|
METHODES D'EXPLORATION
:
Les techniques
d'explorations vasculaires ont été bouleversées
par la mise au point de l'ultrasonographie,
apparue il y a une vingtaine d'années :
outil original et non vulnérant ; il prolonge
l'examen clinique et précise la nécessité
de recours à des investigations complémentaires
morphologiques (angiographiques), généralement
pré-thérapeutiques.
1 - LES TECHNIQUES
1.1 - Que sont
les ultrasons ?
Ils se définissent comme des vibrations
mécaniques de la matière, à des fréquences
supérieures à celles que peut percevoir
l'oreille humaine, c'est-à-dire supérieures
à 2O OOO Hz.
Les
fréquences les plus usitées
en ultrasonographie diagnostique sont comprises
entre 2 et 1O MHz.
1.2 - Rappel
de l'effet Doppler-Fizeau (1843)
C'est un phénomène physique
s'appliquant universellement aux vibrations
propagées : tout phénomène
périodique propagé est perçu
par le récepteur à une fréquence
différente de la fréquence
d'émission, lorsqu'il existe un déplacement
relatif entre l'émetteur et le récepteur.


F :
fréquence d’émission
V : vitesse des globules rouges
C : vitesse des ultrasons dans les tissus
q : angle sonde - artère
En pratique, on obtient :
le sens d'écoulement du sang
un signal acoustique permettant d'identifier
le vaisseau et renseignant sur le régime
circulatoire qui y règne.
un signal électrique enregistrable
fournissant des courbes de vitesse
1.3 - Doppler
continu, pulsé, couleur et énergie
Le doppler continu est historiquement
le plus ancien.
Deux cristaux placés côte à
côte émettent et reçoivent
de façon continue les ultrasons.
Le signal recueilli par le capteur est donc
le mélange des signaux générés
par les diffèrents flux sanguins
(absence de résolution spatiale).
Par exemple : une
artère et une veine sont enregistrées
globalement par le doppler continu.
En revanche, il a l'avantage de permettre
l'enregistrement de flux très rapides.
En pratique, on obtient :
le sens d'écoulement du sang,
un signal acoustique permettant d'identifier
le vaisseau et renseignant sur le régime
circulatoire qui y règne,
un signal électrique enregistrable
fournissant des courbes de vitesse.
Le doppler pulsé :
Ici la sonde ne comporte qu'un seul transducteur,
tour à tour émetteur et récepteur,
l'émission des ultrasons est brève
et intermittente.
Le doppler pulsé
pallie les inconvénients du doppler
continu : il offre une résolution
spatiale, c'est-à-dire la possibilité
de sélectionner la zone à
explorer.
Par contre, il présente
l'inconvénient de ne pouvoir enregistrer
de hautes vélocités (ambiguité
en fréquence ou en vitesse = "aliasing"=
repliement spectral).
Le doppler couleur :
C'est une application particulière
du doppler pulsé (avec ses limites,
en particulier en ambiguité de vitesse). C’est
un codage couleur des vitesses.
Son principe : les
signaux doppler sont décomposés
en un spectre de vitesse pour chaque volume
de mesure ; l'analyse de ces spectres permet
de déterminer la direction du flux
(par convention : rouge pour le flux se
dirigeant vers le capteur, bleu pour celui
qui s'en éloigne), sa vitesse moyenne
et son degré d'organisation (turbulences
codées généralement
en vert).
Il permet une détection
très rapide des sténoses artérielles.
Le doppler énergie ou doppler puissance
:
Principe :
Il consiste à analyser non plus la
vitesse des flux, mais l'énergie
du signal doppler recueilli par ailleurs,
selon les mêmes principes que ceux
cités pour le doppler couleur.
Avantages :
Il est plus sensible que le doppler couleur
aux basses vitesses : il permettra donc
une excellente approche de la thrombose
veineuse profonde.
Il est indépendant de la vitesse,
de l'angle et de la direction des flux.
Il précise la morphologie des plaques
athéromateuses.
1.4 -
L'analyse spectrale
Principe :
elle met en évidence toutes les fréquences
composant le signal, en indiquant l'énergie
correspondante à chacune de ses fréquences.
Nous obtenons alors une représentation
en 3 dimensions :
en abscisse : le temps
en ordonnée : les fréquences
doppler
en brillance (échelle de gris ou
de couleur) : l'énergie dans chaque
bande de fréquence.
Intérêt :
en cas de sténose, diffèrentes
perturbations seront enregistrées
selon le degré de rétrécissement,
permettant une approche semi-quantitative.

1.5 - L'échographie
vasculaire
Principe :
Il repose toujours sur l'émission
d'un faisceau ultra-sonore qui se réflèchit
sur les structures anatomiques étudiées.
En angiologie, seul le mode bi-dimensionnel
est utilisé.
Comme en Cardiologie, on réalise
des coupes, ou tomographie de tissus, pemettant
une image se rapprochant d'une coupe anatomique
1.6 -
Le couplage échodoppler ou "duplex"
Il permet une
étude simultanée de la structure
pariétale du vaisseau et de l'hémodynamique
qui y règne grâce au tir doppler
continu et surtout pulsé qui sera
"promené" dans tout le secteur exploré
Films mis à disposition grâce
à l'obligeance du Docteur Serge Kownator
et du Docteur François Luizy
2 - L'ANGIOGRAPHIE
2.1 - Principe
C'est la visualisation du réseau
vasculaire par l'injection de produit iodé
directement en intra-artériel (ou
en intra-veineux mais ce dernier mode n'est
pas utilisé, sauf cas particulier,
car la qualité de l'image est très
insuffisante).
Le couplage informatique et la numérisation
des images ont permis de diminuer le calibre
des cathéters (certaines artériographies
peuvent être effectuées en
ambulatoire), de limiter les champs irradiés
et de réduire la quantité
de produit de contraste utilisé.
2.2 -
Modalités
La méthode de Seldinger est la plus fréquemment
mise en œuvre : cathétérisme rétrograde
de l'aorte par voie fémorale sous anesthésie
locale (plus rarement par voie humérale).
2.3
- Intérêt
Reste la référence
de l'exploration morphologique vasculaire.
L'angiographie explore au mieux les zones
d'importance stratégiques (carrefour
vasculaire par exemple).
2.4 -
Risques
Concerne la ponction artérielle (hématome
au point de ponction, dissection artérielle
par cathéter, mobilisation de matériel
athéromateux).
Proviennent de l'injection de produit iodé:
choc à l'iode, insuffisance rénale
aigüe.
3 - L'ANGIO-SCANNOGRAPHIE
HELICOÏDALE
3.1 - Principe
L'acquisition
hélicoïdale consiste en l'obtention continue
des données de l'ensemble du volume exploré,
grâce à l'avance permanente de la table
d'examen, combinée à la rotation continue
du tube à rayons X et des détecteurs.
Grâce à
des procèdés complexes de
traitement de l'image, l'on obtient une
représentation spatiale de la lésion
avec une multiplicité d'incidences
possibles.
3.2 -
Applications cliniques
Indication de choix : la pathologie aortique.
Exploration de la bifurcation carotidienne
(sténose et occlusion)
Dans la maladie thrombo-embolique veineuse
; elle est de plus en plus utilisée
dans le diagnostic de l'embolie pulmonaire.
3.3 - Limites
Elles sont inhérentes à l'utilisation
de produits de contraste iodés.
L'angio-scannographie hélicoïdale
a une faible sensibilité aux flux
et aux turbulences, contrairement à
l'échodoppler.
Elle est mal adaptée à l'étude
des vaisseaux de petit calibre (artères
jambières par exemple).
4 - IMAGERIE PAR
RESONANCE MAGNETIQUE
4.1 - Principe
Il s'agit d'une
nouvelle technique d'exploration, ne faisant
pas appel aux rayons X, ni aux ultrasons,
mais aux propriétés magnétiques
des noyaux cellulaires.
Placés
dans un puissant champ magnétique
et stimulés par une onde de radio-fréquence,
les noyaux ont la propriété
de renvoyer un signal : c'est la résonance
magnétique nucléaire.
On a recours
à plusieurs techniques: les unes
ne nécessitant aucun produit de contraste,
les autres utilisant le gadolinium.
4.2 - Intérêt
Il s'agit d'une
technique non agressive, n'utilisant pas
de rayonnement ionisant ni de produit de
contraste iodé.
Son principal
intèrêt est de pouvoir objectiver
l'anatomie vasculaire dans des incidences
inhabituelles (par exemple coupe dans les
trois directions de l'espace, ce qui facilite
la représentation anatomique des
lésions)
4.3 - Contre-indications
et limites
Les contre-indications concernent principalement
la présence de matériel féro-magnétique
intra-corporel, qui sera attiré de
façon irrépressible (exemple
: clips neuro-chirurgicaux, corps étrangers
métalliques intra-oculaires, stimulateur
cardiaque, etc...).
Le patient doit être capable de rester
immobile pendant une demi-heure à
une heure et demie dans le tunnel de l'aimant
(nécessité d'une anesthésie
générale chez le nourrisson
et l'enfant).
Difficultés de surveillance des malades
les plus gravement atteints.
L'utilisation du gadolinium requiert les
mêmes précautions et contre-indications
que les produits iodés.
Le coût et la disponibilité
des appareils sont à prendre en considération.
4.4 - Applications
cliniques
Elles sont en
cours de développement et d'évaluation.
Les principales
indications actuelles concernent :
la pathologie aortique : anévrysmes
et dissections
la pathologie neuro-vasculaire : dissections
carotidiennes et vertébrales, étude
du polygone de Willis, détection
des malformations vasculaires intra-cérébrales...
EXPLORATIONS
DE L'ARTERIOPATHIE OBLITERANTE DES MEMBRES
INFERIEURS
Les examens
complémentaires ne sauraient se substituer
à la clinique qui, seule, permet
d'en définir le rôle et d'en
intégrer les résultats dans
une perspective thérapeutique.
Ainsi, l'interrogatoire
et l'examen clinique du patient suffisent
pour porter le diagnostic positif d'artérite
des membres infèrieurs (à
de rares exceptions près).
Par contre, ils
seront justifiés pour :
évaluer la sévérité
de la maladie
préciser sa topographie
déceler des lésions éminemment
chirurgicales. 1
- LES EXAMENS ULTRASONORES
1.1 - Le doppler
continu
est l'outil de base pour l'étude
du réseau artériel des membres
infèrieurs : simple et maniable,
il permet une étude fonctionnelle
très complète.
En pratique :
Il fera appel à des enregistrements
de repos et à des manoeuvres dynamiques.
Il sera toujours bilatéral et symétrique.
Axes artériels accessibles :
L'étage aorto-iliaque est systématiquement
étudié (il est parfois d'accès
difficile chez l'obèse).
L'étage fémoro-poplité
est facilement explorable sur tout son trajet.
Les artères jambières sont
toutes trois obtenues au niveau de la cheville
(c'est l'enregistrement de référence),
mais peuvent être suivies depuis la
poplitée jusqu'aux malléoles.
Renseignements obtenus :
Au repos :
détection des zones de turbulences
et d'accélération : c'est
l'étude qualitative.
mesure de l'indice systolique à la
cheville : c'est l'étude quantitative
:
| IPS
= |
pression systolique
à la cheville |
| |
pression systolique
humérale |
(normale de 1 à
1,3)
A l'effort :
Le test de Strandness sur tapis roulant
évalue la sévérité
de l'atteinte sur le plan fonctionnel (mesure
de l'IPS avant effort), à l'arrêt
puis toutes les deux minutes pendant 2O minutes).
Plus couramment,
1O à 15 mouvements de flexion-extension
sont exécutés avec enregistrement
doppler à l'arrêt sur les zones
suspectes de sténose.
1.2 - L'échographie
duplex
détecte
les plaques d'athérome.
dépiste les anévrysmes aortiques
ou périphériques (NB : fait
le diagnostic d'anévrysme thrombosé,
ce que ne fait pas l'artériographie)
visualise les thromboses et les occlusions.
met en évidence l'état des
bifurcations et des zones anastomotiques
des pontages.
découvre d'exceptionnelles fistules
artério-veineuses et dissections
artérielles.
1.3 - Indication
Dans l'artériopathie chronique des
membres infèrieurs, les techniques
ultrasonores :
précisent la topographie des lésions.
évaluent leur sévérité
sur le plan fonctionnel.
dépistent des lésions éminemment
chirurgicales (anévrysmes ou obstacles
au niveau des bifurcations par exemple).
vérifient l'efficacité d'un
traitement médical ou évaluent
les conséquences d'un geste chirurgical
ou endovasculaire et ses éventuelles
complications (faux anévrysmes, fistules,
resténoses, thromboses d'un pontage,
etc...)
Dans l'ischémie aigüe :
elles précisent le siège de
l'obstacle, guidant le choix de la technique
chirurgicale.
elles évaluent le terrain artériel
par l'examen comparatif de l'autre membre,
pouvant ainsi suggérer le mécanisme
: embolie sur artère saine ou thrombose
in situ sur artériopathie athéromateuse.
En pathologie traumatique :
Elles permettent de s'assurer de la perméabilité
en aval d'une lésion susceptible
d'entrainer une plaie ou une compression
vasculaire.
2 - LA MESURE
TRANSCUTANEE DE LA PRESSION PARTIELLE DE
L'OXYGENE (TCPO²)
Cette
exploration permet l’évaluation du retentissement
micro-circulatoire de l’artériopathie.
2.1 - Principe
Une électrode
polarographique mesure la quantité
d'oxygène présente dans le
volume d'air compris entre le capteur et
le sang jusqu'aux tissus. La peau est placé
en vaso-dilatation par chauffage de la chambre
de mesure à 44°.
2.2 - Résultats
Valeurs normales de TCPO² = 6O mm Hg.
En pathologie, son intérêt
est d'évaluer le degré d'ischémie
lorsque les paramètres hémodynamqiues
sont effondrés (IPS).
C'est le cas
de l'artérite stade III et IV : si
la TCPO² est inférieure à
1O mm Hg, 85 % des cas nécessitent
une amputation.
Si elle est
supérieure à 4O mm Hg, seulement
5% des cas relèveront de ce geste.
3 - ANGIOGRAPHIE
CONVENTIONNELLE
C'est l'exploration
morphologique de référence

Elle
demeure un examen essentiel chez l’artéritique
parvenu au stade chirurgical.
3.1 - Modalités
La méthode
de Seldinger est la plus fréquemment
utilisée par voie fémorale,
plus rarement par voie humérale (en
cas d'axes fémoraux oblitérés
ou anévrysmaux).
L'angiographie
numérisée par voie veineuse
a des indications limitées : en effet,
elle ne permet pas d'opacifier la totalité
du réseau artériel des membres
infèrieurs (champ restreint, nécessité
d'un grand nombre d'injections et d'importantes
quantités de produits de contraste).
Cet examen n'est donc indiqué que
lorsqu'une étude localisée
des artères d'un assez fort calibre
est souhaité : c'est le cas des angiographies
de contrôle après chirurgie
ou radiologie interventionnelle.
3.2 - Indication
C'est un examen
pré-opératoire, réservé aux patients avec
une ischémie sévère.
Son but est de dresser une cartographie
précise des lésions, ce qui est un élément
indispensable au choix du traitement.
Elle est indiquée chez le claudicant
:
-Soit d’emblée si le doppler a décelé une
lésion haute.
-Soit après inefficacité du traitement médical
en cas de lésions sous inguinales très symptômatiques.
Elle sera systématique en cas d’ischémie
de repos.
Elle est parfois réalisée dans un but
étiologique, lorsque l'histoire de la
maladie n'évoque pas un athérome classique
: recherche d'une lésion emboligène ou maladie
de Bürger par exemple.
4 - ARM ET SCANNER
HELICOÏDAL
Jusqu’alors
ces deux techniques étaient essentiellement
utilisées pour l'exploration de l'aorte
: anévrysmes ou dissections, mais les progrès
récents laissent espérer une utilisation
plus large étendue aux vaisseaux distaux.
Elles ont
l'avantage de visualiser l'ensemble de l’artère
: sa paroi et son contenu alors que l'angiographie
conventionnelle ne montre que le chenal
circulant. 
CONCLUSION
Les ultrasons
sont largement utilisés chez l'artéritique
: pour l'évaluation de sa maladie
et sa surveillance.
L'angiographie
est réservée au bilan pré-opératoire. ARM
et scanner hélicoïdal, malgré les améliorations
récentes, sont en cours d’évaluation dans
l’artériopathie oblitérante des membres
inférieurs.
EXPLORATIONS
DES TRONCS ARTERIELS SUPRA-AORTIQUES
La grande fréquence
et la gravité des accidents vasculaires
cérébraux ischémiques
justifient la détection des sténoses
carotidiennes, qui sont en cause dans un
grand nombre de cas.
1 - LES TECHNIQUES
ULTRASONORES
Elles ont transformé
leur diagnostic, leur surveillance et leur
prise en charge.
1.1 - Les vaisseaux
explorés
Dans leur trajet extra-crânien : les
carotides primitives, leurs bifurcations
en carotide interne et externe, les vertébrales
de leur origine à leur entrée
dans la boîte crânienne, les
subclavières.
Les vaisseaux accessibles en intra-crânien
: le siphon carotidien, la cérébrale
moyenne, antérieure et postérieure,
et le tronc basilaire.
1.2 - Les techniques
Le doppler continu reste la technique
la mieux adaptée à l'étude
fonctionnelle de la circulation carotidienne
:
il permet de diagnostiquer les sténoses
serrées et les occlusions.
il a des limites : il ne détecte
pas les sténoses infèrieures
à 6O %, il manque de reproductibilité
: c'est une auscultation ultrasonore, son
interprétation est donc subjective,
d'où l'intérêt de :
L'analyse spectrale qui apporte une évaluation
semi-quantitative, surtout des sténoses
peu ou modérément serrées
qui sont mal étudiées par
le continu.
L'échodoppler couleur et le doppler
énergie
Le couplage échodoppler permet une
analyse morphologique et hémodynamique
simultanée, ce qui permet :
d'identifier correctement les vaisseaux
(par exemple carotide interne et externe)
de détecter et analyser la morphologie
des plaques : intérêt du doppler
énergie.
de faciliter le diagnostic de thrombose
artérielle.
d'identifier plus aisément une vertébrale
hypoplasique, une plicature carotidienne
ou encore une dissection.
Le doppler transcrânien :
Il permet l'exploration directe du segment
proximal des artères intra-crâniennes
grâce à des "fenêtres
ultrasonores" au niveau du crâne (écaille
temporale, orbite, voie sous-occipitale).
Intérêt
: il renseigne sur le retentissement intra-crânien
des sténoses carotidiennes ou vertébrales,
la valeur du polygone de Willis, d'éventuelles
sténoses intra-crâniennes.
1.3 - Les indications
Comme pour tout
examen complémentaire, l'examen ultrasonore
des axes carotidiens ne doit être
prescrit que lorsque ses résultats
peuvent apporter un bénéfice
au patient, c'est-à-dire, lorsque
la conduite thérapeutique peut s'en
trouver modifiée.
Indications essentielles :
l'AIT ou l'AVC constitué non invalidant,
dont la cause la plus fréquente est
la sténose athéromateuse de
la bifurcation carotidienne (beaucoup plus
rarement une dissection est en cause).
le souffle cervical.
le bilan du malade polyartériel.
la suspicion de vol sub-clavier.
une anisotension.
la surveillance après chirurgie carotidienne
(détection des resténoses).
les troubles visuels : amaurose transitoire,
thrombose de l'artère (ou de la veine)
centrale de la rétine.
Les indications rares :
les artérites inflammatoires de type
Horton ou Takayashu.
malformations vasculaires diverses.
Les "non-indications" :
Vertiges isolés sans autre symptôme
neurologique
Migraines
2. L'ANGIOGRAPHIE
CONVENTIONNELLE
Examen
invasif, qui ne sera demandé que
dans le cadre du bilan pré-opératoire.
2.1 - Techniques
et modalités
L'angiographie numérisée par
voie artérielle est la méthode
de choix pour l'exploration d'une sténose
carotidienne ou vertébrale.
Méthodes :
- La crossographie
: réalisée par voie fémorale
; l'injection est faite dans l'aorte ascendante,
opacifiant simultanément tous les
troncs supra-aortiques.
- Le cathétérisme
sélectif des pédicules cérébraux
par voie fémorale ; cette technique
donne des images d'excellente qualité
mais n'est pas dénuée de
risques (projection embolique).
2.2 - Indications
Dans la maladie athéromateuse :
- devant une
sténose carotidienne lorsque
l'indication opératoire est posée,
pour préciser les lésions
découvertes à l'échodoppler
et rechercher des lésions associées
(siphon carotidien, cérébrale
moyenne) ; le système vertébro-basilaire
est systématiquement vérifié
(l'atteinte est multi-pédiculaire
dans 75 % des cas).
- dans les
sténoses sub-clavières symptomatiques
(vols sous-claviers ou micro-embols distaux)
qui peuvent bénéficier de
geste d'angioplastie endoluminale.
Dans les malformations vasculaires cérébrales
:
anévrysmes, malformations artério-veineuses
qui, dans certaines conditions, sont accessibles
à des interventions d'embolisation.
3 - ARM ET SCANNER
HELICOÏDAL
Pour l'instant,
ils ne remplacent pas l'angiographie conventionnelle.
Ils peuvent apporter certaines précisions
sur les plaques (ulcérations, calcifications,
hémorragie, etc...).
L'ARM est imparfaite
dans l'évaluation du degré
de sténose en raison des turbulences,
le scanner spiralé est limité
par les calcifications.
EXPLORATIONS
VASCULAIRES DANS LES THROMBOSES VEINEUSES
DES MEMBRES INFERIEURS
Le diagnostic
de thrombose veineuse profonde des membres
inférieurs est difficile et l'examen
clinique seul conduit à l'erreur
une fois sur deux ; or, il a des conséquences
non négligeables.
En effet, la
méconnaissance d'une phlébite
récente peut conduire à l'embolie
pulmonaire ; à l'inverse, l'instauration
d'un traitement anticoagulant exige une
certitude diagnostique.
Actuellement,
l'examen de première intention est
l'échodoppler veineux.
1 - L'ECHODOPPLER COULEUR
1.1 Technique
L'examen fait
appel au mode duplex-couleur et surtout
énergie (qui facilite le repérage
des petites veines à flux lent) :
une veine normale est vide d'écho
et sa paroi est fine est souple : elle se
laisse déprimer jusqu'à s'effacer
compléter sous la pression de la
sonde ; la levée de la compression
s'accompagne de la réapparition d'un
flux matérialisé par le signal
couleur ou énergie,
le signal doppler d'une veine normale donne
un son grave, de tonalité douce,
nettement influencé par les mouvements
respiratoires.
1.2 - Résultats
signes directs :
visualisation du thrombus qui est plus ou
moins échogène selon son ancienneté
et dont la tête est moulée
par le codage couleur ou énergie
absence de signal sonore au doppler pulsé,
spontanément ou après compression
musculaire.
signes indirects :
L'incompressibilité de la veine traduit
sa thrombose : c'est un signe de grande
valeur.
Veine dilatée.
Apparition d'une collatéralité
bien décelée par le doppler
couleur : flux spontané dans la saphène
interne ou externe assurant la vicariance
du segment occlus.
1.3 - Intérêt
et limites
Intérêt :
Méthode non invasive, indolore, réalisable
au lit du patient, peu coûteuse.
Dans des mains entraînées,
avec une méthodologie rigoureuse,
sa spécificité atteint 99
% et sa sensibilité 96 % (versus
phlébographie).
Elle permet, en outre, le diagnostic topographique
de la thrombose et sa datation approximative.
Enfin, elle redresse un diagnostic erroné
: kyste poplité, hématome
musculaire par exemple.
Limites :
- La qualité
du résultat dépend de l'expérience
de l'opérateur et de la rigueur
technique de l'examen ; en effet, il existe
de multiples variantes anatomiques du
réseau veineux : si l'axe iliaque
est presque toujours unique, l'on rencontre
plus souvent un dédoublement de
l'axe poplité et fémoral,
et surtout des veines surales qui sont
parfois multiples. Le risque de voir un
ou plusieurs troncs veineux échapper
à l'examen doppler augmente donc
en périphérie.
- Dûes
au patient : les vaisseaux profonds (veine
cave infèrieur et vaisseaux iliaques)
sont parfois difficiles d'accès
en cas d'obésité.
2 - METHODE PLETHYSMOGRAPHIQUE
2.1 - Principe
Elle mesure les variations de volume du
sang contenu dans un membre sous l'effet
d'une compression veineuse (rhéopléthysmographie
ou pléthysmographie par impédance
et pléthysmographie à jauge
de mercure).
2.2 - Intérêts
et limites
Méthode
indolore, réalisable au lit du patient,
peu coûteuse, qui décèle
essentiellement des thromboses des veines
collectrices (poplitée et fémoro-iliaque),
obstructives et sans circulation collatérale.
Par conséquent,
les thromboses surales, les thromboses non
occlusives ou celles avec une bonne circulation
collatérale lui échappent.
Elle ne permet
pas de localiser le siège de l'oblitération
et ne fait pas la distinction entre thrombose
et compression.
Cette technique
n'est plus utilisée depuis le développement
de l'échodoppler couleur.
3 - LES TECHNIQUES
ISOTOPIQUES
Elles sont également
abandonnées en raison du risque de
transmission virale que l'emploi du fibrinogène
marqué fait courir au patient. De
plus, cette méthode était
source de nombreux faux positifs.
4 - LE SCANNER
HELICOÏDAL
Il a une efficacité
réelle et reproductible dans le diagnostic
de l'embolie pulmonaire essentiellement
; il peut être utilisé pour
l'exploration des gros troncs veineux :
par exemple : bilan d'un syndrôme
cave supérieur, mais il ne peut répondre
à la question de la thrombose veineuse
des membres infèrieurs.
5 - LA PHLEBOGRAPHIE
Elle reste la
méthode de référence.
5.1 - Technique
réalisée de façon bilatérale
par injection de produit de contraste dans
une veine du dos du pied.
les veines iliaques et la veine cave infèrieure
seront opacifiées par une manoeuvre
de Valsalva ou une compression manuelle
des veines fémorales en fin d'examen
(cela permet la constitution d'un embol
opaque qui sera libèré au
moment de la levée de la compression,
en même temps que l'on surélève
les membres infèrieurs à 45°).
Rarement, il
faut avoir recours à une ponction
de la veine fémorale.
5.2 - Résultats
Plusieurs images
sont obtenues :
la lacune : le caillot apparaît en
clair, moulé dans la lumière
de la veine par le produit de contraste
; c'est l'image la plus fréquente
(6O à 7O % des cas).
l'arrêt en cupule, concave vers le
haut (1O % des cas).
l'absence de troncs veineux : image beaucoup
moins caractéristique, surtout au
niveau de la jambe où le nombre de
troncs peut varier d'un malade à
l'autre.
5.3 - Avantages
et inconvénients
Avantages :
elle détecte certaines thrombose
isolées ou suspendues qui échappent
aux ultrasons ; elle détermine avec
précision la limite supérieure
de l'oblitération (notamment dans
les thromboses ilio-caves).
Inconvénients :
- Toutes les
veines ne sont pas toujours opacifiées,
les veines pelviennes ne le sont pratiquement
jamais, la visualisation de la veine cave
infèrieure n'est pas toujours parfaite
et nécessite alors une nouvelle
injection au niveau de la veine fémorale
commune.
- Il est souvent
nécessaire de réaliser plusieurs
injections pour opacifier parfaitement
les veines jambières en faisant
varier les incidences (l'absence isolée
d'une veine sur la phlébographie
n'est donc pas synonyme de thrombose).
Incidents et accidents :
- Choc à
l'iode.
- Examen parfois
douloureux car la ponction des veines
du dos du pied peut être difficile,
d'autant plus qu'il existe un oedème.
- Les complications
loco-régionales sont exceptionnelles
depuis l'utilisation des produits de contraste
de dernière génération
(nécrose cutanée, thrombose
d'une veine superficielle ou profonde).
- Il en est
de même des migrations emboliques
lors de la mobilisation des malades pendant
l'examen.
- Elle est
évidement contre-indiquée
pendant la grossesse.
5.4 - Les indications
On ne la pratique que si l'échodoppler
n'est pas réalisable ou si ses résultats
sont douteux.
Si l'écho n'a pu préciser
la limite supérieure de la thrombose.
A chaque fois qu'une indication d'interruption
partielle de la veine cave infèrieu
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