Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons   Service de Cardiologie de Besançon - Pôle cœur-poumons
CENTRE UNIVERSITAIRE HOSPITALIER DE BESANCON
 [INSCRIPTION] • email: mdp: rester
connecté:
General Info in English
Besançon
C.H.U.
Pôle cœur-poumons
Service de cardiologie
Remerciements
Contact
Accès Grand Public
Prévention du risque cardio-vasculaire
Examens réalisés au pôle cœur-poumons
Annuaire des associations de malades
Accès Professionnels
Forum Medical
Prise de rendez-vous
Publications du service
Référentiel
Liens
SIM 10
Recommandations
Annuaire des Médecins
Accès Étudiants
Table des matières
Base multimédia
SIM 10
Publications du service
 
« retour

ANGINE DE POITRINE STABLE
Etiologie, Physiopathologie, Diagnostic, Evolution, Traitement


Professeur Jean-Pierre BASSAND
Mise à jour du 22/11/2005

Résumé des Points Forts à la fin du Chapitre

MENU
INTRODUCTION
PHYSIOLOGIE DE L'ANGINE DE POITRINE
CLINIQUE
FORMES CLINIQUES
TRAITEMENT
CE QU'IL FAUT RETENIR

Documentation multimédia
Arc cornéen indicateur d'une hypercholestérolémie majeur
Représentation d'artiste de la douleur angineuse
Topographie de la douleur angineuse
infarctus antéro-septal
Ischémie sous-épicardique antérieure
lésion sous-endocardique
Thésaurismose à la Cordarone
Exemples d’exploration non invasive du réseau coronaire par tomodensitométrie en coupes multiples
Exemples d’exploration non invasive du réseau coronaire par tomodensitométrie en coupes multiples
Lésion serrée de la coronaire droite
Inflation du ballon porteur de la prothèse au site de la lésion
Mise en place d'un cathéter à ballon porteur d'une prothèse endovasculaire ("stent")
Résultat final après angioplastie et mise en place de prothèse endovasculaire


L'angine de poitrine est la manifestation clinique sous forme de syndrome douloureux thoracique d'un déséquilibre entre apports et besoins myocardiques en oxygène responsable d'ischémie myocardique. Ce déséquilibre est le plus souvent dû à une atteinte athéromateuse oblitérante des artères coronaires. Sa fréquence est grande, son pronostic est sévère. L'intérêt d'étudier l'angine de poitrine a été renouvelé par les acquisitions thérapeutiques médicales, chirurgicales et instrumentales récentes qui tendent à en modifier le pronostic.

L'angine de poitrine peut revêtir de nombreux aspects cliniques qu'on classe en deux grandes rubriques différentes, l'angor stable et l'angor instable. C'est l'aspect clinique de la douleur, sa durée, son mode évolutif et son mécanisme physiopathologique qui distinguent ces deux classes d'angine de poitrine, qui par ailleurs ne comportent pas les mêmes implications pronostiques.

haut de page


PHYSIOPATHOLOGIE DE L'ANGINE DE POITRINE STABLE

L'angine de poitrine est dûe à un déséquilibre entre apports et besoins en oxygène du myocarde.

1 - Les besoins en oxygène du myocarde sont proportionnels à :
la fréquence cardiaque,
l'état contractile du ventricule gauche,
la tension pariétale (produit pression x rayon de la cavité ventriculaire gauche).

Les besoins en oxygène du myocarde sont donc d'autant plus élevés que la fréquence cardiaque est plus grande que l'état contractile est plus élevé, que la pression artérielle est plus grande et que la cavité ventriculaire gauche est plus dilatée.
Les
deux principaux éléments de variation instantanée des besoins en oxygène du myocarde sont la fréquence cardiaque et l'état contractile du ventricule gauche : deux facteurs particulièrement influencés par la sécrétion de catécholamines.


2 - Les apports en oxygène au myocarde sont strictement proportionnels au débit coronaire qui est réglé par :

2.1. la différence de pression régnant entre l'aorte et le sinus coronaire,

2.2. les résistances coronaires.
Les résistances coronaires sont fortement influencées par la vasomotricité régulant le calibre des vaisseaux épicardiques.

certains facteurs ont un effet constrictif :
compression myocardique des petits vaisseaux en systole (le débit est maximum en diastole)
stimulation des récepteurs alpha et probablement blocage des récepteurs béta.
froid, dérivé de l'ergot de seigle, cocaïne...

d'autres facteurs ont un effet vasodilatateur :
métabolites de l'ischémie myocardique (adénosine, lactate..)
blocage des alpha-récepteurs.
stimulation des récepteurs béta adrénergiques.
stimulation para-sympathique .
les prostaglandines (prostacycline)
NO (nitré endogène)
de nombreux médicaments ont un effet vaso-dilatateur, dérivés nitrés, antagonistes calciques.

3 - L'ischémie myocardique est le résultat de ce déséquilibre entre apports et besoins en oxygène du myocarde. Elle a des conséquences :
Biochimiques : déviation vers un métabolisme anaérobie avec production de lactates.
Mécaniques : diminution de la contractilité et de la complicance ventriculaire gauche dans la zone ischémiée,
Electriques : modifications du potentiel membranaire se traduisant en électrocardiographie de surface par des modifications de la repolarisation ventriculaire.
En outre, des troubles du rythme peuvent survenir à la faveur des phénomènes ischémiques.


Cliniques : douleur angineuse mais pas toujours. L'ischémie peut n'être pas manifestée cliniquement. C'est l'ischémie silencieuse dont les modalités évolutives et le pronostic sont identiques à l'ischémie douloureuse.
L'ischémie et ses conséquences sont réversibles en quelques minutes à l'arrêt de la crise.

4 - Ce déséquilibre est dû à un athérome coronaire oblitérant qui empêche l'augmentation des apports en oxygène parallèlement aux besoins du myocarde lors de l'effort.
C'est l'angine de poitrine par augmentation des besoins.

5 - Il existe d'autres causes de déséquilibre entre besoins en oxygène du myocarde et apports en oxygène :

5.1. Obstacle à l'éjection ventriculaire gauche (rétrécissement aortique orificiel, cardiomyopathie obstructive).
La consommation en oxygène du myocarde est fortement augmentée en raison d'une surcharge barométrique intense et permanente et d'une augmentation de l'état contractile,
Les résistance coronaires sont augmentées en raison d'une tension pariétale diastolique excessive,
La pression de perfusion des artères coronaires est basse, pas en rapport avec la pression d'éjection ventriculaire gauche.
Pour ces raisons, l'angine de poitrine peut survenir à l'effort dans ces affections
alors même que le réseau coronaire ne comporte pas de sténose organique. Angine de poitrine fonctionnelle.

5.2. Anémie.
5.3. Tachycardies.
5.4. Aortite syphilitique avec obstruction ostiale.

haut de page


CLINIQUE

On entend par angor stable les douleurs d'angine de poitrine de durée brève, inférieure à 15 mn, survenant à la faveur de l'effort ou déclenchées par des équivalents de l'effort, cédant à l'arrêt de celui-ci, bien calmées par la TRINITRINE et sans aggravation récente dans le mode de déclenchement, de soulagement, ni dans la fréquence des crises et leur durée.

1 - La douleur angineuse

1.1 - Le plus souvent, elle est typique et rend le diagnostic d'angine de poitrine aisé :

siège rétrosternal en barre d'un sein à l'autre,
irradiations typiquement ascendantes dans les faces latérales du cou, mâchoire inférieure, membre supérieur gauche, bord cubital.
à type de striction ou de brûlures, de pesanteur, parfois de blocage respiratoire,
électivement déclenchée par l'effort, contraignant à l'interruption de l'effort,
cédant quelques minutes après l'interruption de l'effort,
calmée en moins de 5 mn par l'absorption sub-linguale de TRINITRINE.
Symptômes associés : éructations, hoquet, bâillements, sueurs froides...
Circonstances favorisantes : périodes post-prandiales, froid, marche en terrain accidenté ou en côte, contre le vent..

 

1.2 - La douleur peut être atypique :
dans ses circonstances de survenue : colère...
par son siège : épigastrique, exceptionnellement thoracique postérieur interscapulaire, parfois la douleur n'est ressentie qu'au niveau des irradiations (maxilaire supérieur ou membre supérieur gauche).

Dans tous ces cas, l'interrogatoire minutieux permettra de recueillir la notion de douleur survenant électivement au cours de l'effort et contraignant à l'interruption de celui-ci.

1.3 - Diagnostic différentiel

Douleur pariéto-thoracique réveillée par le mouvement mais pas réellement par l'effort.
Douleur d'origine digestive, hernie hiatale, colite de l'angle gauche, ulcère gastro-duodénal,
Spasme oesophagien déclenché par les déglutitions rapides ou les déglutitions de liquide glacé,
Précordiales neurotoniques,
Hépatalgies d'effort de l'insuffisance ventriculaire droite.

Dans tous les cas, il conviendra
de se méfier des associations.

2 - Examen :

L'examen somatique du patient examiné en dehors des crises est souvent pauvre.

On doit rechercher :

2.1 - Une localisation extra-coronarienne de l'athérome (artériopathie des membres inférieurs),

Une anomalie auscultatoire cardiaque pouvant laisser supposer que l'angine de poitrine ne procède pas d'un athérome coronaire mais d'une cause fonctionnelle : un souffle systolique éjectionnel orientera vers un obstacle à l'éjection ventriculaire gauche (rétrécissement aortique, cardiomyopathie obstructive), un souffle diastolique orientera vers une insuffisance aortique.

2.3. Recherche de xanthomes tendineux, d'hypertension artérielle...

2.4 - L'examen devra enfin rechercher les facteurs de risque de la maladie coronarienne.

2.5 - Radiologiquement, la silhouette cardiaque est le plus souvent normale. L'examen en amplificateur de brillance peut montrer des calcifications coronariennes.

3 - Electrocardiogramme

3.1 - E.C.G. inter-critique

normal dans plus de 50 % des cas au début de l'évolution ,
lorsqu'il est pathologique, les anomalies observées peuvent être les suivantes:
ischémie sous-épicardique (inversion de l'onde T pointue asymétrique).
lésion sous-endocardique (sous-décalage du segment ST).
association des deux .

Ces anomalies lorsqu'elles existent ont une valeur localisatrice en fonction des dérivations dans lesquelles elles sont observées (anomalies des précordiales antérieures traduisant une lésion de l'inter-ventriculaire antérieure, en D2 D3 VF, lésion plutôt de la coronaire droite ; anomalie en latérale V5 V6 éventuellement associée à des anomalies en D2 D3 VF, lésion circonflexe possible).

• Rarement, dès les premières manifestations d'angine de poitrine, l'E.C.G. peut montrer des signes d'infarctus de date indéterminée
(cf chapitre infarctus du myocarde)

3.2 - E.C.G. en crise, il montre la plupart du temps des anomalies

sous-décalage du segment ST.
parfois sus-décalage du segment ST.

4 - Electrocardiogramme d'effort. Il a un intérêt diagnostique et pronostique. Il peut affirmer la présence d'une insuffisance coronarienne. La précocité avec laquelle les signes apparaissent au cours de l'épreuve d'effort donne une idée de l'intensité des lésions coronaires.

4.1 - Sur cyclo-ergomètre ou tapis roulant
(cf. Chapitre "Epreuve d'Effort")

L'épreuve est conduite de manière à obtenir une élévation de la fréquence cardiaque qui tient compte de l'âge du sujet (on cherche à atteindre une fréquence de 85% de la maximale théorique pour l'âge déterminée selon la formule 220 - l'âge).
Surveillance monitorée de l'E.C.G., dérivations frontales et périphériques, contrôle de la tension artérielle pendant toute la durée de l'épreuve,
Epreuve effectuée en présence d'un
médecin familiarisé à la technique, disposant d'un matériel de réanimation et d'un défibrillateur, en milieu hospitalier. Ces dispositions ont été fixées par le législateur.

4.2 - Incidents - Accidents
La survenue de troubles du rythme ventriculaire, d'une baisse tensionnelle à l'effort, d'une douleur thoracique angineuse, de troubles de repolarisation de forte intensité doivent faire interrompre l'épreuve,
Les accidents sont exceptionnels, ils tiennent le plus souvent au
non respect d'une contre-indication formelle,
les contre-indications sont l'insuffisance cardiaque décompensée, les obstacles à l'éjection ventriculaire gauche, les troubles du rythme ventriculaire sévères à l'état basal, l'angor instable, l'infarctus récent.

4.3. Résultats
L'épreuve est dite
positive lorsqu'elle détermine la survenue d'un sous-décalage du segment ST (plus rarement sur-décalage) de plus d'1 mm d'amplitude, que cette anomalie soit accompagnée ou non de douleur.
La
précocité d'apparition des signes est proportionnelle à la diffusion des lésions coronaires (l'apparition des signes pour une fréquence inférieure à 70 % de la maximale théorique traduit la plupart du temps des lésions sévères).
Une
baisse de pression artérielle au cours de l'effort traduit généralement un état myocardique très altéré, ou une lésion de tronc commun de la coronaire gauche.
La sensibilité de l'épreuve d'effort est de 80% (aptitude à dépister l'insuffisance coronarienne),
La spécificité est également d'environ 80%. Elle est cependant plus basse chez les
femmes où les épreuves d'effort faussement positives sont fréquentes.

5 - Coronarographie sélective
(cf. Chapitre "Explorations Hémodynamiques")

5.1 - Technique Cathétérisme artériel fémoral selon la méthode de Seldinger,
- Temps ventriculaire gauche : il comporte le relevé des pressions, la mesure du débit cardiaque et l'opacification du ventricule gauche destinée à en juger la valeur contractile.
- Temps coronaire : opacification successive de la coronaire gauche puis de la coronaire droite sous incidences multiples.
- Epreuves pharmacodynamiques visant à reproduire le spasme lorsqu'il existe, elles font appel essentiellement à l'injection d'alpha-stimulant (méthylergométrine).

5.2 - Incidents - Accidents
Le perfectionnement de la technique a rendu les accidents exceptionnels. La mortalité de l'examen est inférieure à 1 pour 4000.
Les incidents sont rares, ils sont essentiellement représentés par des accidents de la ponction artérielle, la survenue très rare de douleur angineuse en cours d'examen,
Le risque le plus important est le déclenchement d'un infarctus du myocarde sur des lésions particulièrement serrées, observées dans environ 1/1000.

5.3 - Résultats. La coronarographie
- Précise le
nombre, la topographie et l'intensité des sténoses artérielles,
- Précise la qualité du lit d'aval artériel,
- Précise la présence ou l'absence d'un réseau collatéral et son intensité.
- Précise la valeur contractile du ventricule gauche estimée d'après la fraction d'éjection (volume d'éjection systolique ventriculaire gauche/volume télédiastolique).
- La diffusion des lésions est variable suivant les sujets :
de 30 à 40 % des cas lésions mono ou bi-tronculaires n'intéressant qu'un à deux vaisseaux.
40 à 50 % des patients ont des lésions très sévères intéressant les 3 vaisseaux ou le tronc commun de la coronaire gauche.
il n'y a que dans 5 à 10 % des cas que les lésions sont modérées, n'intéressant que les branches secondaires.
Il faut savoir que les lésions sont évolutives et qu'il n'est pas rare qu'à deux examens itératifs justifiés par l'aggravation de l'angine de poitrine ou pour contrôle après pontage ou angioplastie que les lésions aient évolué, les lésions observées initialement ayant progressé et de nouvelles lésions étant apparues sur le réseau préalablement indemne.
Enfin, la morphologie des lésions artérielles est importante à considérer car elle conditionne la prise en charge thérapeutique en particulier les possibilités d'angioplastie. Trois types de lésions sont décrites :
lésion de type A, courte, concentrique, respectant les bifurcations et les angles vasculaires très vifs, idéale pour l'angioplastie,
lésion de type B, lésion plus longue anfractueuse ou excentrique intéressant les bifurcations, les angles vasculaires supérieurs à 60° rendant le geste de l'angioplasticien plus difficile,
lésion de type C longue, calcifiée, moniliforme, impropre à un geste d'angioplastie.

5.4. Autres Explorations pendant la coronarographie diagnostique.
D’autres examens sont possibles pendant la coronarographie diagnostique, destinés à préciser le retentissement hémodynamique d’une sténose jugée douteuse. Parmi ces techniques, la mesure de du gradient de pression de part et d’autre d’une lésion à l’état basal et après épreuve pharmacodynamique est certainement la plus prometteuse et tend à devenir une technique de routine.

D’autres explorations existent, comme la mesure des flux intra-coronaires par le Doppler, ou l’évaluation de la composition de la plaque et de la charge athéromateuse d’un vaisseau par l’échographie endocoronaire (cf chapitre Exploration Hémodynamiques et Angiographiques).

La prise en charge varie en fonction du nombre des lésions, de leur aspect, de la présence éventuelle de collatérales, la qualité contractile du ventricule gauche.
Les indications de coronarographie et d'épreuve d'effort seront discutées dans le sous-chapitre "conduite à tenir en présence d'une angine de poitrine stable"
.

6 - Autres examens
(cf. Chapitre "Explorations Isotopiques)

6.1 - Scintigraphie au Technetium 99 (précise la valeur contractile du ventricule gauche).

6.2 - Scintigraphie au Thallium couplée à l'épreuve d'effort. Elle permet d'étudier la perfusion myocardique.

EElle a les mêmes contre-indications que l'épreuve d'effort conventionnelle.
Elle permet de dépister les défauts de perfusion, d'en étudier l'intensité, le nombre et la diffusion ainsi que leur reversibilité.
Elle a une spécificité et une sensibilité plus élevée que l'épreuve d'effort conventionelle.
La spécificité et la sensibilité de la scintigraphie au thallium couplée à l'épreuve d'effort sont voisines de 100% lorsque les réponses sont de même sens (toutes deux positives ou toutes deux négatives).

En fait, il existe des réponses dissociées assez fréquentes. La sensibilité et la spécificité du Thallium est loin d'être parfaite particulièrement chez la femme et chez les obèses.
Elle est indiquée en cas de doute persistant après interrogatoire et épreuve d'effort.
Elle n'a pas d'intérêt en présence d'un bloc de branche gauche qui donne de faux positif.
Elle est impossible chez les sujets ayant un handicap moteur.
Dans ces cas, l'épreuve de sensibilisation par l'effort est remplacée par une épreuve pharmacodynamique, en particulier au dipyridamole, qui par vasodilation coronaire augmente le débit coronaire. La sensibilité et la spécificité de cette méthode ne sont pas parfaites
.

6.3 - Echographie.
Elle est utilisée pour préciser la valeur contractile du ventricule gauche.
Elle est de plus en plus utilisée pour le diagnostic de l'insuffisance coronarienne. L'échographie de stress consiste à analyser la cinétique des parois, leur épaississement en systole au cours de la perfusion d'un agent pharmacologique le plus souvent beta 2 agoniste qui accélère la fréquence cardiaque et augmente l'état contractile donc les besoins en oxygène.
En cas de sténose significative, un défaut d'épaississement systolique et une réduction de la cinétique apparaît au niveau des zones ischémiques.
Cette méthode a une sensibilité et une spécificité de grande valeur, comparables à celles de la scintigraphie myocardique couplée à l’épreuve d’effort. Toutefois, il s’agit d’une méthode invasive dont les résultats dépendent considérablement de l’expérience de l’opérateur.
Elle tend à être utilisée en routine, particulièrement chez les sujets ne pouvant se prêter à un exercice physique.
La principale limitation de cette technique est le défaut d’échogénicité des patients.

6.4 - Biologie : la recherche d'anomalies intéressant le métabolisme lipidique et le métabolisme glucidique font obligatoirement partie du bilan d'une angine de poitrine (cf chapitre Athérosclérose).

6.5 – Tomodensitométre en coupes multiples (scanner multicoupe): C’est une nouvelle méthode d’exploration du réseau coronaire basée sur la technologie de la tomodensitométrie. Dans ce cas particulier, un grand nombre de couples (32 voire 64) sont réalisées en une seule acquisition, réalisée au cours de la diastole cardiaque. Cela suppose qu’un logiciel spécifique permette cette acquisition pendant la diastole, en synchronisant électrocardiogramme et temps d’acquisition. Cela suppose également que la diastole soit longue, donc la fréquence cardiaque baisse. Cette méthode est en cours de développement. La résolution spatiale et temporelle sont en constante amélioration. Lorsque le nombre de détecteurs est au moins égal à 32, on considère qu’il n’y a pas de segment du réseau coronaire qui échappe à l’examen. Les études menées jusqu’à présent confirment l’excellente corrélation entre les données procurées par cette méthode et l’examen coronarographique de référence.

En outre, cette méthode permet d’apprécier dans le même temps la cinétique du ventricule gauche.

7 - Histoire Naturelle de l’Angine de Poitrine Stable

7.1 - Début : il se fait généralement à partir de la quarantaine. L'âge d'entrée dans la maladie tend à s'abaisser depuis une décennie. L'insuffisance coronarienne se révèle une fois sur deux par une angine de poitrine (une fois sur quatre par un infarctus).

7.2 - Installée, l'angine de poitrine est généralement stabilisée au moins de façon transitoire à la faveur du traitement. C'est à dire que les crises existent mais sans tendance à l'aggravation ni à la disparition.

7.3 - A titre exceptionnel (10 à 15 % des cas), l'angine de poitrine disparait pendant une période de temps prolongée : rémission clinique.

7.4 - Cependant, l'aggravation survient toujours à terme manifestée par
destabilisation de l'angor,
infarctus du myocarde,
insuffisance cardiaque,
mort subite,
accident vasculaire dans un autre territoire.

7.5 - Le terme ultime de l'évolution est la destruction du potentiel contractile ventriculaire gauche qui va conduire à l'insuffisance cardiaque.
cette perte de potentiel contractile peut survenir de façon progressive au fil des années d'évolution, elle est d'autant plus rapide que le nombre de vaisseaux lésés est plus important,
elle peut survenir brutalement à la faveur d'infarctus,
elle conduit à l'insuffisance ventriculaire gauche,
lorsque l'insuffisance ventriculaire gauche est présente, le pronostic vital est engagé à moyen ou à court terme.

7.6 - Pronostic de la maladie coronarienne
Un certain nombre d'éléments cliniques influencent défavorablement le pronostic :
l'âge d'entrée dans la maladie inférieur à 50 ans,
le sexe masculin,
l'hypertension artérielle,
le diabète,
l’insuffisance rénale,
la persistance de l'intoxication tabagique,
les anomalies électrocardiographiques persistantes en dehors des crises,
un antécédent d'infarctus du myocarde.
épreuve d'effort fortement et précocement positive,
scintigraphie au thallium montrant plus que 1 défaut de perfusion (inversement, lorsque la scintigraphie au thallium est normale ou presque normale, le pronostic est très favorable).
En fait, deux facteurs influencent préférentiellement le pronostic de la maladie coronarienne :
le nombre de vaisseaux sténosés,
et la valeur contractile du ventricule gauche.

Schématiquement plus le nombre de vaisseaux sténosés est grand et plus
l'altération de la fonction contractile du
ventricule gauche est grande, plus la mortalité annuelle est élevée (cf tableau).

La mortalité annuelle de l'angine de poitrine est voisine de 5 %. Mais elle varie de 1,4 % chez les sujets ayant une lésion d'un seul vaisseau avec bon ventricule gauche à 25 % chez les sujets avec lésion du tronc commun de la coronaire gauche et mauvais ventricule gauche.

Il est important de noter que le pronostic de la maladie coronarienne peut être modifié par la chirurgie de revascularisation myocardique. Cette notion a formellement été établie par les études randomisées multicentriques Américaines et Européennes.

MORTALITE ANNUELLE 590 patients
Suivis 5 ans

Nombre de Vaisseaux sténosés

Cinétique VG normale

Cinétique VG modérément altérée

Cinétique VG sévèrement altérée

1 vaisseau

1.4%

3.4%

12 %

2 vaisseaux

6.6%

6.2%

11.4%

3 vaisseaux

7.2%

10 %

17.6%

Tronc commun CG

11.4%

10 %

25 %

BRUSCHKE Circulation 1973, 47, 1154

Histoire naturelle de l'angine de poitrine évaluée sur 5 ans chez 590 patients en fonction du type de lésions et de l'altération de la cinétique ventriculaire gauche. La mortalité annuelle moyenne est de 5% mais elle varie de 1.4% chez les sujets ayant une lésion d'un seul vaisseau avec ventricule gauche normal, à plus de 15 % chez les sujets ayant une atteinte des 3 vaisseaux ou du tronc commun avec mauvaise cinétique ventriculaire gauche.

8 - La prise en charge du coronarien

8.1 - Le diagnostic positif de l'angine de poitrine est le plus souvent facile
Dans les cas litigieux lorsque la scène clinique est non concluante, l'épreuve d'effort est nécessaire pour étayer le diagnostic.
Dans le même ordre d'idée, chez des sujets présentant des troubles de repolarisation à l'état de repos sans scène clinique évidente ou avec une scène clinique très atypique, l'épreuve d'effort pourra être nécessaire pour affirmer le diagnostic.
Le recours à la scintigraphie au thallium est désormais plus fréquent en conjonction avec l'épreuve d'effort de manière à parvenir à un diagnostic de certitude par méthode non invasive. Pour mémoire, une épreuve d'effort et une scintigraphie au thallium négatives excluent de fait la probabilité d'insuffisance coronarienne. Inversement, la positivité des deux épreuves permet de l'affirmer avec une quasi certitude.
Le recours à la coronarographie à titre diagnostique est souvent nécessaire car l’interrogatoire et les épreuves invasives ne permettent pas toujours d’affirmer le diagnostic d'insuffisance coronarienne. En outre, les explorations invasives ne donnent pas accès à l’anatomie du réseau coronaire, au siège, nombre et type de lésion
.

8.2 - L'interrogatoire, l'examen somatique et les examens biologiques précisent le contexte dans lequel survient l'angine de poitrine :
étude des facteurs de risque (cf chapitre Athérosclérose),
recherche des autres localisations de la maladie artérielle surtout artères cervicales à destinée encéphalique et artériopathie des membres inférieurs,
hypertension artérielle,
diabète ou autres anomalies métaboliques,
insuffisance rénale,
tares associées qui pourraient influencer les décisions thérapeutiques médicales ou chirurgicales en particulier asthme, insuffisance respiratoire...

8.3 - Appréciation de la gêne fonctionnelle.
Il est d'usage de le faire suivant une nomenclature internationale dite de la Canadian Cardiac Society. Cette classification comporte 4 classes :
Classe I : l'activité physique ordinaire telle que marche ou montée d'escaliers ne cause pas d'angine de poitrine. Cette dernière ne survient qu'en cas d'exercise intense et prolongé soit lors du travail soit lors des loisirs.
Classe II : limitation discrète de l'activité ordinaire telle que marche rapide, escaliers, marche à plat de plus de 200 m, montée de plus d'un étage à vitesse normale. Survenue après le repas, au froid ou au vent, à l'occasion de stress émotionnel ou dans les heures qui suivent le réveil.
Classe III : limitation marquée de l'activité physique normale telle que la marche en terrain plat, la montée d'un étage à pas normal.
Classe IV : angine de poitrine au moindre effort, au repos (cette classe n'est pas une angine de poitrine stable).

8.4 - Estimation de la sévérité des lésions en fonction de :
intensité de la gêne fonctionnelle,
mais surtout réponse lors de l'épreuve d'effort. Lésions d'autant plus étendues que l'épreuve d'effort est précocement positive.
de la même façon, la diffusion des défauts de perfusion en scintigraphie au thallium est proportionnelle à la diffusion des lésions coronaires
estimation du degré d'altération de la valeur contractile ventriculaire gauche qui peut s'effectuer par des moyens non invasifs, soit échocardiographie, soit scintigraphie au Technetium 99.

8.5 - En fonction des résultats des investigations préalables, l'indication de coronarographie devra être discutée.
La coronarographie a pour but d'effectuer le bilan anatomique précis de la maladie coronarienne de manière à établir un pronostic et à choisir une thérapeutique qui sera d'autant plus interventionniste que le pronostic est plus menacé.
Schématiquement, doivent être soumis à la coronarographie :
les malades dont la gêne fonctionnelle est importante,
dont la gêne fonctionnelle est mal acceptée,
les malades ayant une angine de poitrine