systolique du ventricule
gauche, la fonction diastolique du ventricule
gauche, les valvulopathies associées,
l'état des coronaires.
7.1 - Pressions et débits
ils
ne sont pas modifiés dans l'insuffisance
aortique de petit volume.
dans
l'insuffisance aortique chronique volumineuse
asymptomatique, le régime des pressions
droites et des pressions de remplissage
ventriculaire gauche est normal. Le débit
cardiaque est normal. La seule anomalie
hémodynamique est l'élargissement
de la différentielle aortique, l’abaissement
de la pression diastolique aortique avec
effacement du dicrotisme.
il n'y a que lorsque l'insuffisance aortique
est décompensée avec manifestations
d'insuffisance cardiaque congestive, qu’apparaît
une augmentation des pressions de remplissage
ventriculaire gauche retentissant sur les
pressions de la petite circulation et une
insuffisance circulatoire manifestée
par un débit cardiaque abaissé.
7.2 - Le volume de la fuite
s'apprécie par angiographie sus-sigmoïdienne,
suivant la classification de Sellers, basée
sur la rapidité d'opacification du
ventricule gauche lors de l'injection de
produit de contraste dans l'aorte.
7.3 - Retentissement sur la fonction
ventriculaire gauche :
Il est apprécié par la ventriculographie.
Cette dernière permet de calculer
les volumes ventriculaires et la fraction
d'éjection.
Les volumes ventriculaires sont très
augmentés dans l'insuffisance aortique
volumineuse. Ils peuvent atteindre et dépasser
200 ml/m2 (normale 70 ml +/- 10 ml/m2).
La fraction d'éjection demeure normale
(de l'ordre de 60 %) pendant une longue
période d'évolution. Il n'y
a que dans les insuffisances aortiques décompensées
qu'elle s'abaisse.
7.4 - Recherche de valvulopathies
associées (insuffisance mitrale)
7.5 - Détermination du volume
régurgité :
Il est possible, quoique imprécis,
en comparant le débit cardiaque antérograde
mesuré grâce à l'angiographie
ventriculaire gauche (le débit antérograde
est le produit du volume d'éjection
systolique par la fréquence cardiaque)
comparé au débit effectif
mesuré par thermodilution .
7.6 - Détermination de la
taille de l'aorte ascendante, dilatée
en cas d'insuffisance aortique annulo-ectasiante.
7.7. – Coronarographie :
Elle permet de vérifier la perméabilité
du réseau coronaire, de préciser
la position des ostia dans l'aorte.
Elle est souvent difficile à réaliser
compte tenu de la dilatation cavitaire.
8 - Scanner et IRM :
- Ces examens ont des indications spécifiques
dans l'insuffisance aortique. Ils permettent
de préciser la taille de l'aorte
ascendante dans les insuffisances aortiques
dystrophiques et d'en surveiller l'évolution
chez les sujets non opérés
d’emblée, car la répétition
de l’échographie transœsophagienne
est généralement mal acceptée
par les patients...
- Par ailleurs, scanner et IRM sont d'une
très grande précision pour
dépister les dissections aortiques
lorsque le diagnostic est hésitant
après échographie transthoracique
ou transœsophagienne.
EVOLUTION
Le pronostic de l’insuffisance
aortique est lié au retentissement
ventriculaire gauche de la régurgitation,
cause de dysfonction du VG et de décès
à long terme, au risque d’endocardite
infectieuse, et à l’existence
d’une pathologie pariétale aortique
associée avec le risque de dissection
et de rupture aortiques. 1
- Les insuffisances aortiques chroniques :
1.1 - L'évolution dépend
du volume de la régurgitation et de
la rapidité de son installation.
les
insuffisances aortiques d'intensité
modérée ne compromettent pas
l’état hémodynamique sauf
aggravation de la régurgitation valvulaire.
les
insuffisances aortiques volumineuses peuvent
évoluer malgré une activité
physique et/ou même sportive intense,
de façon parfaitement asymptomatique
pendant plusieurs années ou plusieurs
dizaines d'années. C'est ce qui fait
la difficulté de la surveillance de
tels patients qui comprennent souvent difficilement
qu'on s'intéresse de très près
à leur sort.
Dès l’apparition de symptômes
fonctionnels, le pronostic devient sévère
à moyen ou court terme, même
si la fonction ventriculaire gauche est conservée
: la survie moyenne est de 3 à 5 ans
après l’apparition d’un
angor, de 2 à 3 ans en cas d’insuffisance
cardiaque et de moins de 1 an en cas d’insuffisance
cardiaque globale.
Dans ce type de maladie, on sait que la réversibilité
des lésions et le retour à une
fonction ventriculaire normale après
un remplacement valvulaire sont incertains
lorsque la dilatation cavitaire a dépassé
un certain degré ou lorsque la fonction
systolique ventriculaire gauche s'est abaissée
en dessous d'une certaine valeur.
Il est donc nécessaire de surveiller
ces patients par méthode non invasive
de façon prolongée, à
la recherche de ces signes, sachant que les
manifestations d'insuffisance ventriculaire
gauche sont toujours très tardives,
ne surviennent que lorsque la dilatation cavitaire
est très évoluée et la
fonction systolique ventriculaire gauche très
abaissée. 1.2 - L'observation
au cours de l'évolution d’une
insuffisance aortique volumineuse :
de
symptômes fonctionnels, même transitoires
ou modérés,
d’une
dilatation ventriculaire gauche avec diamètre
télédiastolique supérieur
à 70mm ou diamètre télésystolique
supérieur à 50mm ou à
25mm/m² en échographie (prendre
en compte des diamètres plus faibles
chez les patients de faible corpulence, en
particulier les femmes), d’une
fraction d'éjection inférieure
à 50%, quelle qu’en soit la méthode
de mesure, d’une
dilatation de l’aorte ascendante avec
diamètre supérieur à
55mm,
sont des éléments de pronostic
péjoratif.
Un seul de ces signes doit faire envisager
la chirurgie si la dilatation cavitaire ou
aortique, et/ou l'abaissement de la fonction
systolique se trouvent confirmés.
L'évolution naturelle de l'insuffisance
aortique se fait vers la défaillance
cardiaque et la mort. L'évolution peut
être précipitée par une
endocardite bactérienne.
La mort subite, quoique rare, est possible.

2 - Certaines étiologies
comportent un risque évolutif particulier
: 2.1 - Les IA
dystrophiques associées à
une dilatation de l’aorte ascendante
que l’on rencontre dans le syndrome
de Marfan et autres maladies du tissu élastique,
la maladie annulo-ectasiante et les bicuspidies
sont exposées à un risque important
de dissection ou de rupture aortique, risque
d’autant plus important que l’aorte
est plus dilatée :
dans
l'insuffisance aortique annulo-ectasiante,
il existe une dilatation de l'anneau d'insertion
des valves et un anévrysme de l'aorte
ascendante. Dans ce cas, la dilatation cavitaire
est souvent rapide et importante du fait
d'une régurgitation valvulaire majeure.
c'est
dans ces formes que la surveillance du diamètre
de l'aorte par échographie trans-thoracique
ou transœsophagienne ou par scanner
ou IRM prend tout son intérêt.
L'observation d'un diamètre de l'aorte
supérieur ou égal à
55mm doit faire envisager un geste chirurgical,
voire 50mm s’il s’agit d’un
syndrome de Marfan ou d’une bicuspidie.
Il serait logique d’indexer systématiquement
le diamètre aortique à la
surface corporelle, particulièrement
pour les femmes qui, à diamètre
aortique comparable, ont un risque de dissection
plus élevé que les hommes,
en raison d’une surface corporelle
habituellement moindre.
2.2 - Les insuffisances aortiques
post-endocarditiques évoluent
de façon rapide vers la dilatation
cavitaire et la détérioration
ventriculaire gauche. Il ne semble pas que
cette détérioration soit seulement
liée au volume de la fuite mais pourrait
avoir trait à la contrainte pariétale
excessive brutalement appliquée à
une paroi ventriculaire préalablement
peu hypertrophiée. On a évoqué
aussi le rôle de lésions inflammatoires
survenant dans le cadre d'une endocardite
bactérienne.
3 - Insuffisance aortique aiguë
:
- Ces insuffisances aortiques aiguës
s'observent en cas d'endocardite
bactérienne, de dissection aortique
ou d'insuffisance aortique traumatique.
Leur gravité tient à la pathologie
causale et au volume de la fuite valvulaire.
La régurgitation valvulaire lorsqu'elle
est intense produit une insuffisance cardiaque
congestive à petit coeur et fonction
systolique conservée.
Le pronostic de telles insuffisances aortiques
est sévère, le patient étant
menacé d'œdème pulmonaire
incontrôlable.
L'intervention doit être envisagée
précocement; en tout cas, elle est
formellement indiquée lorsque l'insuffisance
aortique aiguë s'est compliquée
d'un poumon cardiaque en cas d'endocardite
bactérienne ou d'insuffisance aortique
traumatique.
- Dans le cas d'une dissection aortique,
l'intervention est de toute façon
urgente et justifiée par la cure
chirurgicale de la pathologie aortique.
COMPLICATIONS
1 - Endocardite bactérienne
:
- C'est la complication la plus fréquente
et la plus grave de l'insuffisance aortique.
L'insuffisance aortique est la valvulopathie
native qui se complique le plus fréquemment
de cette pathologie infectieuse.
C'est dire que la prophylaxie de l'endocardite
bactérienne doit être particulièrement
efficace chez ces sujets. Tout geste portant
sur les sinus ou sur les dents doit faire
l'objet d'une prophylaxie antibiotique (voir
les recommandations pour la prophylaxie
de l'endocardite bactérienne dans
le chapitre spécial).
Schématiquement, tout soin dentaire
à partir du moment où il intéresse
la pulpe doit faire l'objet d'une antibiothérapie,
particulièrement s'il s'agit d'une
éradication.
Par ailleurs, tout geste sur les sinus doit
faire également l'objet d'une antibiothérapie.
Les portes d'entrée outre la sphère
ORL et dentaire, sont représentées
par la sphère gynécologique
chez la femme, la sphère urinaire
dans les deux sexes, la sphère digestive,
et parfois cutanée.
- Ceci dit, selon les Recommandations actuelles
de la Conférence de Consensus de
2002, l’antibioprophylaxie de l’endocardite
infectieuse n’est plus obligatoire
mais seulement recommandée, chez
les porteurs d’IA, de même que
chez les autres patients porteurs d’une
valvulopathie sur valve native; elle doit
être discutée avec le patient
au cas par cas.
2 - Mort subite :
Il s'agit d'une complication assez rare
de l'insuffisance aortique mais non exceptionnelle.
Elle est la traduction d'un trouble du rythme
ventriculaire.
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