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GENERALITES
L'électrocardiogramme enregistre l'activité
électrique du coeur. La stimulation électrique d'une cellule
musculaire détermine l'apparition d'une activité électrique
et mécanique. Sous l'effet de la stimulation, la surface cellulaire
se dépolarise rapidement, ce qui donne lieu à un courant
électrique, qui entraîne la contraction.
Puis survient la phase de repolarisation, plus lente,
ramenant la membrane cellulaire dans son état électrique
initial.
L'onde d'activation naît dans l'oreillette
droite, dans le noeud sinusal, situé au pied de la veine cave supérieure.
Cette onde diffuse ensuite à travers les deux oreillettes, atteint
le noeud auriculo-ventriculaire d'ASCHOFF-TAWARA.
L’onde de dépolarisation subit un ralentissement
à ce niveau, puis parcourt le système HIS-PURKINJE. Le tronc
du faisceau de His se bifurque en deux branches droite et gauche :
la branche droite parcourt la bandelette anciforme du ventricule droit.
la branche gauche se divise presque immédiatement en deux faisceaux
antérieur et postérieur.
le réseau de Purkinje s'étend en toile d'araignée
sous l'endocarde des deux ventricules. L'onde de dépolarisation
atteint enfin le myocarde indifférencié, qui se dépolarise
de l'endocarde vers l'épicarde.
Le ralentissement de l'onde de dépolarisation,
au niveau du noeud auriculo-ventriculaire, permet aux ventricules d'être
stimulés avec un certain retard par rapport aux oreillettes, ce
qui favorise le remplissage ventriculaire, passif complété
en fin de diastole par la contraction auriculaire.
L'activation électrique auriculaire à
une durée d'environ 0,10 seconde en moyenne. Le ralentissement
auriculo-ventriculaire dure en moyenne de 0,12 à 0,20 seconde,
et l'activation des ventricules se fait habituellement de 0,06 à
0,08 seconde.
Lorsque l'onde de dépolarisation à
quitté les voies de conduction spécialisées, il se
propage dans le myocarde indifférencié. Pendant les deux
premiers centièmes de seconde, c'est la région moyenne du
septum qui est dépolarisée, de gauche à droite. Puis
la partie restante du septum et des ventricules est à son tour
activée, à l'exception de la région basale. La dépolarisation
se fait à ce niveau de l'endocarde vers l'épicarde. Durant
les deux derniers centièmes de seconde, c'est la partie basale
des deux ventricules et du septum qui sont activées.
TECHNIQUE D'ENREGISTREMENT DE L'ECG
1. L'enregistrement
Il se fait sur un papier millimétré,
déroulant à vitesse constante. Le papier millimétré
est composé de carrés de 5 mm x 5 mm. Ces carrés
sont subdivisés en carrés plus petits d'1 mm de côté.
Dans les conditions standards, le papier est déroulé à
la vitesse de 25 mm à la seconde, de sorte qu'un mm corresponde
à 0,04 seconde, et 5 mm à 0,20 seconde. L'étalonnage
standard de l'électrocardiogramme enregistre en ordonnée
une déflexion de 10 mm pour un voltage de 1 mv. Un étalonnage
correct est indispensable à l'interprétation des tracés.
2. Mise en place des électrodes
Les électrodes sont appliquées
sur la peau, préalablement enduites d'une pâte conductrice.
Cette pâte peut être remplacée par de l'eau, à
condition que la peau ait été frottée préalablement
à l'éther ou à l'acétone.
Quatre électrodes sont placées sur
les membres, à la face interne des avant-bras et à la face
externe des jambes. Elles peuvent également être placées
à la racine des membres. Habituellement, 6 électrodes sont
placées sur le thorax, et enregistrent les dérivations dites
précordiales, dont la disposition est la suivante :
V1 = 4ème espace intercostal droit au bord du sternum.
V2 = 4ème espace intercostal gauche au bord du sternum.
V3 = mi-distance entre V2 et V4.
V4 = intersection de la ligne horizontale passant par le 5ème espace
intercostal gauche et de la ligne médio-claviculaire.
V5 = intersection de la même ligne horizontale avec la ligne axillaire
antérieure.
V6 = intersection de la même ligne horizontale avec la ligne axillaire
moyenne.
D'autres dérivations peuvent être enregistrées,
mais ne sont pas réalisées de façon systématique
:
V7 = intersection de la ligne horizontale passant par le 5ème espace
intercostal gauche et de la ligne axillaire postérieure.
V8 = intersection de l'horizontale passant par le 5ème espace intercostal
gauche et de la verticale passant par la pointe de l'omoplate.
V9 = intersection de cette même horizontale avec le bord gauche
du rachis.
V4R = intersection de la ligne horizontale passant par le 5ème
espace intercostal droit et la ligne médio-claviculaire (symétrique
de V4).
V3R = à droite du sternum, à mi-distance entre V1 et V4R.
VE (épigastrique) = électrode placée sous le xiphoïde,
côté gauche.
3. Conditions d'enregistrement
Le patient doit être couché
sur le dos, en résolution musculaire complète, dans une
position confortable et protégé du froid, afin d'éliminer
au maximun les ondulations de la ligne de base, et les parasites, dus
aux tremblements musculaires ou au mauvais contact fil-électrodes.
LES ACCIDENTS ELECTRIQUES
L'ECG classique enregistre la dépolarisation
et la repolarisation du massif musculaire auriculaire et du massif musculaire
ventriculaire. L’ECG ne permet pas d’enregistrer l’activité
électrique spécifique du tissu de conduction, nœud
d'Aschoff-Tawara, noeud sinusal, tronc du faisceau de His… Ces phénomènes
sont suivis d'un repos électrique, la ligne de base étant
isoélectrique qui correspond à la diastole.
1. Onde P
Elle est liée à la dépolarisation
auriculaire. C'est une onde de petite amplitude, arrondie, parfois diphasique.
Le rythme physiologique est dit sinusal. Dans ce cas les ondes P auriculaires
précèdent régulièrement les complexes ventriculaires.
Les ondes P dites « sinusales » sont toujours positives en
D1 et en D2. La repolarisation auriculaire n'est pas visible sur l'ECG
normal car elle est masquée pas la dépolarisation ventriculaire.
2. Interval P-Q
C'est un court segment iso électrique
qui sépare l'onde P du complexe ventriculaire.
3. Complexe QRS
Il témoigne de la dépolarisation
ventriculaire, et se compose de plusieurs déflexions rapides :
L'onde Q. Physiologiquement, elle est de faible amplitude (moins du tiers
du complexe QRS) et de durée brève (inférieure à
0,04 seconde).
L'onde R.
Elle est par définition la première onde positive, qu'elle
soit ou non précédée d'une onde Q. Lorsqu'il existe
deux ondes positives, la seconde est dénommée R'.
L'onde S est une onde négative qui fait suite à une onde
R.
L'onde Q, l'onde S, ou les deux peuvent manquer.
Lorsque le complexe se résume à une seule onde négative
il est dénommé onde QS.
Point J : c'est le point de jonction entre la fin du QRS et la ligne iso-électrique.
Il marque le début du segment ST. Ce point est normalement sur
la ligne iso-électrique.
Segment ST : il correspond au début de la repolarisation ventriculaire.
Il est généralement iso-électrique et suit horizontalement
la ligne de base.
Onde T : elle est le témoin électrique de la repolarisation
ventriculaire. Sa durée est imprécise du fait de sa fin
progressive. Elle est généralement dirigée dans le
même sens que le complexe QRS. Sa forme est asymétrique,
avec un premier versant en pente faible, un sommet arrondi et un 2ème
versant descendant en pente rapide.
Onde U : c'est une onde positive de faible amplitude, inconstante, qui
débute à la fin de l'onde T, et dont l'origine demeure discutée.
ETUDE DES AXES ELECTRIQUES
1. L'axe électrique
du coeur
Il représente l'amplitude et la direction moyenne des différentes
forces électromotrices mises en jeu pendant la dépolarisation.
L'axe électrique moyen, projeté sur le plan frontal, peut
être calculé d'après les dérivations des membres
à l'aide du triangle d'Eindhoven. L'orientation du vecteur électrique
est défini par l'angle qu'il fait avec l'horizontale : les deux
grilles sont calculées en valeurs positives, de 0 à + 180°
(sens horaire), et en valeurs négatives de 0 à – 180°
(sens anti-horaire).
Le moyen le plus simple pour calculer l'axe de QRS est de rechercher dans
les 6 dérivations périphériques (D1, D2, D3, VR,
VL, VF) :
la dérivation dans laquelle le complexe QRS a une amplitude nulle
ou un aspect iso-diphasique : l'axe QRS à alors une direction perpendiculaire
à cette dérivation.
La dérivation dans laquelle QRS possède l'amplitude la plus
grande. On trouve ainsi le sens de l'axe QRS, le vecteur étant
parallèle à cette dérivation et dans le même
sens si QRS est positif, en sens inverse si QRS est négatif.
2. Valeurs normales
2.1 - L'axe
éléctrique moyen de P
se situe normalement entre 20 et 80° .
2.2 - L'axe
électrique moyen de QRS se situe
normalement entre -30° et +90° .
On parle d'axe gauche lorsque QRS se situe entre
0 et – 30°, et d'axe droit lorsqu'il se situe entre +60°
et +100°.
L'axe gauche s'observe essentiellement chez l'adulte,
plus souvent chez les obèses.
L'axial droit s'observe surtout chez les sujets
maigres et longilignes, et plus souvent chez l'enfant.
2.3 - Au
delà de -30° , l'axe QRS
est pathologique. Il s'agit d'une déviation axiale gauche.
2.4 - Au
delà de +110° , il s'agit
d'une déviation axiale droite pathologique.
ANALYSE DU TRACE ECG NORMAL
1. Dans les dérivations standards
Onde P : elle est toujours positive en
D1 (une négativité de P en D1 doit faire rechercher une
inversion de fils, un situs inversus ou une rythme ectopique non sinusal).
L'onde P est également toujours positive en D2 et VF. Sa durée
doit être inférieure ou égale à 0,12 seconde,
et son amplitude n'excède pas 2 mm de hauteur.
Intervalle PR: Chez l'adulte, il oscille
entre 0,12 et 0,20 seconde, et a tendance à raccourcir avec la
fréquence cardiaque.
Complexe QRS : Il est toujours positif
en D1 et D2. Sa durée oscille entre 0,06 et 0,08 seconde, et ne
doit pas dépasser 0,10 seconde. Elle diminue légèrement
lorsque la fréquence cardiaque s'accélère.
Les ondes Q, lorsqu'elles existent, ne doivent pas
dépasser 0,04 seconde. L'amplitude du complex QRS ne dépasse
habituellement pas 20 mm dans les dérivations standards. Cette
amplitude ne doit pas être inférieure à 5mm (sinon,
on parle de microvoltage).
Espace Q-T : sa durée varie avec
la fréquence cardiaque (en sens inverse).
Onde T : elle est positive en D1, en D2
et est négative en VR. En D3, elle est souvent négative
chez les sujets obèses. L'amplitude de T oscille souvent entre
1 et 4 mm.
2. Dans les dérivations précordiales
Onde P : elle est souvent visible correctement dans les dérivations
précordiales droites, ou elle peut être diphasique, parfois
négative en V1-V2.
Le complexe QRS
: En précordiales droites (V1-V2), l'image observée est
du type rS. Dans les dérivations gauches (V5-V6), on observe une
image du type qR ou qRS. Dans les dérivations intermédiaires
(V3-V4), on enregistre une image transitionnelle. Ainsi, l'onde R grandit
progessivement et l'onde S diminue de V1 à V6.
Segment ST : En
dérivation précordiale, il est souvent court. Lorsque l'onde
T est ample, on peut observer un sus-décalage physiologique, qui
ne doit pas dépasser le quart de la hauteur de l'onde T, et qui
doit toujours être ascendant.
LECTURE D'UN ELECTROCARDIOGRAMME
1. Lecture d'un
ECG standard
Elle ne peut être valide que si l'appareil est correctement étalonné
et les électrodes correctement positionnées.
On estime d'abord
le rythme cardiaque, en particulier son caractère régulier
ou non, et la fréquence auriculaire et ventriculaire. En cas d'arythmie,
ou de bradycardie, il ne faut pas hésiter à enregistrer
des épisodes suffisamment longs.
On analyse ensuite
l'axe, l'amplitude, la durée et la forme des différents
complexes P et QRS.
Enfin, on étudie
la repolarisation ventriculaire, sans omettre de mesurer l'espace Q-T.
l'analyse de l'ECG
doit tenir compte de l'âge du patient. En effet, certaines particularités
sont observées aux âges extrêmes de la vie. La fréquence
cardiaque est normalement très élevée chez les nourissons
(160/mn à trois mois, par exemple).
L'axe de QRS va virer vers la gauche au cours de
la croissance. Il est voisin de 120° à la naissance puis migre
progressivement au fil de l’âge entre 30 et 60°.
2. ECG de l'enfant
Il se caractérise par la prépondérance
physiologique du ventricule droit sur le ventricule gauche.
La fréquence cardiaque est
Au cours de la croissance, l'onde R diminue d'amplitude en précordiales
droites, pour augmenter en précordiales gauches, si bien que la
zone de transition se déplace vers la gauche au fil du temps.
Enfin, l'onde T est négative en précordiales droites, jusque
vers 12 ans, sauf pendant les 24 premières heures de vie où
l'onde T est positive en V1-V2.
3. ECG du vieillard
A mesure que l'on avance en âge, on observe
des modifications ECG ; surtout en cas de surcharge pondérale.
Il s'agit surtout de déviation axiale gauche, de trouble non spécifique
de la repolarisation ventriculaire.
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